La façade imposante agrémentée de fenêtres gracieuses et de ferronneries ne passe pas inaperçue en plein coeur de Schaerbeek, à deux pas du parc Josaphat. C'est le genre de maison de maître qui suscite directement la curiosité. Après un accueil chaleureux par Brigitte, le Braque hongrois maître des lieux, on découvre immédiatement les merveilles qui s'y cachent. Un parquet à chevrons authentique, des moulures parfaitement conservées, une luminosité exceptionnelle et, avec les plafonds de 5,60 mètres de hauteur, une sensation d'espace tout aussi époustouflante. Le bâtiment était autrefois la propriété du peintre namurois Franz Kegeljan qui, en 1910, a chargé l'architecte Paul Saintenoy d'y construire un hôtel particulier de style Louis XV. Cet endroit est aujourd'hui le petit nid de Hugues Delaunay et Kenny Decommer. "Les six premiers mois, nous avons dû nous habituer à la hauteur. Nous venions d'un petit appartement étudiant. Nos meubles paraissaient minuscules, comme s'ils venaient d'une maison de poupées. J'étais presque en panique rien qu'en m'installant dans le canapé", rit Hugues.
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La façade imposante agrémentée de fenêtres gracieuses et de ferronneries ne passe pas inaperçue en plein coeur de Schaerbeek, à deux pas du parc Josaphat. C'est le genre de maison de maître qui suscite directement la curiosité. Après un accueil chaleureux par Brigitte, le Braque hongrois maître des lieux, on découvre immédiatement les merveilles qui s'y cachent. Un parquet à chevrons authentique, des moulures parfaitement conservées, une luminosité exceptionnelle et, avec les plafonds de 5,60 mètres de hauteur, une sensation d'espace tout aussi époustouflante. Le bâtiment était autrefois la propriété du peintre namurois Franz Kegeljan qui, en 1910, a chargé l'architecte Paul Saintenoy d'y construire un hôtel particulier de style Louis XV. Cet endroit est aujourd'hui le petit nid de Hugues Delaunay et Kenny Decommer. "Les six premiers mois, nous avons dû nous habituer à la hauteur. Nous venions d'un petit appartement étudiant. Nos meubles paraissaient minuscules, comme s'ils venaient d'une maison de poupées. J'étais presque en panique rien qu'en m'installant dans le canapé", rit Hugues. Ce vaste intérieur a finalement motivé le tandem à concevoir ses propres meubles. Une ambition que Kenny nourrissait depuis un certain temps. "Même si cela a aussi à voir avec la frustration. Nous n'avons pas trouvé la table que nous voulions. Du moins, pas dans les limites de notre budget. En développant du mobilier nous-mêmes, nous avons commencé à comprendre pourquoi cela coûte si cher. On n'imagine pas tout le travail et la réflexion qu'il y a derrière", explique Kenny. Durant deux années de suite, ils ont passé soirées, week-ends et vacances à la conception, la réalisation et la mise au point de Solids, la première collection de Cobra Studios. Un projet passionnant qu'ils ont mené à côté de leurs emplois exigeants. Après une carrière chez Ralph Lauren, Paul Smith et Essentiel, Hugues fait désormais la navette entre Bruxelles et Paris où il est concepteur scénographe pour les collections de la maison Chloé. En tant qu'architecte, avec le cabinet Naif, Kenny est responsable du déploiement des espaces de travail Silversquare en Belgique. Cela lui donne l'occasion de travailler avec KRJST Studio, Lous and The Yakuza, Maniera ainsi que Glenn Martens. "Une des raisons pour lesquelles le processus de conception a pris énormément de temps est que nous avons commencé en tant que vrais débutants. Nous avons expérimenté le verre, la peinture, le métal, la résine et le marbre jusqu'à être satisfaits... après parfois de nombreux ratés. Il n'y a que le bois que nous avons laissé de côté. En raison de cet endroit. Nous sommes partis d'un espace accueillant, avec des sols en bois et des lambris, et nous avons ajouté des matériaux et des textures qui contrastent avec les murs blancs. Sans oublier la couleur, car elle apporte de la joie dans un projet. Oui, cet appartement a largement contribué à la naissance de Cobra Studios", se réjouit Kenny. On remarque que l'intérieur de Hugues et Kenny est composé principalement de leurs créations. Toutefois, il ne ressemble en rien à un showroom grâce aux chaises, aux oeuvres d'art et aux objets choisis avec goût. Très clairement, l'expérience en matière de scénographie est palpable. Les sièges Zig-Zag de Rietveld ont été une grande source d'inspiration pour Kenny. Les lignes simples, la géométrie parfaite ainsi que les couleurs primaires mettent en valeur les tables et les lampes postmodernes du couple. Les chaises de Marcel Breuer, le buste de Jules César ainsi que le dressoir en palissandre des années 50 datent du temps où Hugues travaillait chez Paul Smith. "A l'époque, la politique était que chaque vitrine de magasin devait être unique et qu'elle devait constamment être renouvelée. J'avais beaucoup de liberté pour les arranger et pour chaque fois raconter une nouvelle histoire. Par conséquent, je passais presque tout mon temps dans des friperies, des marchés aux puces ou des boutiques design."En outre, les matériaux industriels ont tout autant leur place dans l'habitation. Buses de ventilation, gouttière reconvertie en lampe ou encore la grille d'un plafonnier à néon qui pourrait se confondre avec une oeuvre d'art. "Nous aimons tous les deux nous attarder sur des objets que plus personne ne regarde. Si vous les sortez de leur contexte, ils peuvent passer pour des objets de grande valeur." La fin de cet aménagement sonne-t-elle le glas de leur travail de conception de mobilier? Certainement pas. Néanmoins, avec leur marque Cobra Studios, Hugues et Kenny n'ont aucune intention de produire de façon industrielle, ni même en série limitée. "Nous préférons le sur-mesure. Nous sommes en train de développer notre propre canapé, parce que nous voulons vraiment créer tous les meubles de cet appartement. Nos clients peuvent ensuite bénéficier des connaissances que nous acquérons grâce à ce processus personnel."