Celui qui arrive sur les pavés de Deurle, connu comme village d'artistes, passe sans le remarquer devant la maison de Mike Standaert et Anna Battistini. Vue de l'extérieur, leur demeure des années 20 a été rénovée avec tant de respect qu'elle se fond toujours parfaitement dans son cadre pittoresque. Mais dès que l'on y pénètre, on se retrouve dans un décor élégant, rempli de design d'après-guerre: un intérieur bien loin d'une mentalité villageoise. Et cela commence déjà dès la porte d'entrée. Le fait que celle-ci ait été récupérée d'une maison de l'architecte Renaat Braem peut paraître étrange. Mais Mike gère à Ostende un établissement spécialisé dans le design, White Interiors, où il vend des objets vintage, dont des éléments provenant de maisons d'architectes, comme celui-ci. "White Interiors, c'est mon bébé. Cela fait déjà 23 ans que j'y consacr...

Celui qui arrive sur les pavés de Deurle, connu comme village d'artistes, passe sans le remarquer devant la maison de Mike Standaert et Anna Battistini. Vue de l'extérieur, leur demeure des années 20 a été rénovée avec tant de respect qu'elle se fond toujours parfaitement dans son cadre pittoresque. Mais dès que l'on y pénètre, on se retrouve dans un décor élégant, rempli de design d'après-guerre: un intérieur bien loin d'une mentalité villageoise. Et cela commence déjà dès la porte d'entrée. Le fait que celle-ci ait été récupérée d'une maison de l'architecte Renaat Braem peut paraître étrange. Mais Mike gère à Ostende un établissement spécialisé dans le design, White Interiors, où il vend des objets vintage, dont des éléments provenant de maisons d'architectes, comme celui-ci. "White Interiors, c'est mon bébé. Cela fait déjà 23 ans que j'y consacre mon temps. Vendeur de design, c'est plutôt une vocation qu'un métier pour lequel on peut faire des études." Dès son jeune âge, notre homme aimait déjà aller aux puces. Il se souvient qu'à la maison, il était le seul à réaménager régulièrement sa chambre avec les choses qu'il avait chinées ou trouvées au grenier. "J'ai suivi des cours du soir en restauration de meubles, non pas pour devenir restaurateur, mais je voulais en savoir plus sur les matériaux et les tissus d'ameublement", poursuit celui qui se définit à la fois comme un collectionneur et un commerçant. "Quand j'achète quelque chose, je le garde au moins 24 heures pour moi, raconte-t-il. Et si je revends un objet trop vite, j'ai facilement des regrets. Comme on s'occupe de design tous les jours, Anna et moi, il est logique que notre intérieur change régulièrement. Mais certaines pièces ne quittent jamais cette maison, parce que de beaux souvenirs y sont liés. Comme les lampes en céramique de Jos Devriendt, ou mon armoire basse de Maarten Van Severen: une première édition, faite à la main dans son atelier." L'épouse de Mike, Anna Battistini, a elle aussi un oeil exercé. Cette Italienne descend d'une famille d'antiquaires, de décorateurs et de menuisiers de la région des Cinque Terre. "J'ai grandi parmi les antiquités des XVIIe et XVIIIe siècles. J'ai vu passer tellement de pièces à la maison, ça m'a appris beaucoup. C'est la meilleure école", dit-elle. Dans son propre magasin, White Interiors 49, à Deurle, Anna s'est spécialisée non pas dans les meubles antiques mais dans le design et les textiles du XXe siècle à aujourd'hui. Tout comme son compagnon, elle s'occupe aussi d'aménagements d'intérieurs, des meubles aux coussins et aux rideaux. Pas étonnant donc que, lorsque le duo a acquis cette maison en 2003, il ne l'a pas rénovée dans la précipitation. L'idée était d'agrandir cette authentique maison de la façon la plus discrète possible, vu de l'extérieur. Mais à l'intérieur, les interventions ont été beaucoup plus profondes: Mike et Anna ont créé un patio, autour duquel leur vie quotidienne se déroule aujourd'hui. A travers ce jardin intérieur, on a une belle vue sur le coin repas, le coin salon et la pièce télé. "A l'étage, la disposition est restée plus classique. Dans les chambres, nous avons même ajouté une lucarne avec une fenêtre au châssis en acier, pour rester tout à fait dans le style ancien. Mais la douche, par contre, a été réalisée en polyester vert. Notre habitation est une combinaison de tradition et d'innovation", résument-ils. Le résultat se veut, en termes d'influences, à la frontière de notre plat pays et de la Botte. Avec un peu d'imagination, on pourrait même considérer ce logement comme la métaphore d'un match amical Belgique-Italie. Un évier de Gio Ponti, une lampe d'Ettore Sottsass, un vase de Bruno Gambone et un fauteuil Soriana de Tobia Scarpa font face à des pièces belges de Jules Wabbes, Roger Bonduel ou encore Emiel Veranneman. "Mais il y a aussi beaucoup de place pour le design contemporain, précise Anna Battistini en montrant une lampe du coin télé. Nous travaillons par exemple depuis des années avec Claudio Brocchini. Dans son atelier, cet Italien produit encore à la main des lampes dans le style des années 50." Car au-delà de cette préoccupation pour le beau, venu d'ici et d'ailleurs, le tandem veut également transmettre son amour pour l'artisanat. Encore une passion commune!