Pour pénétrer dans ce cocon urbain, situé au coeur de la ville de Gand, on doit d'abord pousser une lourde porte datant du xviiie siècle. On débouche alors sur un vaste hall dont le sol originel en pierre bleue a été conservé.
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Pour pénétrer dans ce cocon urbain, situé au coeur de la ville de Gand, on doit d'abord pousser une lourde porte datant du xviiie siècle. On débouche alors sur un vaste hall dont le sol originel en pierre bleue a été conservé. Dans cette maison de maître, chaque étage est lifté avec autant d'attention, l'objectif premier étant de conserver l'âme de la bâtisse, malgré sa modernisation. " C'était absolument essentiel, explique l'architecte Xavier Donck, qui y vit. Avec ce genre de bien, il faut à tout prix éviter de se mettre au travail dans la précipitation car la structure interne est souvent parfaite. La rénovation devient alors un véritable exercice pour ne pas la détruire. " Dans cette logique, plusieurs portes intérieures ont certes été supprimées mais aucun mur n'a été abattu. La cour, par contre, a été dégagée pour faire entrer davantage de lumière dans le logis. " Lorsque nous avons acheté cet immeuble, nous savions que le processus de transformation serait lent, avoue le propriétaire, réputé pour son expertise en matière de conception et de réhabilitation de propriétés privées.Nous vivions à la campagne et souhaitions revenir dans un environnement plus urbain. Mais il fallait que cela se fasse sans hâte, c'était impératif à nos yeux. Parce que prendre son temps est un luxe rentable par la suite. " C'est ainsi qu'au fil du chantier sont apparus " des tas d'éléments inattendus ", et bienvenus. Comme cet escalier en colimaçon qui semble désormais faire partie intégrante du séjour. " Habituellement, ce type d'ouvrage est un obstacle physique entre deux niveaux... Ici, on l'emprunte comme si on traversait une pièce ", décrit le concepteur.Autrefois séparée, la cuisine communique aujourd'hui avec le living et constitue l'un des points centraux de l'organisation spatiale. L'étage inférieur est aménagé de façon plus " royale ", avec des teintes sobres, des textiles chaleureux et de nombreuses oeuvres d'art. Il est en relation véritable avec la rue grâce aux hautes fenêtres. " Lorsque nous vivions à la campagne, nous profitions d'un grand espace vert. Ici, nous avons juste un patio mais cela nous permet de redécouvrir le charme de la cité, qui devient notre jardin. On apprend à écouter la ville, à déceler de petits bruits particuliers... Et on connaît déjà tout le monde dans les environs ", se réjouit Xavier Donck. Plus haut, sous la charpente, l'espace baigné de lumière est plutôt de type loft. Xavier et sa compagne Karin ont opté pour du mobilier d'été vintage, en partie coloré, notamment des chaises Butterfly de Bonet-Kurchan-Hardoy. Quelques tapis réchauffent la composition. La chambre est également habillée dans cet esprit rétro avec une table de Jean Prouvé et des sièges de Harry Bertoia, entre autres. Les mosaïques émeraude de la salle de bains et du dressing font quant à elles penser aux carrelages chers au designer italien Gio Ponti. Enfin, une échelle de meunier permet de rejoindre le grenier, où sont installées des chambres d'amis. " C'est un endroit très calme d'où on profite de la vue vers le ciel et du toit-terrasse dès le printemps, raconte le Gantois. On y pratique aussi le yoga. Notre plaisir à nous n'est pas de disposer d'une piscine ou de plusieurs pièces d'eau mais bien de différents lieux de vie dans une même maison. Nous pouvons ainsi voyager dans notre propre habitation. "