Depuis toute petite, Line Couvreur s'intéresse à la cuisine. Née d'une maman végétarienne assez stricte et d'un papa épicurien, elle a longtemps puisé dans chacun d'eux une part de sa personnalité, s'affirmant résolument gourmande... Néanmoins, ce n'est qu'après ses études d'institutrice que la jeune femme trouvera véritablement le chemin des fourneaux. " Je n'avais jamais imaginé en faire un métier. Mais depuis mes 16 ans, je travaillais comme étudiante dans l'horeca, et c'est comme ça que j'ai commencé à discuter avec des chefs qui m'ont peu à peu montré leurs techniques ", raconte la Bruxelloise.
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Depuis toute petite, Line Couvreur s'intéresse à la cuisine. Née d'une maman végétarienne assez stricte et d'un papa épicurien, elle a longtemps puisé dans chacun d'eux une part de sa personnalité, s'affirmant résolument gourmande... Néanmoins, ce n'est qu'après ses études d'institutrice que la jeune femme trouvera véritablement le chemin des fourneaux. " Je n'avais jamais imaginé en faire un métier. Mais depuis mes 16 ans, je travaillais comme étudiante dans l'horeca, et c'est comme ça que j'ai commencé à discuter avec des chefs qui m'ont peu à peu montré leurs techniques ", raconte la Bruxelloise.A 25 ans, elle ouvre son premier restaurant, sans s'occuper de mitonner les repas, mais imaginant toutes les recettes elle-même. " C'est lorsque je suis devenue maman que l'idée d'une table d'hôtes est venue, poursuit-elle. Je me suis alors mise à préparer des plats pour des groupes de plus en plus gros et je me suis rendu compte qu'on pouvait très bien apprendre tout cela sur le tas. " Ainsi sera fondé Les Filles, un concept de menu sain partagé autour d'une grande tablée, qui essaimera au fil des ans, dans diverses communes de la capitale et propose désormais, outre ses restaurants, des cours et des livraisons à domicile. Avec toujours une envie de mêler plaisir de la bouche et qualité des aliments... Pétillante et volubile lorsqu'il s'agit de parler petits plats et grandes casseroles, l'auteure des Filles cuisinent nous confie sa façon de voir la gastronomie, de fêter l'Avent et même d'en mettre plein la vue à ses invités... sans les gaver ! On adhère. Les Filles, c'est quoi en quelques mots ? C'est d'abord une cuisine locale et saisonnière, avec un maximum de produits bio ou artisanaux. On travaille un peu comme si on était à la maison, mais dans l'ancien temps, quand on prenait le temps de mitonner un bon plat, le dimanche, pour toute la famille. Le menu est gourmand et sain, avec une attention particulière portée aux matières premières, avec des céréales complètes, du sucre de canne... Ensuite, c'est également une table d'hôtes où tout le monde mange la même chose - à l'exception d'une alternative végétarienne -, ensemble. L'idée est de faire moins de gaspillage mais aussi de renforcer la convivialité autour d'un repas. Comment est né votre livre (*) ? Vu que nous proposons une cuisine du marché qui change tous les jours, et que nous existons depuis sept ans, cela fait un paquet de recettes. Nous avions envie de compiler cela et plein de clients nous le réclamaient. Pour ce premier bouquin, nous avons retenu les préparations les plus emblématiques, celles que nous aimons vraiment, et nous les avons regroupées par légumes ou fruits, en fonction des périodes de l'année où ceux-ci sont disponibles. Faut-il du temps pour réaliser ces mets ? A priori non. On part du principe qu'on a tous et toutes des vies très chargées : on travaille, on veut s'occuper de nos enfants, de nous, de notre couple... Je pense qu'on peut vraiment ne pas faire de compromis sur tous ces points, tout en cuisinant maison et bon. Chez nous, par exemple, on n'épluche pas les légumes puisqu'ils sont bio. Ce n'est pas uniquement pour gagner du temps mais ça en fait partie, l'autre raison étant que les vitamines sont