" Utopiste ", c'est ainsi que l'architecte belge Vincent Callebaut, diplômé de l'Institut Victor Horta, à Bruxelles, a longtemps été qualifié. Mais pour lui, les projets d'îles éco-autonomes et de fermes verticales qu'ils modélisaient lorsqu'il lança son bureau il y a dix ans, étaient amenés à sortir un jour de terre. Déjà à l'époque, il pressentait que l'avenir passerait par de telles audaces écologiques et que ces dessins d'alors prendraient forme. Depuis, il l'a prouvé avec notamment la réalisation d'une tour à Taïwan.

L'utopie futuriste de Vincent Callebaut pour Tour & Taxis, Vincent Callebaut
L'utopie futuriste de Vincent Callebaut pour Tour & Taxis © Vincent Callebaut

Ce pavillon belge pour l'Expo universelle de Dubaï, qui s'ouvre ce week-end, en est une nouvelle preuve. Et il n'en est pas peu fier. " Je suis originaire de La Louvière et je trouve positif de dire : " je suis architecte, originaire d'une ville qui a un passé industriel lourd, tout en étant un pionnier de l'architecture durable, capable de livrer des bâtiments prototypes qui prouvent à la jeunesse d'aujourd'hui qu'il ne faut pas forcément être complètement angoissés par les dérèglements climatiques et qu'on peut apporter des solutions concrètes et passer à l'action. "

Vous dites que ce " bâtiment-pont ", érigé pour l'Expo, représente " la singularité plurielle de la Belgique et des Régions ". Pouvez-vous nous expliquer ?

Nous avions un programme très dense à respecter à l'intérieur du bâtiment, avec des espaces de restauration, de vente, d'exposition, un VIP center et des bureaux. Notre volonté a été de montrer une vision très unifiée de tout ce programme à travers un geste architectural unique qui est ce bâtiment-pont, c'est-à-dire un bâtiment qui tient sur deux piliers. Toute les fonctions sont installées dans les étages supérieurs pour laisser au sol la plus grande surface libre possible. Nous avons développé une façade en bois massif qui génère une voûte à double courbure. Et ce afin d'ombrager l'agora.

Gerry O'Leary / VINCENT CALLEBAUT ARCHITECTURES - assar architects
© Gerry O'Leary / VINCENT CALLEBAUT ARCHITECTURES - assar architects

Ce bâtiment se veut aussi un exemple en termes de durabilité, ce qui est une signature de votre bureau... Concrètement, cela veut dire quoi ?

D'abord, nous avons privilégié l'utilisation de matériaux naturels, avec ce moucharabié en bois massif. On a 5,5 km de louvres en bois qui viennent entourer l'ensemble du programme. Elles constituent une deuxième peau qui protège du soleil. Ensuite, il y a l'intégration des énergies renouvelables : sur le toit, on a une grande canopée solaire faite de panneaux photovoltaïques et thermiques qui produisent l'électricité et l'eau chaude sanitaire qui sont redistribuées dans le pavillon, pour fonctionner en autonomie. On a également intégré de façon intensive la végétation avec plus de 2500 plantes et arbres sur les différents balcons et le rooftop public. Cette végétation permet de profiter de l'évapotranspiration des plantes pour rafraîchir la température ressentie de 3 à 5 °C.

" Je suis originaire de La Louvière et je trouve positif de dire : " je suis architecte, originaire d'une ville qui a un passé industriel lourd, tout en étant un pionnier de l'architecture durable, capable de livrer des bâtiments prototypes qui prouvent à la jeunesse d'aujourd'hui qu'il ne faut pas forcément être complètement angoissés par les dérèglements climatiques et qu'on peut apporter des solutions concrètes et passer à l'action. "

Vous parlez aussi d'économie circulaire...

Oui en effet, ce projet suit les règles de l'économie circulaire qui, à l'inverse de l'économie linéaire qui tend à produire encore et toujours et crée déchets et pollution, fait en sorte que tout ce qui est produit et consommé soit recyclé et recyclable. L'idée est de créer une boucle vertueuse. Le bâtiment a donc été conçu comme un mécano géant : tous les éléments de structure et d'architecture sont démontables et remontables. Et ce pour pouvoir reconstruire ce bâtiment en Belgique ou à l'étranger...

