A en croire la propriétaire de ce grand pied-à-terre de 170 m2 à Paris, Stéphan Bidoux et Julien Villeneuve forment une vraie dream team. "Ils sont incroyablement complémentaires", dit-elle avec enthousiasme. Alors que le premier adopte une approche rigoureuse, avec un grand souci du détail, le second, lui, n'hésite pas à transgresser les codes et apporte la touche exubérante. "Et c'est justement cette différence de caractère et de goût qui confère de la diversité à nos projets", confie ce dernier.
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A en croire la propriétaire de ce grand pied-à-terre de 170 m2 à Paris, Stéphan Bidoux et Julien Villeneuve forment une vraie dream team. "Ils sont incroyablement complémentaires", dit-elle avec enthousiasme. Alors que le premier adopte une approche rigoureuse, avec un grand souci du détail, le second, lui, n'hésite pas à transgresser les codes et apporte la touche exubérante. "Et c'est justement cette différence de caractère et de goût qui confère de la diversité à nos projets", confie ce dernier. Leur cliente est une consultante en mode belge passionnée d'art, qui préfère rester à l'arrière-plan. C'est surtout la situation de l'appartement, dans un quartier agréablement animé de la Rive Droite, qui l'a séduite. Auparavant, elle possédait un logement plus petit, à deux rues de là. "Je voulais vraiment rester dans le coin, explique-t-elle. En temps normal, les terrasses sont bondées. Si je devais habiter ici à plein temps, j'aurais sans doute choisi un endroit plus calme. Mais comme je viens chaque fois presque en touriste à Paris, je préfère vivre au milieu de l'animation." L'intérieur du logis, bien que dans un bâtiment du XVIIe siècle, présentait au départ un attrait bien moins évident que sa situation dans la ville. "La division de l'espace était absolument illogique, se souvient Stéphan Bidoux. A l'origine, il s'agissait en fait de trois appartements séparés qui ont été réunis à un certain moment. Et cela se voyait encore. C'était une accumulation de styles différents. Même les sols ne se trouvaient pas tous au même niveau." A certains endroits, la différence s'élevait à 45 centimètres. L'espace de vie et la cuisine étaient séparés par un couloir claustrophobique d'à peine deux mètres de hauteur. Les murs étaient peints dans des couleurs criardes - bordeaux, or, rose et violet. "C'était atroce, admet la propriétaire. Mais ça avait aussi des avantages: nous n'avons pas eu de scrupules à démolir certaines choses." L'habitation a en effet été quasi complètement mise à nu. La structure porteuse, avec ses poutres apparentes entre les deux parties de l'espace de vie, est à peu près le seul élément qui a été conservé. Tout le reste de la décoration architecturale a été ajouté - en l'occurrence des panneaux muraux dans une version plus sobre et plus moderne du style haussmannien traditionnel. De cette façon, le tandem créatif a rencontré les souhaits de sa cliente, qui avait manifesté son envie d'arriver à cette ambiance parisienne caractéristique. La petite terrasse devant une des chambres d'amis a été conçue comme un mini jardin à la française, avec un buste en plâtre inspiré de la sculpture La Danse de Carpeaux qui figure sur la façade de l'Opéra Garnier. Les carreaux de céramique dans les salles de bains des deux chambres d'amis constituent, eux, des clins d'oeil au carrelage mural du métro de la capitale. Quant au motif de la paroi en verre et acier de la pièce d'eau attenante à la suite parentale, c'est une copie d'un bâtiment Art nouveau de la rue Saint-Honoré qui abrite une boutique Mulberry. La liste des envies de la maîtresse des lieux ne s'arrêtait pas là. Celle-ci voulait aussi un grand canapé avec suffisamment de place pour son conjoint et les trois enfants. C'est finalement un modèle courbé, fait sur mesure et inspiré du design des meubles de la fin des années 60, qui a trouvé place dans le séjour. Figurait aussi, parmi les desiderata, une cuisine verte: pour ce faire, le duo a opté pour du granit iranien très expressif, d'une couleur algue intense. "Ce matériau s'est avéré relativement difficile à avoir, retrace Julien Villeneuve. Il semble ne plus y en avoir beaucoup dans les carrières. Le nombre de plaques extraites chaque année est donc limité." Ailleurs, il avait été convenu qu'il fallait des tons clairs, mais pas blancs. "Je ne peux pas vivre sans couleurs, confie la cliente. Toutes mes maisons sont colorées. Parce que, même dans les jours les plus sombres, la couleur vous invite à une explosion de lumière." Le point de départ pour la majeure partie de la palette chromatique a été le grand tableau de l'artiste américain Les Rogers, dans le salon. Avec comme unique exception la suite parentale, où des teintes plus neutres donnent le ton. "Je voulais une chambre prenant exemple sur celles du Ritz, à Paris, avant sa rénovation, insiste la commanditaire. Elles étaient extrêmement chaleureuses et accueillantes, avec d'épais tapis." Au niveau du mobilier, l'intention était de créer un mélange assez personnel. "La propriétaire a un sens du style très assuré, qui est aussi audacieux que spontané, précise Julien Villeneuve. Nous avons décidé de commun accord de créer quelque chose de surprenant." Les détails plus sophistiqués sont tempérés par des éléments plus simples et des matériaux plus modestes. Ainsi, on ne trouve pas ici de salle à manger formelle: les repas sont pris dans un coin avec banquette dans la cuisine. Et les tables et chaises en osier et rotin contribuent à une ambiance décontractée. "Elles sont absolument sans prétention et ne dépareraient pas dans une petite maison de campagne", note Stéphan Bidoux. En ce qui concerne sa collection d'art, le choix s'est aussi opéré de manière impulsive. "Je n'ai jamais acheté une oeuvre parce qu'elle était de la main d'un artiste célèbre, complète la Belge, Parisienne d'adoption. Mon approche est plus intuitive qu'intellectuelle. Je dois simplement avoir un coup de coeur. Et une fois que j'ai acheté, je ne veux plus jamais m'en séparer."