Le roi de la bibliothèque, de Michelle Knudsen et Kevin Hawkes, éditions Gründ, 2007. À partir de 5 ans, 12 euros.

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Un voyage dans un univers méconnu, celui des bibliothèques. Ici, celui qui est avide de lecture n'est autre qu'un lion. N'en déplaise à certains bibliothécaires, plus scrogneugneux que d'autres. Car le roi des animaux se révèlera rapidement être un acteur indispensable à ce petit monde si particulier, au règlement parfois rigoureux.

Mais c'est un livre sans images, de Sergio Ruzzier, Seuil Jeunesse, 2016, à partir de 3 ans (ou avant) 12,90 euros.

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Un petit caneton trouve un livre par terre. Tout en joie, il découvre à son grand damne que c'est un livre sans images. Comme il ne sait pas lire, il devient alors colère. Déception. Balance le livre. Puis se ravise et le rouvre. Mais alors même qu'il croit que c'est un livre sans images, les mots encore incompréhensibles, créent des tableaux que le canard et son amie la fourmi traversent, découvrant ainsi le pouvoir générateur d'images des mots.

Une histoire très en retard, Marianna Coppo, Seuil Jeunesse, 2018, à partir de 3 ans (ou même avant), 13,90 euros.

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Une petite bande de personnages se sont donné rendez-vous sur une double page blanche. Ils attendent l'histoire. Qui semble avoir du retard. Mais tous décident de prendre leur mal en patience, et de l'attendre. Si ce n'est le petit lapin du groupe, impatient, qui prend la tangente sur la page de gauche, histoire de ne pas lambiner en attendant que cette fameuse histoire daigne se pointer. Il laisse vagabonder son imagination... et écrire lui-même l'histoire. Parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Un très bel album, au dessin et aux couleurs malicieux, où l'histoire s'écrit alors même qu'on croit l'attendre.

La montagne de livres, de Rocio Bonilla, éditions du Père Fouettard, 2017. À partir de 7 ans, 13 euros.

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Depuis son plus jeune âge, Lucas est persuadé que son destin est de voler. Pourtant, malgré toutes ses tentatives, il n'arrive à s'accomplir et devenir égal des oiseaux. Le jour de ses 7 ans, sa mère voyant cette quête sans succès, lui met un livre entre les mains, et lui confie laconiquement: "Il y a d'autres moyens de s'envoler, Lucas". Très vite, un livre après l'autre, le petit garçon découvre et imagine des univers qui l'émerveillent. Jusqu'à la frénésie. Insatiable, il réclame des livres. À son entourage, à son quartier, rien ne peut plus l'arrêter, jusqu'à le faire culminer sur une montagne de livres, que le monde entier se déplace pour admirer. Lucas avale des histoires, par milliers, des récits qui le transportent haut, loin... jusqu'à comprendre enfin la mystérieuse phrase de sa maman. Encore un joli album qui fait écho au pouvoir des livres sur l'imagination.

Si j'étais un livre, José Jorge Letria et André Letria, La Joie de Lire, 2013. Tout public, 14 euros.

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"Si j'étais un livre, je demanderais qu'on ne se serve pas de moi seulement pour décorer les étagères...". Voici l'une des anaphores qui pourraient résumer toutes celles énoncées par ce petit livre, hommage poétique au livre et au pouvoir de la lecture.

L'ours de la bibliothèque de Katie Cleminson, éditions Casterman, 2012. À partir de 4 ou 5 ans.

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Cet album relate les aventures d'Otto, qui habite dans un livre. Quand ses propriétaires déménagent et l'oublient, Otto trouve dans la bibliothèque de la ville l'endroit idéal pour vivre heureux. Un hommage à ce monde où les histoires règnent en maitre.

C'est un petit livre, de Lane Smith, éditions Gallimard, 2011. Pour les plus petits, 12,50 euros.

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Quelle maison n'a pas d'écran, quel enfant - aussi verni soit-il - n'a pas eu entre les mains un smartphone ou autre pour être occupé. Soit, à l'heure du tout numérique, des jeux vidéo, des réseaux sociaux en pagaille et de l'hyperconnectivité de nos chères têtes blondes, un dialogue essentiel entre un petit âne et un gorille.

En fait je n'aime pas les livres, de Daisy Hirst, Albin Michel Jeunesse, 2018. Dès 4 ans, 15 euros.

