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Pas question de fermer les yeux sous prétexte qu'on sort de l'alimentation ou de l'habillement, ça n'aurait aucun sens. D'accord, ça n'en a pas plus de labelliser " végan " un tabouret en bois brut, ceci ne concernant en rien, ni de près, ni de loin, le règne animal. Mais les choses se corsent dès que l'on recourt au cuir, à la laine, aux plumes et duvets, pour ne citer que les matériaux les plus flagrants. Et ce sans même parler de la problématique des tests sur les bêtes, qui se rapporte à bien plus de produits et composants qu'on ne le soupçonne. Cette difficulté d'identifier clairement les articles 100 % " cruelty free ", du processus de création à la mise en rayon, c'est ce qui a sans doute poussé l'association PETA (People for the Ethical Treatment of Animals, pour rappel) à lancer l'an dernier les premiers Vegan Homeware Awards, cérémonie récompensant des objets pour la maison conformes aux principes du mouvement. On a beau émettre un tas de réserves quant aux actions et à la communication de cette très médiatique association, ça n'empêche pas de se pencher sur leurs premiers lauréats, en attendant la prochaine édition prévue pour l'été. On y retrouve de grandes chaînes comme Habitat, Zara Home ou encore Ikea, dont le tapis en fausse fourrure Tejn fut récompensé, ainsi que d'autres marques moins connues ou non distribuées chez nous, qui proposent des alternatives aux matériaux d'origine animale. Plus répandue outre-Atlantique, l'étiquette " végan " en déco et design devrait gagner du terrain dans nos contrées, à mesure que tant les consommateurs que les fabricants s'avouent sensibles à ces problématiques éthiques. Après tout, si, côté catwalks, Gucci parvient à se passer de fourrure véritable, il n'y a pas de raison que d'autres n'arrivent pas, eux aussi, à changer la donne dans leur secteur créatif.