principalement dans la peau. Et puis, on apporte ainsi une identité, une singularité à nos préparations. Y a-t-il d'autres projets dans le frigo des Filles ? Comme on a ouvert deux nouvelles adresses l'an dernier - à Ixelles et dans le quartier européen -, et que c'était une période un peu chamboulée, nous avons consacré 2017 à nous poser et à remettre en place tous les détails en cuisine. Pour l'année à venir, nous avons envie par contre de développer des plats tout prêts car on a une grosse demande de personnes qui veulent manger des choses mitonnées par quelqu'un, et pas fabriquées de façon industrielle, mais qui n'ont pas le temps de le faire eux-mêmes. Chez vous, la notion de santé et de fêtes semblent intimement liées... Quand j'étais petite, ma mère nous servait une nourriture très saine. Du coup, mon corps a emmagasiné la sensation de plaisir de manger mais aussi de se respecter et de se fier à ses besoins. Si je m'autorise à exagérer, je le regrette immédiatement parce que tout est gâché à la fin du repas... Cela dit, je suis une grande gourmande et je n'ai pas entièrement suivi l'héritage de ma maman, qui était un peu extrême - pas mal de choses étaient bannies dans nos assiettes. Je pense que la privation est contraire à l'équilibre alimentaire. En revanche, en mettant en place quelques lignes de conduite assez simples, dont la première est de privilégier les fruits et légumes, on prend de bonnes habitudes. Donc, dans la cuisine des Filles, on emploie de la crème, du beurre, du sucre... Mais on est conscients que certaines choses doivent se consommer avec parcimonie, pour nous et pour la Terre. A quoi faut-il dès lors faire attention quand on compose un menu de réveillon ? Si l'on fait un repas complet avec apéro, une ou deux entrées, plat, fromages et dessert, on doit apporter de la légèreté sinon on finira gavé... Il faut donc réduire les quantités, surtout pour les aliments trop riches. Le foie gras, j'en fais des petits cubes et je le mange en apéro plutôt que d'en servir une grosse tranche à table. Mais, je choisis un produit de bonne qualité, fermier et artisanal, puisque qu'il ne faudra pas en acheter énormément. Et chez vous, comment se passe un soir de Noël ? Petite, le réveillon était le moment où l'on pouvait choisir le menu. Et donc, on se lâchait, ma soeur et moi, sur les zakouskis. Ce qu'on voulait, c'était des mini-saucisses, des mini-pizzas, etc. Et cela m'est resté. Je trouve que c'est une super façon de goûter des choses différentes et d'avoir un vrai sentiment d'opulence, sans exagérer. J'opte donc souvent pour cinq ou six plats en petites portions, un peu à la manière des tapas, quelque chose de très convivial qui se commence sur le bar de la cuisine et se termine tard, sur le canapé. Et côté boisson ? J'adore les bulles, surtout les cavas de très bonne qualité, comme le Reserva Brut d'Albet i Noya, qui est précurseur de la biodynamie en Espagne. Pour moi, il est au-dessus de nombreux champagne, et moins cher surtout. J'aime également les cocktails acidulés, par exemple au jus de fleurs de sureau, qui est léger et se marie bien avec de la vodka. C'est festif, on peut faire une mise en scène avec des fruits ou de petits glaçons d'herbes fraîches, mais en même temps l'alcool est dilué et ça ne plombe pas la soirée. La présentation de l'assiette a aussi son importance pour vous ? Oui énormément, surtout pour les fêtes ! Comme on mange avec les yeux, c'est primordial. Mais personnellement, j'aime aussi beaucoup dresser mes préparations de façon graphique sur un grand plat ou dans une cocotte à partager, de façon à ce qu'on puisse la poser sur la table et avoir, au moment où on l'ouvre, un bel effet " waouh ". Quand on travaille sur assiette, ça implique de les préchauffer, de tout dresser, et ça c'est un peu antinomique avec l'idée d'un chouette repas convivial. Ce qui est primordial pour moi à Noël.