Cela faisait plusieurs années que les deux hommes cherchaient à quitter la capitale où ils avaient acheté un appartement, dans un immeuble des années 30. "J'ai grandi du côté de Namur et j'avais besoin de retrouver un jardin, raconte Marc. A Bruxelles, nous avions un living au centre du logement, sans lumière ni vue. Mais nous ne savions pas du tout ce que nous voulions. Nous attendions de voir venir..." A l'époque, lui et son conjoint, Xavier, ne rataient aucune émission d' Une brique dans le ventre, sur la RTBF. C'est ainsi qu'ils ont découvert celui qui allait devenir leur architecte, et plus encore. "Nous avions repéré, à la télé, le travail de Jérôme Peteno et de l'équipe d'Open Architectes. Nous nous sentions en phase avec ce qu'il proposait. Dès que nous avons fixé le budget, il nous a proposé de venir visiter avec nous les biens qu'on repérait. C'est plutôt rare, d'habitude les architectes débarquent quand tout est déjà plié." Ainsi est né un lien de confiance et de connivence qui aujourd'hui encore, alors que nous visitons avec le trio la demeure, est bien perceptible.
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Cela faisait plusieurs années que les deux hommes cherchaient à quitter la capitale où ils avaient acheté un appartement, dans un immeuble des années 30. "J'ai grandi du côté de Namur et j'avais besoin de retrouver un jardin, raconte Marc. A Bruxelles, nous avions un living au centre du logement, sans lumière ni vue. Mais nous ne savions pas du tout ce que nous voulions. Nous attendions de voir venir..." A l'époque, lui et son conjoint, Xavier, ne rataient aucune émission d' Une brique dans le ventre, sur la RTBF. C'est ainsi qu'ils ont découvert celui qui allait devenir leur architecte, et plus encore. "Nous avions repéré, à la télé, le travail de Jérôme Peteno et de l'équipe d'Open Architectes. Nous nous sentions en phase avec ce qu'il proposait. Dès que nous avons fixé le budget, il nous a proposé de venir visiter avec nous les biens qu'on repérait. C'est plutôt rare, d'habitude les architectes débarquent quand tout est déjà plié." Ainsi est né un lien de confiance et de connivence qui aujourd'hui encore, alors que nous visitons avec le trio la demeure, est bien perceptible. C'est donc en 2016 que ces trois-là débarquent ici, à Bousval, dans le Brabant wallon, à l'orée du bois, sur ce terrain pentu. Le relief offre un joli potentiel et l'orientation, avec le sud-est à l'arrière, plaît aux deux citadins... Jérôme Peteno, lui, y voit des contraintes inspirantes, la parcelle peu large et tout en profondeur nécessitant une belle réflexion sur l'implantation. "Je suis descendu tout au bout du jardin et quand je suis remonté rejoindre Jérôme au niveau de la rue, il contemplait l'endroit, se remémore Marc en riant. Je lui ai dit: "Tu vas t'amuser, non?" et il m'a répondu, l'air songeur: "J'aime bien..."" Sensible à tout ce qui concerne l'écologie, Marc donne directement le ton quand il commence à être question de plans: non seulement le volume doit "venir se poser sur le sol, sans le dénaturer", mais il doit également être en avance sur les normes énergétiques en vigueur. Les matériaux doivent par ailleurs être naturels: on y retrouve finalement du bois - pour la structure, deux des façades, la plupart des meubles et le sol de la chambre - et de la pierre pour les abords. Question chauffage, un poêle à pellets se charge de tout le logement. La toiture, elle, se compose d'un pan végétal assurant la régulation thermique et d'un autre couvert de panneaux solaires. Un débord du toit et trois arbres réduisent, eux, la surchauffe en été malgré la grande baie. Intérieurement, et cela correspond aussi à une approche écolo, le volume se présente comme un bloc compact où aucun mètre carré n'est perdu. "Vu que nous ne sommes que deux, nous ne désirions pas une surface trop grande. Nous voulions plutôt avoir une sensation d'espace et de lumière. Jérôme a joué avec les lignes pour faire entrer le soleil en profondeur. Selon les saisons, la lumière crée des jeux d'ombres différents. Sur mon compte Instagram, je m'amuse à poster des photos de ces variations, c'est génial de pouvoir encore être surpris par sa maison trois ans après s'y être installé." Le bureau et la chambre d'amis ont été installés à l'avant de la maison, en relation avec la rue, alors que le séjour au plafond très haut, à l'arrière, bénéficie de la vue sur le jardin. Subtilité de l'organisation: la chambre de Xavier et Marc est placée dans une boîte en verre, en mezzanine, afin de profiter de la perspective vers l'espace vert et des rayons du matin, tout en étant un peu isolée. Un meuble en bois crée néanmoins un lien matériel entre cet étage et le rez-de-chaussée, la bibliothèque de la cuisine se prolongeant visuellement dans la chambre à coucher. Mais au-delà de cette intégration réussie sur le site et de l'ingéniosité de ce plan épuré, ce qui frappe dans ce projet, c'est que tout y a été pensé dès le départ. En ce compris les meubles - quasi tous dessinés ou choisis par l'architecte d'intérieur d'Open Architectes, Martine Dressou - et le jardin - imaginé par le paysagiste Vincent Gillier. L'ensemble apparaît donc comme extrêmement cohérent, mêlant le blanc, le noir, le bois, le tout baigné du végétal qui envahit visuellement l'habitation. "Dans notre bureau, nous apprécions les projets globaux. Souvent, les maîtres d'ouvrage font les choses progressivement et on perd un peu le fil. Ici, tout s'est fait dans la continuité", se réjouit Jérôme Peteno. Le couple s'est par ailleurs fait quelques petits plaisirs complémentaires, notamment en acquérant des pièces de design belge triées sur le volet avec l'aide d'une boutique de leur région, Mur-mur à Thorembais-Saint-Trond. On pense à cette table à manger Albert de Vincent Sheppard, ou à celle de salon venant également d'un fabricant belge, Moome. Ou encore à cette petite table d'appoint signée Mademoiselle Jo, une enseigne liégeoise, et cette lampe découpée au laser, réalisée par l'architecte montois Jean-Christophe Ferronato et glissée dans le meuble du salon. Le duo, amateur de bonne chère, a également opté pour une vaste cuisine en Corian, achetée dans un salon alors même que les plans n'étaient pas terminés. Amusant: on retrouve ce Corian sur les tablettes de fenêtres. Enfin, on ne peut le rater: Xavier et Marc ont fait appel à un artiste de la Cité ardente, Noir, afin d'habiller le mur de leur salle à manger, culminant à 5 mètres, d'une grande fresque. "Si nous avions mis des cadres, ils auraient eu l'air perdus... A moins d'en accrocher une tonne, comme dans les couloirs de Pouddlard, mais ce n'était pas notre style", s'amuse Marc. En fin de compte, la maison de Xavier et Marc symbolise la réussite de cette fine équipe aux talents divers. "Des architectes qui font des belles maisons, il y en a beaucoup. Chez Open Architectes, nous essayons donc de nous démarquer par ce point crucial à nos yeux: l'aspect humain et relationnel, résume Jérôme. Et nous conservons cette dynamique sur tous nos projets, que ce soit une maison unifamiliale ou un éco-quartier pour un promoteur." De quoi démontrer, si cela était nécessaire, que l'union fait définitivement la force.