"Mon projet, qui s'intitule Sauvages, traduit à la fois un de mes traits de caractère et mon amour pour la nature", résume Chloé di Cesare, qui a aujourd'hui le statut d'indépendante complémentaire pour s'adonner à son amour pour les bouquets. Salariée dans le service social à temps plein, elle décide un jour de faire une formation de fleuriste à Bruxelles, en cours du soir. Elle se découvre alors une passion et commence à en faire un deuxième métier. Petit à petit, elle vend ses compositions grâce aux réseaux sociaux, propose des abonnements et fournit certains bars et restaurants de la capitale.
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"Mon projet, qui s'intitule Sauvages, traduit à la fois un de mes traits de caractère et mon amour pour la nature", résume Chloé di Cesare, qui a aujourd'hui le statut d'indépendante complémentaire pour s'adonner à son amour pour les bouquets. Salariée dans le service social à temps plein, elle décide un jour de faire une formation de fleuriste à Bruxelles, en cours du soir. Elle se découvre alors une passion et commence à en faire un deuxième métier. Petit à petit, elle vend ses compositions grâce aux réseaux sociaux, propose des abonnements et fournit certains bars et restaurants de la capitale. Si au départ, ce sont les fleurs fraîches qui l'intéressent, elle se lance dans la création de bouquets séchés lors d'un marché de Noël organisé par l'ASBL Fais-le toi-même (lire encadré) en décembre 2019. "J'ai constaté que cela avait bien fonctionné et que les gens étaient séduits. J'ai donc voulu réitérer l'expérience cette année en espérant que j'allais vendre beaucoup, encore une fois." La préparation demande cependant du temps et de l'investissement. Aux mois de juillet et août derniers, elle fait sécher des fleurs par bottes de cent. L'idée est qu'elles soient prêtes pour Noël afin de confectionner des couronnes par exemple. "Je comptais beaucoup sur cette période et j'ai fait comme si tout allait avoir lieu. Aujourd'hui, je ne sais plus à quoi m'attendre. Il faut s'organiser différemment." Fidèle au marché de Noël de Fais-le toi-même, Chloé participera au pop-up store virtuel cette année. Pour l'occasion et parce qu'il est difficile de livrer des fleurs séchées, elle s'est adaptée. "Je suis allée sur des brocantes, chiner de petites théières et des vases originaux avec des formes rigolotes et j'ai créé des kits. Dans une boîte, le client recevra son pot unique et quelques fleurs à monter lui-même en bouquet." Pour la jeune femme, l'annulation des festivités de l'Avent est aussi l'occasion de fabriquer de nouvelles créations originales, notamment des compositions sous cloches. Si Chloé se considère chanceuse d'avoir un autre métier à côté de celui-ci, elle rêve cependant de vivre de son art à plein temps. "Un artisan, c'est quelqu'un qui fait les choses avec amour et avec ses mains." C'est la définition que nous donne Sandrine Soyez, lorsque nous la rencontrons. Avant de devenir couturière, la Liégeoise a d'abord été graphiste puis accueillante d'enfants. Devenue maman très jeune, elle a dû mettre de côté son âme d'artiste, pour s'occuper de ses trois kids, puis de ceux des autres, avant de retrouver sa passion. "Il y a eu un moment où, même si j'aimais ce que je faisais, j'ai voulu revenir à mes premières amours de création." En 2010, Three Little Monkeys, sa marque de peluches pour bambins, est lancée. L'enseigne, en référence à ses "trois petits singes", combine ses trois métiers: le graphisme pour la vente via Internet et les réseaux sociaux, la sécurité des jouets d'enfants à laquelle elle a longtemps été confrontée et l'inventivité dont elle fait preuve, grâce à la couture. La conceptrice participe à de nombreux marchés de Noël ou de créateurs, tous les ans, et l'engouement pour ces articles croît sans cesse. Chaque fois, elle s'y prépare en innovant et en s'adaptant aux saisons, imaginant notamment des peluches en forme de renne ou de renard pour décembre...Mais en cette période, c'est un peu différent. Après des mois déjà difficiles au début de l'année, Sandrine ouvre, à Liège, un pop-up store avec l'ASBL Mompreneurs, en octobre. Un succès stoppé net après quinze jours, suite à l'annonce des nouvelles mesures sanitaires et la fermeture des commerces. La fabricante de doudous confie que les rentrées des premiers jours de vente compenseront seulement la location de la surface commerciale. Pas de bénéfices. A leur tour, les marchés de Noël sont également annulés et c'est la douche froide. "Cela représente un tiers de mon chiffre d'affaires", estime-t-elle.S'il est certain que le manque à gagner va se faire sentir, la maman artiste veut toutefois rester