Si notre intérieur reflète notre personnalité, alors Derek Van Heurck est sans aucun doute un anticonformiste. Dans son appartement, pas de table à manger. Les murs ne sont pas peints en blanc, mais bien en noir, et le magnifique parquet a été remplacé par une moquette, foncée également. Quant aux très nombreux luminaires, ils ne diffusent de la lumière qu'avec beaucoup de parcimonie. "J'occupe principalement les lieux en hiver. L'été, je préfère passer du temps en terrasse ou à la côte. A la fin de l'automne, je rentre à Bruxelles et je veux un petit nid douillet", raconte le propriétaire, qui n'est autre que le fils du fondateur de la marque de prêt-à-porter Bellerose.
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Si notre intérieur reflète notre personnalité, alors Derek Van Heurck est sans aucun doute un anticonformiste. Dans son appartement, pas de table à manger. Les murs ne sont pas peints en blanc, mais bien en noir, et le magnifique parquet a été remplacé par une moquette, foncée également. Quant aux très nombreux luminaires, ils ne diffusent de la lumière qu'avec beaucoup de parcimonie. "J'occupe principalement les lieux en hiver. L'été, je préfère passer du temps en terrasse ou à la côte. A la fin de l'automne, je rentre à Bruxelles et je veux un petit nid douillet", raconte le propriétaire, qui n'est autre que le fils du fondateur de la marque de prêt-à-porter Bellerose. L'homme habite à Ixelles, en face du bois de la Cambre: un emplacement parfait selon lui. Cependant, lorsqu'il a acheté l'appartement il y a trois ans, il le trouvait un peu trop classique. Le Palais de la Cambre, comme est appelé ce bâtiment, a en effet été conçu dans un style Art déco très sage par Camille Damman, en 1925. "C'est beau, mais je préfère l'atmosphère des seventies, explique le maître des lieux. J'ai donc essayé d'y apporter une touche plus personnelle, sans toutefois rompre avec l'architecture existante. La cuisine est neuve, par exemple, mais grâce au bois de palissandre verni et aux formes arrondies, elle semble avoir toujours existé." Le logement a été entièrement refait pour être adapté aux normes techniques actuelles et pour retrouver sa disposition d'origine avec deux chambres à coucher et une cuisine réduite. "L'occupant précédent l'avait agrandie en abattant les parois d'une des pièces de nuit, complète Derek Van Heurck. Mais je suis un piètre cuisinier, donc j'ai opté pour une chambre d'amis. Et ma cuisine me sert surtout à boire un verre avec des copains. Elle ressemble donc à un bar, tabourets inclus. J'ai imaginé cet endroit seul, sans l'aide d'un architecte. Je m'occupe de l'aménagement des boutiques Bellerose depuis dix ans, j'ai un peu d'expérience! J'ai pensé à supprimer le couloir pour créer plus d'espace, mais je suis content d'être revenu sur ma décision. Les petites pièces séparées me plaisent. Une organisation plus "loft" n'aurait pas été en accord avec l'esprit du bâtiment." L'élément qui frappe le plus les visiteurs, c'est l'abondance de noir. "Je savais que je voulais utiliser les couleurs sombres. Je suis attiré par les extrêmes. Je peux passer du blanc épuré au noir ténébreux. Comme j'aime flâner dans les cafés, je voulais recréer l'ambiance chaleureuse typique d'un bistrot." En réalité, la peinture est un vert très foncé. "L'ascenseur et le hall sont turquoise, j'ai donc choisi une variante verdoyante du noir, justifie le concepteur de l'habitation. La moquette est arrivée par la suite. J'avais d'abord conservé le splendide parquet puis j'ai trouvé qu'il donnait un côté un peu vieillot à l'ensemble. Je voulais plus de caractère, d'où cette transformation." Finalement, la déco rappelle plus celle d'un hôtel que d'un appartement, avec son couloir diagonal au sol recouvert d'un douillet duvet et ses appliques créant une ambiance tamisée. La pièce de vie serait alors la réception, avec ses deux coins salon, un pour regarder la télévision et l'autre pour recevoir les invités. Les fauteuils noir et blanc signés Mario Bellini viennent de chez Morentz, le paradis du vintage situé à Waalwijk aux Pays-Bas et anciennement connu sous le nom de Fabriek NL. Derek ne jure que par eux. "J'y achète presque tout. Le fondateur, Matthijs Hoveijn, est devenu un ami. Nous nous connaissons parce que le bâtiment qui abrite notre showroom néerlandais, une ancienne usine de chaussures, lui appartient. Sa sélection est toujours originale et ne se cantonne pas aux grands noms. C'est aussi ma philosophie. Je fonctionne au coup de foudre, quelque chose me plaît? Je l'achète. Je ne suis presque jamais à la recherche d'un objet bien particulier. La lampe de bureau Paavo Tynell est une exception", explique notre interlocuteur. Le résultat de tous ces achats impulsifs? Un mix spontané et hétéroclite.