Des pistes se dessinent pour une éventuelle reconstruction ailleurs ?

Il n'y a encore rien de concret mais on a vraiment, dès le début, pensé ce projet pour qu'il puisse être remonté le plus facilement possible là où une municipalité ou un client voudrait l'accueillir. Ça pourrait devenir un musée ou un business center, même si les grands plateaux flexibles sont vraiment mutables à souhait, quel que soit la fonction.

Comment Vincent Callebaut Architectures a-t-il été désigné pour ériger ce bâtiment, avec Assar Architects ?

C'était un appel international lancé par BelExpo, le commissaire, soutenu dans ce process par la Régie des bâtiments. On était quelques concurrents et j'ai proposé au CEO d'Assar d'être plutôt associés, puisque le concept même de cette Expo était de " connecter les esprits pour construire le futur ". De cette manière, nous pouvions proposer une équipe forte et soudée. Et puis, c'est le projet qui a fait la différence. On a mis un point d'honneur à livrer un projet exemplaire en termes de durabilité.

Vincent callebaut, Marine Toux
Vincent callebaut © Marine Toux

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Qu'est-ce qui est le plus challengeant dans la construction d'un pavillon d'Expo comme celui-ci ?

Ici, le plus compliqué était la vitesse du projet : hors-Covid, entre le premier coup de crayon et la livraison, on avait deux ans... Finalement, on en a eu un de plus. Mais le challenge a été de faire face à la pénurie des matériaux et à l'explosion de leur coût, tout en respectant le délai. On était soutenu par Besix, l'une des plus grosses sociétés de construction belge, qui a construit la Burj Khalifa à Dubaï, la plus haute tour du monde, et qui avait réalisé le pavillon belge à l'Expo universelle de Milan en 2015. On a fait une très bonne équipe ; on a connecté tous nos cerveaux pour dessiner le bâtiment le plus contemporain possible. Un bâtiment out of the box qui change de l'architecture traditionnelle que l'on peut voir dans notre pays

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Avec la pandémie justement, est-ce qu'il y a eu des moments de découragement ?

Il y a eu pas mal de challenges surtout. Notamment, lorsque notre fabricant en bois s'est retiré du projet alors que j'avais déjà développé toute l'ingénierie de façade avec lui... On a dû retomber sur nos pattes rapidement, mais tout est bien qui finit bien.

Construire à Dubaï, c'est compliqué ?

On avait la chance de collaborer avec Besix qui est déjà fortement implanté à Dubaï et qui a énormément de sous-traitants avec qui la boîte a l'habitude de travailler. Donc, ça s'est relativement bien passé. Et le dialogue entre la culture européenne et orientale a très bien fonctionné. On a par contre passé des centaines d'heures de réunions et des milliers d'heures de dessins, mais tout s'est bien déroulé...

Pour en venir à votre bureau : depuis dix ans et vos premiers projets utopiques, vous avez fait énormément de chemin et vu sortir des projets de terre...

J'ai fondé l'agence début 2011. Au début, je me suis fait connaître pour des îles flottantes, des fermes verticales ou des zeppelins zéro carbone. Ce sont tous des projets dans lesquels j'ai cru ! A l'époque, on m'a pris pour un utopiste mais j'ai toujours pensé que l'utopie était quelque chose de très positif. Face au carrefour de crises dans lequel on est plongé actuellement, et où l'on a difficile de se projeter dans un avenir durable, moi j'ai toujours essayé de dessiner le futur que je désirais en tant que citoyen habitant cette petite planète bleue. Et peu à peu, on est passé du rêve à la réalité. On a livré une première tour à Taiwan, le pavillon belge... On a également en chantier la rénovation des thermes à Aix-les-Bains et 600 logements qui intègrent la végétalisation et les énergies renouvelables en France. On a aussi un projet de tour en bois massif qui sera bientôt érigé aux Philippines... Notre but, c'est de construire, aujourd'hui !

