Quoi?
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Quoi?Un esprit de designer-rocker, des idées surprenantes qui nous questionnent jusque dans notre rapport aux autres, et un constant souci de l'élégance dans l'exécution.Pourquoi?Ça fait déjà un moment que Pierre-Emmanuel Vandeputte nous a tapé dans l'oeil. Et pas seulement grâce à l'intrigant décalage entre sa dégaine de blouson noir - "un vrai Perfecto Schott, comme Marlon Brando", précise-t-il - et ses premiers projets conceptuels, dont plusieurs semblaient destinés à s'extirper du quotidien pour s'offrir un instant de rêverie. A ceux qui craignaient de voir son talent s'égarer dans des créations perdant de vue fonctionnalité et impératifs commerciaux, le jeune Bruxellois d'adoption a rapidement répondu, notamment via des démarches d'upcycling, comme les sacs Handymade in Brussels, conçus avec les bâches du chantier de la Grand-Place, ou les boîtes à clés Sésame, obtenues après transformation des anciens oblitérateurs oranges de la STIB - un succès "dont les rentrées ont pas mal aidé avec ces derniers mois difficiles". Délaissant l'upcycling pour de nouveaux territoires à explorer, il a présenté, à Milan, en 2019, son incroyable lit Altezza, lequel étant devenu l'attraction principale de l'expo Belgium is design. Il a aussi poursuivi son travail sur les structures en métal, avec l'appuie-dos Paradosso, la coffee table Isola, les tabourets Penisola et la ligne de mobilier Legs. Rayon actu, ses travaux les plus récents s'inscrivent dans ses variations sur l'acier époxy, ou plutôt "elles en entament un nouveau chapitre", avec le valet Orbit et la table Abacus, deux meubles aussi élégants que prometteurs, qui confirment tout le bien que l'on pensait déjà de cet atypique designer. Quoi?Il redonne du souffle à un matériau oublié, la fibre de jute. Sa recherche a été baptisée #heyjute et récompensée aux Henry van de Velde Awards. Pourquoi? Alexander Marinus a étudié à la Design Academy d'Eindhoven et a mené des recherches sur de nouvelles applications pour le jute, une fibre que l'on trouve essentiellement en Inde et au Bangladesh. Produire ses propres objets ne fait pas partie de son objectif. C'est pour cela qu'il collabore avec d'autres designers. Son intérêt se concentre surtout "sur la transformation, le traitement et la valorisation de ce matériau naturel". Pour lui, "le produit qui est fabriqué sur cette base n'a en soi pas d'importance", même s'il rêve de fabriquer des dalles de moquette à grande échelle car cette matière s'y prête parfaitement. "En moins d'un siècle, notre expertise dans le domaine du textile a pour ainsi dire disparu, explique-t-il. Nous devons redécouvrir nos connaissances et les combiner avec de nouvelles techniques. Les ingrédients sont là, il faut maintenant prendre la responsabilité de faire quelque chose avec tout ça. La crise actuelle montre qu'il suffit de pas grand-chose pour arrêter le cycle de production global. D'où le fait qu'il faut investir dans le local, y compris en ce qui concerne les matières premières. Le jute pousse à l'autre bout de la planète, mais on trouve ici des fibres semblables, comme le chanvre et les orties. Sans doute que cela signifie que nous devons réinventer en partie l'industrie telle qu'elle existe. Nous devons viser une industrie à moyenne échelle, qui part d'une philosophie open source." Quoi?Des créations neo-Memphis qui interpellent de par leur finalité, leur originalité ou tout simplement leurs associations chromatiques souvent osées. Pourquoi? Architecte d'intérieur et designer, Axelle a travaillé pendant un an à l'Atelier Ternier après l'obtention de son diplôme, et occupe depuis quatre ans un mi-temps chez Dries Otten. Le temps qui lui reste, elle le consacre à ses propres projets, qu'il s'agisse de résidentiel ou de pièces de mobilier. Et bien qu'elle ne trouve pas son boulot "si audacieux", elle s'est vite fait remarquer, notamment avec ses gattorre (de "gatto", chat, et "torre", tour), griffoirs pour chats si graphiques que les intérieurs en manque de félidés peuvent tout à fait les accueillir en qualité de sculptures. De là à voir en elle une artiste plus qu'une designer? Certainement pas. "Avec Dries Otten, je réalise beaucoup de cuisines qui nécessitent un certain nombre de contraintes pratiques, explique-t-elle. La