Point de quinquennat pour celui-là. Entré à l'Elysée en 1997 comme commis, dans le cadre de son service militaire, Guillaume Gomez a déjà vu passer quatre présidents - Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et aujourd'hui Emmanuel Macron. C'est dire s'il en connaît, des secrets d'alcôves, d'autant que le numéro un des cuisines, un titre qu'il a obtenu en 2013 après avoir gravi progressivement les échelons, oeuvre bien sûr pour les réceptions et banquets, mais aussi au quotidien, pour nourrir le maître des lieux et ses proches... Toutefois l'homme reste discret, et met un point d'honneur à ne rien divulguer de ce qui se trame dans le saint des saints. " C'est une question de bon sens ", dit-il. Et puis, il ne voudrait surtout pas tailler une réputation à l'un de ses patrons, comme ce fut le cas avec Jacques Chirac et la tête de veau. On se rappelle que l'élu de Corrèze ayant un jour avoué aimer ce plat, il s'en vit dès lors proposer à toutes les sauces, partout où il allait. " Nous, à l'Elysée, on lui en a servi deux fois et la deuxième, il nous a dit : " C'était très bon mais ce n'est plus la peine de nous en faire " ", s'amusait récemment Guillaume Gomez, dans l'émission C à vous.
...

Point de quinquennat pour celui-là. Entré à l'Elysée en 1997 comme commis, dans le cadre de son service militaire, Guillaume Gomez a déjà vu passer quatre présidents - Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et aujourd'hui Emmanuel Macron. C'est dire s'il en connaît, des secrets d'alcôves, d'autant que le numéro un des cuisines, un titre qu'il a obtenu en 2013 après avoir gravi progressivement les échelons, oeuvre bien sûr pour les réceptions et banquets, mais aussi au quotidien, pour nourrir le maître des lieux et ses proches... Toutefois l'homme reste discret, et met un point d'honneur à ne rien divulguer de ce qui se trame dans le saint des saints. " C'est une question de bon sens ", dit-il. Et puis, il ne voudrait surtout pas tailler une réputation à l'un de ses patrons, comme ce fut le cas avec Jacques Chirac et la tête de veau. On se rappelle que l'élu de Corrèze ayant un jour avoué aimer ce plat, il s'en vit dès lors proposer à toutes les sauces, partout où il allait. " Nous, à l'Elysée, on lui en a servi deux fois et la deuxième, il nous a dit : " C'était très bon mais ce n'est plus la peine de nous en faire " ", s'amusait récemment Guillaume Gomez, dans l'émission C à vous. Du nouvel occupant du palais, on ne lui tirera rien. Tout juste lâchera-t-il, toujours sur ce plateau de France 5, que Brigitte Macron exige de manger dix fruits et légumes par jour... Pour le reste, il se contentera de nous préciser qu'il privilégie, pour le président et ses hôtes, " une cuisine contemporaine mais ancrée dans la tradition " ; que s'il doit utiliser des chicons - des endives, en bon français -, " ils viendront du nord de la France et pas du sud de la Belgique " ; ou encore que " le menu a évolué depuis de Gaulle, les préparations se sont allégées et on ne met plus de pain dans la sauce ". On s'en doutait un peu... Le livre que Guillaume Gomez publie cet automne n'est donc pas le relevé des mets appréciés par les dirigeants de l'Hexagone, même si figurent dans la sélection quelques spécialités étatiques, à l'instar des Saint-Jacques Élysée (lire par ailleurs). L'auteur n'a pas voulu signer son recueil en tant que toqué de la République - rien n'y fait d'ailleurs référence sur la couverture -, mais comme Meilleur Ouvrier de France, une récompense qu'il décrocha à 25 ans. Ce qui en fait, toujours à l'heure actuelle, le plus jeune cuisinier à avoir atteint ce Graal. Et qui le pousse aujourd'hui à s'ériger en porte-parole de la gastronomie française. " Notre métier ne peut pas se transmettre autrement que par la démonstration, explique-t-il. Et c'est dans mon ADN de Meilleur Ouvrier de transmettre ce savoir. C'est pourquoi j'ai opté pour une présentation de chaque recette pas à pas, en reprécisant toutes les techniques essentielles, avec plus de 3 000 photos. A l'heure d'Internet et du numérique, on peut se dire qu'on n'a plus besoin de bouquins, que tout doit passer par la vidéo. Mais je trouve qu'il y a un échange différent avec un livre de cuisine. Celui-ci fait 2,7 kg, une vraie encyclopédie. L'idée est qu'il se refile de génération en génération, chacune l'annotant pour le faire évoluer au fil des ans. " Bien dans son temps, le trentenaire utilise également assidûment les réseaux sociaux. Sur Instagram, il affiche ainsi plus de 36 000 followers et défend ce terroir hexagonal qu'il affectionne tant. " Les gens ont l'impression que, sous prétexte que l'on travaille dans un endroit chargé d'histoire, on est déconnecté de la vie. Mais on est de ce siècle ! Et la communication des chefs, c'est quelque chose d'important, insiste-t-il. Je ne publie rien de ma vie privée ou presque, par contre, je parle de transmission, des concours et des associations que je fréquente, des produits de chez nous... Je pense que c'est grâce aux éleveurs et aux agriculteurs, à tous ces hommes et ces femmes, que l'on fait bien notre travail aujourd'hui. " Une activité qui lui mange le peu de temps libre qu'il lui reste, en marge de son job sous pression permanente... " Je fais cela sur mes jours de repos et de congé, précise-t-il. Mais c'est une question de choix. Personnellement, je ne conçois pas mon métier autrement. Si vous ne donnez pas du temps pour parler avec les jeunes, et les motiver, il ne faut pas s'étonner après qu'il y en ait de moins en moins qui aient la vocation. On est responsable des générations futures. "Cette mission transparaît très clairement dans son ouvrage, hyperdidactique et richement illustré - " Les recettes sont inratables à moins de sauter une page ", affirme l'auteur. Et Emmanuel Macron, qu'en pense-t-il ? " Il a reçu le livre... Mais pour savoir s'il l'a mis en pratique, il faudra le lui demander ! ", répond le chef du chef dans un grand rire.