Gerry O'Leary / VINCENT CALLEBAUT ARCHITECTURES - assar architects
© Gerry O'Leary / VINCENT CALLEBAUT ARCHITECTURES - assar architects

Pour passer de l'utopie à la réalité, vous avez dû faire des concessions ?

Non, pas du tout ! Quand on voit les projets qu'on livre, ils sont très forts. Et quand on regarde les images de synthèse au départ et les photos à la livraison, on ne voit bien souvent pas de différence. Certains clients confondent même parfois les deux... Certes, on doit peut-être travailler 12 heures plutôt que 8 par jour pour convaincre nos clients et trouver tous des fabricants capables de réaliser de telles architectures... Mais on y arrive.

Vous continuez à travailler avec des personnes de secteurs très différents, des scientifiques notamment, pour élaborer vos projets ?

C'est depuis le début la clé de voûte de notre travail. On considère que les architectes ne sont pas omniscients. Quand on essaye d'intégrer les énergies renouvelables et l'agro-écologie, on aime s'entourer de bureaux d'études de structure mais aussi d'écologistes, d'ingénieurs agronomes, parfois de sociologues quand on aborde l'échelle urbaine d'un quartier... C'est en fonctionnant comme ça de façon transversale que l'on parvient à sortir des projets innovants sur le plan architectural et sociétal.

Depuis dix ans, la mentalité du grand public et les décideurs a évolué par rapport à ces projets fortement écologiques ?

On a dépassé le stade du combat. Notamment, en France, plusieurs municipalités sont passées du côté des Verts... Et à partir du moment où les autorités embrayent, tout le reste de la chaîne de production, notamment les promoteurs, suivent cette tendance. Et puis surtout, aujourd'hui, la nouvelle génération de citoyens veut faire autre chose que manger un peu moins de viande et éteindre sa télévision en veille pour l'environnement. Ils veulent prendre à bras-le-corps cette transition et vivre réellement dans des logements écolos. La crise du Covid nous a aussi fait comprendre l'absolue nécessité de consommer moins, consommer mieux, consommer plus localement et de façon plus solidaire. Tout ça s'applique à l'architecture et a donné un coup d'accélérateur à toutes les commandes actuelles dans notre agence.

Avez-vous un projet pour la Belgique ?

Non, malheureusement pas. On a travaillé avec passion sur la rénovation du Botanique Center, à Bruxelles, ainsi que sur un éco-quartier pour Tour & Taxis, mais ces projets ont été abandonnés ou repris par des architectes bruxellois. Nul n'est prophète en son pays mais nous espérons que, maintenant que nous avons fait nos preuves avec le pavillon belge, nous allons pouvoir décrocher un projet en Belgique.

L'Expo universelle de Dubaï, du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022. expo2020dubai.com

