« Techniquement, ça n’était pas faisable pour nos horlogers »: l’histoire de l’Happy Sport de Chopard

Derrière chaque pièce iconique se cache une saga créative. Cette semaine, la montre Happy Sport de Chopard.
Nom : Happy Sport
Designer : Caroline Scheufele pour Chopard
Première édition : 1993
Avec ses diamants qui dansent librement sur le cadran et son boîtier sportif en acier inoxydable, la Happy Sport semble résolument moderne. Pourtant, cette montre existe depuis plus de trente ans. Devenue aujourd’hui un best-seller de la maison, elle n’était pourtant pas prédestinée à un tel succès lorsque Caroline Scheufele, directrice artistique et co-CEO de Chopard, l’a imaginée en 1993. A l’époque, personne n’y croyait. «Tout le monde me prenait pour une folle parce que je voulais sertir des diamants dans un boîtier en acier, alors qu’on les associait toujours à l’or blanc ou au platine, confiait-elle il y a quelques années dans nos pages. D’un point de vue technique, nos horlogers estimaient cela tout simplement irréalisable.»
Pour donner vie à sa vision, Caroline Scheufele a elle-même développé une solution: deux verres saphir placés avec un infime espace entre eux, permettant ainsi aux diamants de se mouvoir librement. Cette innovation a soulevé de nouveaux défis. Le boîtier ne pouvait pas être trop épais, il fallait que l’étanchéité soit garantie et aucun grain de poussière ne devait s’infiltrer entre les verres lors de l’assemblage. Malgré ces contraintes, elle a tenu bon. «Je suis persévérante, un ‘non’ ne me suffit pas.»
Dans les années 1990, le marché des montres de luxe était encore largement dominé par les hommes. Les modèles féminins se limitaient souvent à de simples versions réduites de montres masculines existantes. La Happy Sport a rompu avec cette convention: elle n’était pas seulement un bijou élégant, mais aussi un accessoire polyvalent que les femmes pouvaient porter aussi bien pour faire du sport en journée que pour une soirée cocktail.
Pourtant, selon Caroline Scheufele, elle n’avait jamais eu l’intention de bouleverser l’industrie horlogère patriarcale. «Je faisais simplement ce qui est à la fois mon métier et ma passion: créer. La Happy Sport était peut-être inhabituelle et inattendue, comme le sont souvent les meilleures créations, mais jamais je n’aurais imaginé qu’elle connaîtrait un tel succès.»
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