La plus hétéroclite: Patricia Goijens

Décoratrice d'intérieur, Patricia Goijens crée des espaces de vie chaleureux et partage son éclairage de professionnelle sur son blog No glitter no glory. Elle a notamment eu l'occasion d'habiller les vitrines de Noël des champagnes Piper Heidsieck à Anvers et à Bruxelles.

"Un beau sapin n'est pas forcément cher. Le mien est garni principalement d'articles provenant de chaînes comme Sissy Boy, Dille & Kamille ou H&M Home. A cela j'ajoute quelques vieilles boules dont j'ai oublié l'origine. Je privilégie depuis quelque temps les objets dorés, tout en m'efforçant d'introduire des variations d'une année à l'autre en jouant sur des associations de textures. J'utilise du verre, du papier ou du métal, mais aussi par exemple des fleurs séchées ou du roseau à plumes - des matières que l'on ne combine pas spontanément à cette saison, et c'est bien ce qui fait leur charme! Cela me permet aussi d'offrir une seconde vie à des pièces usagées. Le dressage de la table est aussi pour moi très important. Cette fois, j'ai prévu d'utiliser la même palette de tons que pour l'arbre - un peu par hasard, je vous l'avoue, parce qu'il se trouve que j'ai des verres roses sous la main et que j'aimerais utiliser des coupelles dorées vintage pour mes bougies."

Le plus élémentaire: Michel Penneman

Michel Penneman © JAN VERLINDE

En plus de relooker des habitations, Michel Penneman est aussi souvent sollicité pour aménager des bureaux, restaurants et hôtels. Grand amateur d'équilibre et de sobriété, il a notamment à son actif l'aménagement de l'hôtel Hygge à Bruxelles et le bar-terrasse Là-Haut, pour ne citer que deux exemples récents.

"Pour moi, Noël a un peu perdu de son lustre. Bien sûr, un sapin reste incontournable pour les enfants... mais je vous avoue que je l'ai désormais mis dans leur chambre. Je ne ressens pas vraiment le besoin de le voir. Moi qui adorais autrefois redécorer toute la maison, je n'y tiens plus tellement. Côté couleurs, cette année, j'ai choisi le bleu. Je trouve très important d'avoir une unité de teintes. A l'époque où l'arbre occupait encore une place stratégique dans la maison, je choisissais souvent des boules blanches, des lumières et j'aspergeais les branches de neige artificielle. C'était presque une création design! J'ai toutefois déjà vu ailleurs des arbres très réussis, ornés de toutes les couleurs et couverts de petits personnages. En Autriche, où j'ai longtemps eu une amie, on y met même parfois des biscuits, ce qui donne un effet à la fois très original et minimaliste. Une erreur impardonnable par contre: un éclairage raté. Pendant les fêtes, rien de pire qu'un néon sans âme ou une lumière trop forte. A choisir, je préfère alors l'élégance des bougies. C'est ce que je chéris le plus dans les fêtes: allumer quelques chandelles."

Le plus lumineux: Jean-Philippe Demeyer

© ALEXANDER POPELIER

Jean-Philippe Demeyer a toujours été un amoureux des meubles vintage, d'abord comme antiquaire puis comme décorateur. Il en déniche dans toute l'Europe et les utilise de préférence dans de surprenantes combinaisons d'ancien et de nouveau, en marge des tendances du moment...

"C'est dans la nature des choses: lorsque les journées sont courtes et qu'on a envie de se replier sur soi-même, il est logique d'aspirer à un intérieur particulièrement cosy. Pour les célébrations de décembre, il faut toutefois oser expérimenter; il y a un mois par an où toutes les folies sontpermises en matière de déco, autant en profiter. En cette période, on peut se permettre un surcroît d'extravagance et démultiplier les sources lumineuses.

On reconnaît d'ailleurs tout de suite la personnalité des gens à leur sapin - et aux coussins dans leurs fauteuils

Il n'y en a jamais trop dans un arbre de Noël, le mien comporte plus de deux mille loupiotes. Par contre, cela me stresse quand il y a trop de boules, de guirlandes et de désordre dans la maison. Mieux vaut un élément vraiment spectaculaire que six ou sept vagues tentatives pour créer une ambiance."

Le plus intuitif : Boris Devos

© JAN VERLINDE

Galeriste et vendeur d'objets rétro, Boris Devis n'apprécie pas vraiment le design scandinave, auquel il préfère des concepts moins épurés. Il a un jour acquis dans le cadre d'un programme de télévision un lot de... cinq cents boules anciennes.

"Entre-temps, elles ont trouvé leur place dans mon sapin... J'en installe toujours un qui frôle le plafond et j'y accorde beaucoup d'importance! L'an passé, j'avais opté pour un Nordmann sur croix en bois, mais le problème est qu'ils sont souvent abattus des semaines avant d'aboutir dans les jardineries... A la réflexion, j'en préfère donc un avec motte que je pourrai replanter. C'est tout de même plus durable. Côté décoration, j'ai évidemment la chance, de par mon métier, d'avoir l'embarras du choix. J'ai donc décidé cette fois de sortir des sentiers battus avec une palette qui fait la part belle au rose et à l'argenté, avec, en sus, de petits personnages et des boules en verre soufflé artisanales. Dans le passé, il m'arrivait aussi de pimper ma porte, mais j'ai fini par y renoncer parce que cela ne se fait pas trop dans mon quartier. Mon sapin est toujours un peu influencé par mon état d'esprit du moment. Je le décore de manière très intuitive: je ne suis vraiment pas du genre à composer un moodboard sur Pinterest plusieurs semaines à l'avance (rires), ni d'ailleurs à prendre dix fois du recul pour juger de l'effet. J'y ai consacré deux heures hier et cela suffit. Reste à mettre les cadeaux près du pied... Finalement, c'est ça le plus impressionnant."