" Utopiste ", c'est ainsi que l'architecte belge Vincent Callebaut, diplômé de l'Institut Victor Horta, à Bruxelles, a longtemps été qualifié. Mais pour lui, les projets d'îles éco-autonomes et de fermes verticales qu'ils modélisaient lorsqu'il lança son bureau il y a dix ans, étaient amenés à sortir un jour de terre. Déjà à l'époque, il pressentait que l'avenir passerait par de telles audaces écologiques et que ces dessins d'alors prendraient forme. Depuis, il l'a prouvé avec notamment la réalisation d'une tour à Taïwan. Ce pavillon belge pour l'Expo universelle de Dubaï, qui s'ouvre ce week-end, en est une nouvelle preuve. Et il n'en est pas peu fier. " Je suis originaire de La Louvière et je trouve positif de dire : " je suis architecte, originaire d'une ville qui a un passé industriel lourd, tout en étant un pionnier de l'architecture durable, capable de livrer des bâtiments prototypes qui prouvent à la jeunesse d'aujourd'hui qu'il ne faut pas forcément être complètement angoissés par les dérèglements climatiques et qu'on peut apporter des solutions concrètes et passer à l'action. "Vous dites que ce " bâtiment-pont ", érigé pour l'Expo, représente " la singularité plurielle de la Belgique et des Régions ". Pouvez-vous nous expliquer ?Nous avions un programme très dense à respecter à l'intérieur du bâtiment, avec des espaces de restauration, de vente, d'exposition, un VIP center et des bureaux. Notre volonté a été de montrer une vision très unifiée de tout ce programme à travers un geste architectural unique qui est ce bâtiment-pont, c'est-à-dire un bâtiment qui tient sur deux piliers. Toute les fonctions sont installées dans les étages supérieurs pour laisser au sol la plus grande surface libre possible. Nous avons développé une façade en bois massif qui génère une voûte à double courbure. Et ce afin d'ombrager l'agora.Ce bâtiment se veut aussi un exemple en termes de durabilité, ce qui est une signature de votre bureau... Concrètement, cela veut dire quoi ?D'abord, nous avons privilégié l'utilisation de matériaux naturels, avec ce moucharabié en bois massif. On a 5,5 km de louvres en bois qui viennent entourer l'ensemble du programme. Elles constituent une deuxième peau qui protège du soleil. Ensuite, il y a l'intégration des énergies renouvelables : sur le toit, on a une grande canopée solaire faite de panneaux photovoltaïques et thermiques qui produisent l'électricité et l'eau chaude sanitaire qui sont redistribuées dans le pavillon, pour fonctionner en autonomie. On a également intégré de façon intensive la végétation avec plus de 2500 plantes et arbres sur les différents balcons et le rooftop public. Cette végétation permet de profiter de l'évapotranspiration des plantes pour rafraîchir la température ressentie de 3 à 5 °C.Vous parlez aussi d'économie circulaire...Oui en effet, ce projet suit les règles de l'économie circulaire qui, à l'inverse de l'économie linéaire qui tend à produire encore et toujours et crée déchets et pollution, fait en sorte que tout ce qui est produit et consommé soit recyclé et recyclable. L'idée est de créer une boucle vertueuse. Le bâtiment a donc été conçu comme un mécano géant : tous les éléments de structure et d'architecture sont démontables et remontables. Et ce pour pouvoir reconstruire ce bâtiment en Belgique ou à l'étranger...Des pistes se dessinent pour une éventuelle reconstruction ailleurs ?Il n'y a encore rien de concret mais on a vraiment, dès le début, pensé ce projet pour qu'il puisse être remonté le plus facilement possible là où une municipalité ou un client voudrait l'accueillir. Ça pourrait devenir un musée ou un business center, même si les grands plateaux flexibles sont vraiment mutables à souhait, quel que soit la fonction.Comment Vincent Callebaut Architectures a-t-il été désigné pour ériger ce bâtiment, avec Assar Architects ?C'était un appel international lancé par BelExpo, le commissaire, soutenu dans ce process par la Régie des bâtiments. On était quelques concurrents et j'ai proposé au CEO d'Assar d'être plutôt associés, puisque le concept même de cette Expo était de " connecter les esprits pour construire le futur ". De cette manière, nous pouvions proposer une équipe forte et soudée. Et puis, c'est le projet qui a fait la différence. On a mis un point d'honneur à livrer un projet exemplaire en termes de durabilité..Qu'est-ce qui est le plus challengeant dans la construction d'un pavillon d'Expo comme celui-ci ?Ici, le plus compliqué était la vitesse du projet : hors-Covid, entre le premier coup de crayon et la livraison, on avait deux ans... Finalement, on en a eu un de plus. Mais le challenge a été de faire face à la pénurie des matériaux et à l'explosion de leur coût, tout en respectant le délai. On était soutenu par Besix, l'une des plus grosses sociétés de construction