Dries Van Noten

Ambiance fin de nuit. La party girl de Dries Van Noten s'adonne au glamour nocturne, avec une pointe de mystère et une envie de make-up en overdose fluo, c'est le point de départ de cette collection opulente. Le créateur anversois propose des silhouettes maximalistes avec pantalon de motard, prints python, fleurs typiques de la Sécession viennoise, sequins, panne de velours et choc des couleurs. Dries Van Noten mieux que personne sait comment s'y prendre pour assembler ce qui ne va pas ensemble et réussir une harmonie forcément décalée. A porter sur boots plates-formes, impérativement.
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Ambiance fin de nuit. La party girl de Dries Van Noten s'adonne au glamour nocturne, avec une pointe de mystère et une envie de make-up en overdose fluo, c'est le point de départ de cette collection opulente. Le créateur anversois propose des silhouettes maximalistes avec pantalon de motard, prints python, fleurs typiques de la Sécession viennoise, sequins, panne de velours et choc des couleurs. Dries Van Noten mieux que personne sait comment s'y prendre pour assembler ce qui ne va pas ensemble et réussir une harmonie forcément décalée. A porter sur boots plates-formes, impérativement. Sur un catwalk chicissime tendu de moquette beige du sol au plafond, les poursuites découpent les silhouettes YSL des mannequins filiformes qui se sont glissées on ne sait comment dans des leggings en latex glossy. Sous les trois lettres en majuscules, ce logo mythique dessiné par Cassandre, elles passent à vive allure rendant hommage à un Saint Laurent daté des années 70 et 90, la madeleine de Proust du créateur Anthony Vaccarello. Blazers croisés, boutons dorés, cols en velours, tartan, pied-de-poule, bermudas à plis, blouses lavallières transparentes et toujours cette matière seconde peau qui fait les jambes interminables dans du noir qui se marie à la palette maison - du rouge au pourpre, du bleu au jaune moutarde. Un patrimoine revisité. En 37 silhouettes à la ligne acérée, sur une bande-son qui mixe ses chansons préférées, de I'm your man (Leonard Cohen) à Lose Yourself (Eminem), Haider Ackermann dessine une ode à tout ce qu'il aime. Il habille indistinctement les hommes et les femmes dans un tailoring impeccable, en noir et blanc de préférence, voire en camel. Son romantisme qui feint la froideur aime le cuir, le velours et le skinny. Sur ses vestons impeccables, il convoque la poétesse américaine Dorothy Parker pour mieux faire sienne cette phrase : " And if you do not love me so, to hell, my love, with you. " Mieux qu'une déclaration. Une licorne en guise d'adieu. Car cet automne-hiver est le dernier défilé de Sébastien Meunier pour Ann Demeulemeester. En juillet dernier, il a quitté son poste de directeur artistique, après dix ans de créativité qui le virent travailler sur les fondamentaux de la maison en y ajoutant sa main, son esprit, son vocabulaire. L'animal mythologique lui sert de métaphore pour une collection qui entend mettre en valeur le féminin puissant, le mystère et le minimalisme envoûtant. Un hommage appuyé à la Mary Stuart de Robert Wilson, incarnée par Isabelle Huppert. Comme un dernier galop rebelle. Depuis 2003, le créateur bruxellois, basé à Anvers, expérimente les mille et une façons de mettre la maille en valeur. Il la drape mieux que personne, il la fluidifie, il jongle avec le jacquard intersia et s'amuse avec le crochet fait main qui prend des airs reptiliens puis se termine en franges sensuelles. Tout ceci ne l'empêche pas de signer des manteaux oversize aux cols généreux, des combat boots pointues, des mocassins à plates-formes, des tote bags en tricot et même un costume couleur mentholée. Ses références esthétiques, il les puise dans la Belle Epoque, une certaine atmosphère édouardienne et ce XXIe siècle qui tousse. Glenn Martens a toujours revendiqué la versatilité. Le Brugeois, devenue parisien, entrechoque les codes avec talent et audace. Robe du soir aux hanches volumineuses, blazer-body, pantalons à taille haute découpés en V, drapés tourbillonnants, tulles, dentelles et satin dessinent des silhouettes hors normes. Avec lui, les vêtements ne sont jamais figés, le twist est construit et pensé. A l'image des engagements du créateur pour Y/Project qui veut oeuvrer à " un changement pour un meilleur futur " et lance une ligne écologique et certifiée baptisée Evergreen. Applaudissements. Puisqu'il désirait revenir à ses essentiels, il a utilisé ses crochets fétiches pour fermer et ajuster avec une belle lenteur ses chemises, ses vestes à basques, ses jupes ligne A et ses mini robes lingerie. Olivier Theyskens a de l'or dans les doigts, qu'il met désormais également au service d'Azzaro. Le créateur, sous son nom, fait sobre mais couture, privilégie la coupe, les détails, le noir pour sa façon inégalable de révéler la matière. Cuir, panne de velours, dentelle forment une panoplie contemporaine auréolée d'un soupçon de mélancolie élégante - sa signature.