Pour beaucoup de Belges, transformer une maison mitoyenne est une gageure. En théorie, les options ne manquent pas, mais en pratique, c'est souvent exactement la même solution qui est privilégiée: démolir les annexes à l'arrière et les remplacer par une construction plus sobre, destinée à la cuisine, et dotée d'une fenêtre tout en hauteur. Pourtant, il existe bien d'autres possibilités de donner un souffle nouveau à une telle habitation. La preuve? Ce projet située dans le Hainaut, à Enghien, qui a subi un lifting inattendu, tant extérieurement qu'intérieurement.
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Pour beaucoup de Belges, transformer une maison mitoyenne est une gageure. En théorie, les options ne manquent pas, mais en pratique, c'est souvent exactement la même solution qui est privilégiée: démolir les annexes à l'arrière et les remplacer par une construction plus sobre, destinée à la cuisine, et dotée d'une fenêtre tout en hauteur. Pourtant, il existe bien d'autres possibilités de donner un souffle nouveau à une telle habitation. La preuve? Ce projet située dans le Hainaut, à Enghien, qui a subi un lifting inattendu, tant extérieurement qu'intérieurement. "Lorsque nous avons décidé de rénover, nous savions surtout ce que nous ne voulions pas: un volume blanc avec une baie vitrée coulissante, commente Ayco Duyster, la présentatrice radio flamande, qui habite les lieux avec son mari Joachim Wemel, graphiste. Nous cherchions toutefois une solution au problème récurrent dans les anciennes maisons mitoyennes: celui des annexes qui entravent le contact avec le jardin. Ici, cet obstacle était double, car derrière l'habitation, il y avait encore une construction non attenante au bâtiment principal. C'était un casse-tête." Pour le résoudre, le couple s'est tourné vers le bureau gantois De Vylder Vynck Taillieu (advvt). Une équipe - aujourd'hui dissoute - qui a réussi à renouer un dialogue entre l'ancien et le nouveau d'une manière toute particulière, dans le respect de la structure existante. "Le charme de ce logis avait déterminé notre choix initial, se souvient Joachim. Après son érection dans les années 30, cette bâtisse est restée une demeure de famille. Tous les éléments authentiques et les nombreux matériaux caractéristiques étaient encore là. Pour nous, il était hors de question de les démolir." Ce fut le début d'un travail de grande ampleur mais très progressif... En 2010, lorsque le tandem a acquis le bien, il s'est d'abord contenté de remplacer le papier peint fleuri par des murs blancs. La moquette recouvrant le plancher en bois a été arrachée et les systèmes d'électricité et de chauffage mis à neuf. En 2012, le duo a contacté pour la première fois les architectes d'advvt. "Le processus créatif a duré deux ans. Les travaux n'ont commencé qu'en 2014 et ils sont achevés depuis six mois seulement. Cette rénovation est une ode à la lenteur. Mais cela comporte aussi des avantages. Comme le processus a été si long, chaque détail a reçu l'attention qu'il méritait", explique Joachim, qui a presque tout réalisé seul, des week-ends entiers. "Notre plus grande réussite est d'avoir pu garder la discipline nécessaire pour tenir bon et tout terminer selon le plan, poursuit Ayco. Nous n'avons jamais cessé d'y croire, même si parfois, il a fallu s'accrocher. Ainsi, pendant quatre ans, nous avons vécu dans la cave et nous avons été privés de façade arrière deux années. Nous avions un principe: ce n'est qu'après l'achèvement de la pièce que nous pouvions l'occuper. La maison de mes parents n'a jamais été terminée, et c'était mon cauchemar de reproduire cela." Les plans regorgent d'une foule de détails, comme les cheminées percées d'une baie ou une porte découpée à mi-hauteur pour devenir fenêtre. Une partie de l'arrière du bâtiment, où se trouvaient les toilettes, est devenue un espace extérieur. Le toit a été éliminé, et des pans de murs sciés. Cela a permis d'apporter davantage de lumière, de rendre le jardin visible et de conserver les charmants carreaux de faïence. "Comme cette annexe figure sur le plan original, nous n'avons pas voulu la démolir. Nous souhaitions aussi à tout prix garder tous les anciens carrelages de sol. Le fait que certaines conduites soient visibles ne nous dérange pas", ajoutent les propriétaires. Même les châssis ont été conservés; seul le vitrage a été remplacé. Autre spécificité de cette rénovation: les plans ont énormément évolué au fil du processus. C'est lors d'une visite de chantier que les habitants ont opté pour les murs obliques de la salle de bains, par exemple, tout comme la baignoire évoquant un bateau posé sur bers. Quant à la cuisine, comme les propriétaires n'étaient pas convaincus par les résultats de leurs recherches, son aménagement a été reporté pendant des années. "Je ne voulais pas d'une cuisine aseptisée, comme j'appelle les agencements épurés, semblables à des laboratoires pharmaceutiques, insiste Ayco. Je trouve qu'on doit voir la fonction. Finalement, l'architecte a dessiné deux étagères en acier: un îlot et un élément flottant ouvert au-dessus du plan de travail qui laisse la vaisselle apparente. Les armoires Ikea ont été dotées d'une jolie finition. Au total, cela ne nous a coûté que quelques milliers d'euros." Et la présentatrice flamande de conclure: "Les projets de De Vylder Vynck Taillieu ont de quoi titiller l'imagination. Leur architecture comporte de la poésie, un sourire, quelque chose d'inattendu et de ludique." Une bonne humeur communicative dès qu'on pénètre dans cette maison plutôt insolite...