positive. "Le pop-up va peut-être rouvrir plus tard. Pour le moment, il faut se réinventer. Je vais participer à des marchés de Noël virtuels, même si ça a un coût. Ce qui me fait tenir, c'est l'optimisme. Je sais qu'à un moment donné ça va aller... Je me sens parfois seule mais j'ai de la chance, je suis confinée avec tous mes doudous." Des peluches qui seront répertoriées sur le site officiel du Village de Noël de Liège (lire encadré). Antoine Ellyton est ébéniste et menuisier de formation. Depuis huit ans, il pratique ce métier et répond à différentes missions en indépendant. Mais ce qui le motive vraiment, c'est de dessiner et de façonner des objets. "La création, par définition, c'est ma passion", résume-t-il. Depuis 2019, il a donc développé, en parallèle de son job, une ligne de luminaires uniques et faits main. Et si ce passe-temps ne constitue pas encore son activité principale, il espère bien un jour pouvoir s'y consacrer exclusivement. Très inspiré par le design et l'Art nouveau, il fabrique seul ses articles en chêne massif. Le bois provient de chutes de meubles qui ne peuvent plus servir ou de producteurs locaux et européens.Au départ, il proposait ses articles à des amis de la famille mais l'envie d'aller plus loin le démangeait. Pour se faire connaître, il a, l'an passé, participé, lui aussi, au marché de Noël organisé par l'ASBL Fais-le toi-même. "J'y ai vendu pas mal et grâce à cet événement, j'ai constaté que mes objets plaisaient, se souvient-il. J'avais donc l'espoir qu'ils séduisent encore cette année." Toujours dans l'optique d'agrandir sa notoriété, Antoine a récemment déposé ses luminaires dans quelques boutiques à Bruxelles, avant que celles-ci ne soient fermées par les autorités. Il espérait aussi participer à plusieurs marchés. "Ce n'était pas la meilleure période pour se lancer mais je croyais vraiment que Noël allait m'aider, c'est sûr", avoue-t-il.Résolu à devoir opter pour les sites Internet afin de tout de même atteindre le public, l'artisan n'est toutefois pas très optimiste. "Vendre sur Internet, c'est bien car je vais continuer à me faire connaître. Mais quand il s'agit d'objets qui ont un certain coût, je sais que les gens préfèrent les voir en vrai, c'est normal." Le manque à gagner est handicapant mais une fois la mauvaise période passée, Antoine aspire malgré tout à élargir son réseau de magasins partenaires, à Bruxelles et peut-être dans certains pays frontaliers, en se concentrant sur les établissements de décoration d'intérieur et de design. Jeune céramiste de 28 ans, Lisa Heroux commence tout juste à se consacrer entièrement à sa passion. En 2017, elle sort diplômée de La Cambre avec un Master en Arts Visuels et de l'Espace option céramique. Peu de temps après, elle rejoint une ASBL, L'atelier des Tropiques, et donne des formations jusqu'au mois d'août dernier. "J'ai pris la crise de plein fouet, comme beaucoup de gens. Et j'avais toujours cette frustration de ne pas avoir assez pratiqué. J'ai donc pris le temps dont je disposais pour me lancer, à mon compte." L'été sera une phase de préparation et d'installation pour Lisa. Elle achète beaucoup de matériel et commence à préparer ses créations, entre autres, pour Noël. Sa marque, Faune Ceramic, qui illustre son amour pour la nature et ses motifs aléatoires, voit le jour et elle crée ses premiers vases, tasses et assiettes... A l'époque, elle compte principalement sur les quatre marchés de décembre auxquels elle va participer pour rembourser ses investissements. "Cela devait être la période la plus importante pour moi. J'ai vécu dans le déni mais quand j'ai appris que tout était annulé, beaucoup d'angoisses se sont développées." A partir de ce moment-là, Lisa vit avec ses économies tout en essayant de rebondir grâce aux alternatives virtuelles mises en place. Enthousiaste de nature, elle est persuadée que les ventes ne l'aideront pas cette année mais que les marchés en ligne, comme celui organisé par La Tricoterie à Saint-Gilles (lire encadré), lui permettront d'acquérir une certaine visibilité. Pourtant, elle confie que le virtuel la sert et la dessert dans le même temps. "Finalement, ce qui me dérange, ce n'est pas tant la perte financière, mais plus le fait que je n'aurai pas de contact avec les gens. La céramique, c'est par définition des objets qui sont inédits. Le manque de rencontres, ajouté au fait que les clients ne pourront pas choisir, ni toucher mes créations, c'est ça qui me peine le plus." Aujourd'hui, elle a pour objectif de se concentrer sur son site Internet en préparation et les alternatives numériques mises en place par les communes ou Régions belges pour se faire connaître du grand public.