belge, qui a construit la Burj Khalifa à Dubaï, la plus haute tour du monde, et qui avait réalisé le pavillon belge à l'Expo universelle de Milan en 2015. On a fait une très bonne équipe ; on a connecté tous nos cerveaux pour dessiner le bâtiment le plus contemporain possible. Un bâtiment out of the box qui change de l'architecture traditionnelle que l'on peut voir dans notre pays.Avec la pandémie justement, est-ce qu'il y a eu des moments de découragement ?Il y a eu pas mal de challenges surtout. Notamment, lorsque notre fabricant en bois s'est retiré du projet alors que j'avais déjà développé toute l'ingénierie de façade avec lui... On a dû retomber sur nos pattes rapidement, mais tout est bien qui finit bien.Construire à Dubaï, c'est compliqué ?On avait la chance de collaborer avec Besix qui est déjà fortement implanté à Dubaï et qui a énormément de sous-traitants avec qui la boîte a l'habitude de travailler. Donc, ça s'est relativement bien passé. Et le dialogue entre la culture européenne et orientale a très bien fonctionné. On a par contre passé des centaines d'heures de réunions et des milliers d'heures de dessins, mais tout s'est bien déroulé...Pour en venir à votre bureau : depuis dix ans et vos premiers projets utopiques, vous avez fait énormément de chemin et vu sortir des projets de terre...J'ai fondé l'agence début 2011. Au début, je me suis fait connaître pour des îles flottantes, des fermes verticales ou des zeppelins zéro carbone. Ce sont tous des projets dans lesquels j'ai cru ! A l'époque, on m'a pris pour un utopiste mais j'ai toujours pensé que l'utopie était quelque chose de très positif. Face au carrefour de crises dans lequel on est plongé actuellement, et où l'on a difficile de se projeter dans un avenir durable, moi j'ai toujours essayé de dessiner le futur que je désirais en tant que citoyen habitant cette petite planète bleue. Et peu à peu, on est passé du rêve à la réalité. On a livré une première tour à Taiwan, le pavillon belge... On a également en chantier la rénovation des thermes à Aix-les-Bains et 600 logements qui intègrent la végétalisation et les énergies renouvelables en France. On a aussi un projet de tour en bois massif qui sera bientôt érigé aux Philippines... Notre but, c'est de construire, aujourd'hui !Pour passer de l'utopie à la réalité, vous avez dû faire des concessions ?Non, pas du tout ! Quand on voit les projets qu'on livre, ils sont très forts. Et quand on regarde les images de synthèse au départ et les photos à la livraison, on ne voit bien souvent pas de différence. Certains clients confondent même parfois les deux... Certes, on doit peut-être travailler 12 heures plutôt que 8 par jour pour convaincre nos clients et trouver tous des fabricants capables de réaliser de telles architectures... Mais on y arrive.Vous continuez à travailler avec des personnes de secteurs très différents, des scientifiques notamment, pour élaborer vos projets ?C'est depuis le début la clé de voûte de notre travail. On considère que les architectes ne sont pas omniscients. Quand on essaye d'intégrer les énergies renouvelables et l'agro-écologie, on aime s'entourer de bureaux d'études de structure mais aussi d'écologistes, d'ingénieurs agronomes, parfois de sociologues quand on aborde l'échelle urbaine d'un quartier... C'est en fonctionnant comme ça de façon transversale que l'on parvient à sortir des projets innovants sur le plan architectural et sociétal.Depuis dix ans, la mentalité du grand public et les décideurs a évolué par rapport à ces projets fortement écologiques ?On a dépassé le stade du combat. Notamment, en France, plusieurs municipalités sont passées du côté des Verts... Et à partir du moment où les autorités embrayent, tout le reste de la chaîne de production, notamment les promoteurs, suivent cette tendance. Et puis surtout, aujourd'hui, la nouvelle génération de citoyens veut faire autre chose que manger un peu moins de viande et éteindre sa télévision en veille pour l'environnement. Ils veulent prendre à bras-le-corps cette transition et vivre réellement dans des logements écolos. La crise du Covid nous a aussi fait comprendre l'absolue nécessité de consommer moins, consommer mieux, consommer plus localement et de façon plus solidaire. Tout ça s'applique à l'architecture et a donné un coup d'accélérateur à toutes les commandes actuelles dans notre agence.Avez-vous un projet pour la Belgique ?Non, malheureusement pas. On a travaillé avec passion sur la rénovation du Botanique Center, à Bruxelles, ainsi que sur un éco-quartier pour Tour & Taxis, mais ces projets ont été abandonnés ou repris par des architectes bruxellois. Nul n'est prophète en son pays mais nous espérons que, maintenant que nous avons fait nos preuves avec le pavillon belge, nous allons pouvoir décrocher un projet en Belgique.