Quand on se demande quelle veste sublimera tel pantalon, Tal Spiegel, lui, s'interroge sur la ganache qui pourrait se marier avec ses mocassins. Ou plutôt, il cherche la paire de richelieus qui mettra à l'honneur le fabuleux éclair qu'il vient de dénicher dans une pâtisserie parisienne. Le créateur du compte Instagram Desserted_in_Paris est arrivé en France en 2015 pour suivre des cours à l'école Ferrandi. "J'ai toujours su que je ferais un jour de la pâtisserie, explique le trentenaire originaire de Tel-Aviv. En Israël, nous n'avons pas le même rapport à cette discipline, mais nous mangeons pas mal de desserts. J'ai longtemps aimé regarder ma mère les préparer. J'adorais l'idée de créer quelque chose de réconfortant, capable de faire sourire les gens. Je léchais les cuillères, évidemment, mais j'admirais surtout la technique."
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Quand on se demande quelle veste sublimera tel pantalon, Tal Spiegel, lui, s'interroge sur la ganache qui pourrait se marier avec ses mocassins. Ou plutôt, il cherche la paire de richelieus qui mettra à l'honneur le fabuleux éclair qu'il vient de dénicher dans une pâtisserie parisienne. Le créateur du compte Instagram Desserted_in_Paris est arrivé en France en 2015 pour suivre des cours à l'école Ferrandi. "J'ai toujours su que je ferais un jour de la pâtisserie, explique le trentenaire originaire de Tel-Aviv. En Israël, nous n'avons pas le même rapport à cette discipline, mais nous mangeons pas mal de desserts. J'ai longtemps aimé regarder ma mère les préparer. J'adorais l'idée de créer quelque chose de réconfortant, capable de faire sourire les gens. Je léchais les cuillères, évidemment, mais j'admirais surtout la technique." Pourtant, au moment de s'engager dans une formation supérieure, le jeune homme emprunte d'abord la voie du graphisme et du design. Le choix de la facilité, à une époque où il maîtrise plus le dessin que la cuisson des macarons. Ces études lui apportent un sens profond de la composition et une passion pour les chaussures chatoyantes. Mais après quelques années à un poste de directeur artistique et de nombreuses déclinaisons amateurs de la tarte au citron meringuée - son dessert préféré, qu'il porte même en tatouage depuis peu -, il décide de partir à Paris. Pour étudier, mais aussi pour goûter aux pâtisseries de tous les grands noms qui le font rêver. Ainsi, telles les soeurs Tatin qui créèrent une tarte renversée par accident, il donne naissance au (désormais) renommé compte Desserted_in_Paris, un peu par hasard. "Au départ, j'avais surtout envie de me documenter, me constituer un petit catalogue. J'avais toujours du mal à trouver le bon cadre, le bon arrière-plan... Et un jour, j'ai fait tout simplement une photo dans la rue, et il se trouvait que ma paire de chaussures était de la même couleur que mon dessert : jaune. J'ai senti que je tenais quelque chose et les réactions ont été très positives." Aujourd'hui, le gaillard comptabilise plus de 176 000 followers, et des déclinaisons de son art fleurissent partout à travers le monde. C'est simple, il ne se passe pas un jour sans qu'un anonyme ne s'essaie au matching sucré avec sa paire de chaussures en taguant Tal : " Je suis très flatté de tout ça. C'est la preuve que ces associations sont naturelles. Ça pousse à la créativité. " Ne lui dites pas pour autant qu'il est "instagrammeur", il ne se retrouve pas dans ce qualificatif. Son quotidien tient plus de la quête, qu'il documente sur l'appli. Tant pis si une partie de ses followers ne s'intéressent qu'au visuel, et peu importe tous les #foodporn vides de saveurs qui envahissent les réseaux. Hors de question, pour l'ancien directeur artistique, de se concentrer uniquement sur le rendu de la photo. Le goût reste au centre de la démarche. Bien sûr, vu son rythme de publication soutenu, Tal Spiegel ne dévore plus chaque pâtisserie présentée : "Ça commence à faire beaucoup, s'amuse-t-il. J'ambitionne d'avoir une vie longue et saine. Mais je ne pourrais jamais renoncer au fait de goûter. Même si c'est juste une ou deux bouchées. C'est extrêmement important, pour que je puisse décrire ce qu'il y a dedans. Je dois ressentir les parfums, la texture. Je ne veux pas perdre la notion d'exploration. C'est comme ça que j'apprends et que je m'améliore." Devant les vitrines de douceurs qu'il regarde avec la gourmandise de celui qui veut tout découvrir, le jeune homme pose deux regards. "Il y a le graphiste qui s'intéresse à la composition, la couleur, les choix visuels. Et il y a le pâtissier qui analyse tout le reste : les choix de produits, la technique, etc." A cela s'ajoute l'oeil du fanatique de chaussures, qui jongle actuellement avec plus de deux cents paires. Entre quelques posts Instagram, des séries spéciales (à l'étranger ou pour un temps fort du calendrier pâtissier) et des collaborations avec des griffes ou des lieux branchés - notamment un cocktail aux arômes de dessert qui fut servi au Mandarin Oriental lors de la dernière Fashion Week parisienne -, Tal Spiegel travaille aujourd'hui avec des marques de chaussures comme Rivieras et Bobbies, qui ne le lâchent plus d'une semelle...