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On a beau être impatient de savoir lire, d'adorer les histoires, apprendre à lire ne se fait pas forcément sans douleur. Nathalie et Alphonse sont frères et soeurs, et tous les deux amoureux des histoires. Celles que leurs parents et leurs grands-parents leur racontent, celles qu'ils s'imaginent lire par eux même bientôt. Mais quand Nathalie apprend enfin à lire à l'école, elle s'aperçoit que malgré tout son enthousiasme, les mots restent incompréhensibles ; les lettres indéchiffrables, telles de pattes d'insectes qui grouillent sur les pages, sans queue ni tête. Le désespoir la saisit : et si, malgré tout ce temps passé à attendre dans la plus grande impatience, Nathalie n'aimait pas lire ? Une histoire d'apprentissage de la lecture qui ne se passe pas comme on l'a rêvé, mais qui trouve un heureux dénouement.

Détective Mystère, de Sara Ogilvie et Julia Donaldson, éditions Little Urban, 2018. 13,50 euros

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Mystère est un fin limier, capable de retrouver la moindre chose égarée. Et Mystère n'aime rien tant que d'accompagner son jeune maître à la bibliothèque. Mystère adore s'y faire raconter des histoires, au parfum de son odeur préférée : celle des livres. Mais un jour, c'est la catastrophe : la bibliothèque a été pillée. Ni une ni deux, Mystère active son flair pour retrouver la trace de ces livres bien aimés. Et sans rancune, recruter un nouvel adhérent à son lieu de prédilection. Une mini enquête canine, prétexte à mettre en lumière le lieu de vie et de plaisir que sont les bibliothèques, pour les enfants, mais pas seulement.

Poussin, Davide Cali et David Merveille, éditions Sarbacane, 2019. Dès 6 ans, 16,50 euros.

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Ici, c'est le mystère de l'écriture et du succès qui sur lequel on se penche. Poussin est à la fois le héros d'une série aussi incongrue que successfull, que le récit de cette aventure qui dépasse son auteur, romancier déçu qui en cherchant à se moquer créer un personnage aimé à travers le monde. Un bel album sur le mystère qui entoure le succès d'un livre, mais aussi sur ces héros de papier qui traversent notre vie, et nous survivent, nous offre tant de plaisir dans la lecture, et une part d'éternité à ceux qui les font vivre par l'écriture.

C'est l'histoire, d'Annie Crausaz, éditions MeMo, 2017, 15 euros.

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Les séances de lecture sont de véritables petits rituels où les spectateurs se livrent pour plonger dans les récits qui les téléportent dans des aventures loin de la couverture en papier imprimé qui les portent pourtant. Quand l'ours se met à lire, ses auditeurs plongent dans des aventures qu'il revient au lecteur/spectateur d'imaginer en lisant la double page où le regard se balade, sorte d'ellipse entre le "Il était une fois" et le mot "fin". Un album au grain et aux couleurs qui raviront les doigts et les yeux des enfants et des parents qui seront mis à contribution pour imaginer ces histoires.

Mercredi à la librairie, par Sylvie Neeman et Olivier Tallec, éditions Gallimard Jeunesse, 2018. Dès 4 ans, 4,90 euros

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Les livres sont fascinants. Mais les lieux qui les abritent, bibliothèques et librairies ne le sont pas moins. Une petite fille raconte ses rendez-vous tous les mercredis à la librairie avec un vieil homme, obsédé par un livre. Mais que contient donc cet ouvrage, qui, chaque mercredi, pendant des mois, retient le vieil homme dans son fauteuil habituel... Noël approche. Le vieux monsieur aura-t-il au moins le temps de lire ce livre avant qu'il ne soit vendu... Ici, c'est la mémoire dont les livres se font les véhicules dont il s'agit, et le regard et l'insouciance que l'enfance lui porte.

Un livre et plus encore... , par Jeanne Willis et Tony Ross, éditions Gallimard Jeunesse, 2018. Dès 3 ans, 13,50 euros.

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Un livre, ça sert à découvrir des mondes. Mais pas que. Ça peut servir à bien plus, comme le prouve cette facétieuse petite fille pour qui un livre est beaucoup d'autres choses, superflues ou vraiment indispensables. Un album pour titiller le goût de lire des petits espiègles.

Le livre qui fait aimer les livres, même à ceux qui n'aiment pas lire, de Françoize Boucher, éditions Nathan, 2011. Dès 8 ans, 10,90 euros.

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Destiné à tout le monde, et peut-être surtout à ceux qui n'aiment pas lire, ce livre fait l'inventaire en une cinquantaine de points, des raisons, vraies ou fausses et complètement farfelues, qui font qu'on aime, ou qu'on devrait aimer lire. À mettre dans les mains des jeunes lecteurs qui n'ont pas encore un goût dingue pour la lecture, pour les détendre et leur montrer ô combien il est bon de lire. On y apprend que : les livres se conservent très bien, parlent de tous les sujets qui te passionnent, ne tombent jamais en panne, sont de toutes les tailles, permettent de s'évader de la réalité et vivre de super aventures et surtout un livre peut sauver la mise quand on est tout nu et que quelqu'un entre sans frapper.

La tribu des Zippoli, Actes Sud Junior, 2018. À partir de 8 ans

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Guillem Caldara n'aime pas lire. Pas de chance, il est né dans une famille où tout le monde - ses parents et son grand frère - adore lire. Quand, par obligation, il choisit, pour une raison inexplicable, d'emprunter à la bibliothèque un vieux livre coincé contre le radiateur, il ne s'imagine pas être tombé sur livre pas comme les autres. Il s'aperçoit très vite que ce livre, qui donne son titre à ce roman, est magique. Mais on ne vous dira pas ici pourquoi. Guillem découvre ainsi dès les premières lignes, le pouvoir de fascination que peuvent posséder les bouquins qui savent vous faire basculer du côté obsessionnel de la lecture. Un super roman, à lire aussi avec ceux qui n'ont pas encore découvert les mondes merveilleux sur lesquels ouvraient bon nombre de livres. "C'est vraiment un livre magique", Enimie, 8 ans.

Pour trouver ces livres, rendez-vous chez votre libraire ou dans la bibliothèque de votre village ou de votre quartier. Rappelez-vous que que les bibliothèques sont faites pour vous, sont ouvertes à tous et sont gratuites. Bonne lecture!

Et enfin, pour tous les parents, les adolescents :

Comme un roman, Daniel Pennac, éditions Gallimard, 1992. Collection Folio Poche 1995 . 6,80 euros.

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Pour tous les parents, ceux qui savent - et qui seront confortés dans leur voie - et ceux qui ignorent peut-être - pour les convaincre - que lire est primordial pour les enfants. Et qu'avant tout, il faut que cet acte se fasse de la manière la plus décomplexée possible. Daniel Pennac, ex cancre devenu écrivain, rappelle la liberté qui doit entourer la lecture, mais aussi la manière de s'y prendre avec les plus jeunes, et avec ceux qui grandissent, une manière rentrée dans les habitudes et qui est désastreuse. Pour que la lecture devienne le bien le plus partagé possible. L'essai de Pennac pourrait se résumer par les droits imprescriptibles du lecteur qu'il énonce ainsi :

1) Le droit de ne pas lire.

2) Le droit de sauter des pages.

3) Le droit de ne pas finir un livre.

4) Le droit de relire.

5) Le droit de lire n'importe quoi.

6) Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).

7) Le droit de lire n'importe où.

8) Le droit de grappiller

.9) Le droit de lire à haute voix.

10) Le droit de nous taire.

A lire, pour soi, ou à haute voix aux enfants. Et à faire lire, dès qu'on sent l'enfant capable de comprendre le message : Lisez! Et lisez sans complexe.

A partir d'aujourd'hui, #toutlemondelit

Cette année, à l'occasion de la Journée mondiale du livre, le 23 avril, l'ADEB (Association des Editeurs Belges) et les éditeurs jeunesse lancent le hashtag #toutlemondelit, afin de créer un mouvement de masse, entraîné par les réseaux sociaux, et surtout un rendez-vous quotidien avec la lecture, dans les écoles, mais aussi dans les entreprises, et en famille. En pratique, chaque jour, un quart d'heure est consacré toute affaire cessante, à la lecture. Chacun arrête son activité, se saisit d'un livre et lit. Tout simplement.

Pour vous inscrire : rendez-vous sur www.toutlemondelit.be

Une initiative plus que salutaire quand on prend connaissance des chiffres. En effet, alors qu'il n'est plus à prouver que la compréhension à la lecture est l'outil premier pour avancer dans les apprentissages, dans la formation, le constat est alarmant et fait prendre conscience de l'urgence de la situation : en Fédération Wallonie Bruxelles, un enfant sur trois ne dépasse pas le niveau de compétence le plus élémentaire, selon une étude internationale PIRLS (Progress in International Reading Literacy Study). Ainsi la FWB se situe à la dernière place du classement des pays développés en matière de compréhension de la lecture. Alors que dans les autres pays de l'OCDE la moitié des élèves de 10 ans maîtrise des niveaux de compréhension élevés ou avancés, chez nous, seulement un peu plus d'un enfant sur 5 atteint ce niveau. Nous occupons ainsi la dernière place du classement des pays européens. Pour résumer : la FWB, compte peu de bons lecteurs et beaucoup trop de lecteurs ne possédant que des compétences de lectures rudimentaires. Une situation alarmante que le hashtag #toutlemondelit et son rendez-vous quotidien tente, au fil des jours, de transformer en lointain souvenir.