différence entre un artiste et moi, c'est que je pense avoir besoin de ces contraintes: elles constituent un cadre restrictif, au sein duquel je suis libre de jouer." Prête à secouer les esprits, elle se méfie "de la sobriété et de la bienséance" du choix prudent pour les "gammes standard", leur préférant la surprise et l'inattendu. Elle y arrive avec son souci du détail qui fait mouche et son choix de couleurs et de matériaux contrastés - une ambivalence qui se retrouve jusque dans ses inspirations, qui s'étendent des objets usuels les plus communs aux prouesses architecturales du modernisme et du postmodernisme. L'art du grand écart. Quoi?Tous deux ont étudié à La Cambre à Bruxelles et ensemble, ils produisent des objets ludiques en céramique, à la frontière entre l'art et le design, entre l'industriel et l'artisanat. Pourquoi?Elle est céramiste, lui designer industriel. Dans leur studio, qu'ils ont fondé il y a deux ans, leurs passions se rencontrent. "Nous faisons tout nous-mêmes. Pas seulement nos objets mais aussi les outils avec lesquels nous travaillons. Charlotte réfléchit de manière très intuitive, alors que je me mets à l'ouvrage de façon plus raisonnée. Cela engendre une intéressante zone de tension. Le choix de la céramique vient de notre intérêt pour l'architecture et les lieux publics. La terre est présente partout. On a parfois tendance à l'oublier." Leur jeune portfolio rassemble des tasses en céramique, des vases uniques et une surface pour s'asseoir multifonctionnelle avec laquelle on peut faire aussi bien un banc qu'une balançoire. En ce moment, ils travaillent sur des carrelages muraux à la demande d'un architecte. "La façon dont une chose est fabriquée nous intéresse plus que son apparence finale. C'est pour cette raison que nous concevons aussi nos machines. Nos objets n'auront jamais l'apparence d'une production en série. Les pièces, comme nos tasses à café, sont faites dans le même moule, mais par l'expérience et l'utilisation des matériaux, chaque tasse a malgré cela quelque chose de différent. Ça donne à toute chose un caractère unique. On peut appeler ça de l'art, ou un produit artisanal." Quoi? Du design textile, de la broderie et de la tapisserie à ranger du côté de l'art, un monde intime où les fleurs et les papillons sont à l'honneur, de même les mots et les phrases, en français toujours, qui tendent magnifiquement à l'universel. Pourquoi?Pour "le romantisme doublé d'hooliganisme" de Thomas Renwart qui voulait d'abord être sage-femme. Sous le label Les Monseigneurs, créé en duo pendant ses études de design textile à LUCA Gand, ce jeune homme singulier, désormais seul, convoque à son chevet la nature et son infiniment petit qu'il regarde comme personne, les fleurs et les papillons de nuit qu'il collectionne et qui parfois se posent sur son épaule, légers fantômes bienveillants. Il en appelle à "l'art comme arme des larmes", tisse et brode le lin pour faire venir à lui le calme et partager son monde, comme on briserait une chape de plomb. Ses couleurs, issues de son jardin, sont juste "accélérées" avec "cette idée de rendre les choses encore plus belles qu'elles le sont". Dans son atelier gantois, fort de son diplôme obtenu en 2019, il n'oublie rien de ses stages chez l'artiste Berlinde De Bruyckere et la designer amstellodamoise Conny Groenewegen. En une petite année, il a déjà exposé ses oeuvres au Cultuurcentrum de Knokke, au Kunsthal et au Design Museum de Gand, est entré par la grande porte à la BruthausGallery et prépare, pour le printemps prochain, d'autres expos, une installation au Tripostal de Lille et son premier livre d'artiste Comme si de rien n'était: Cahier intime, chez MER.B&L. Quoi?Le travail de Nathalie Van der Massen se distingue par sa beauté naturelle et par l'utilisation de textiles légers dans des installations spatiales. Son travail a été présenté au Textielmuseum de Tilburg, aux Pays-Bas. Elle a récemment été découverte par l'industrie. Pourquoi?Il y a deux ans, Nathalie Van der Massen présentait son paravent Aki, une collaboration avec Hija Studio qui lança et stimula sa réflexion. "J'ai une prédilection naturelle pour le tissage industriel. C'est comme faire de l'architecture, mais à un niveau microscopique. On construit une structure avec des fils. Comment peut-on traduire des applications textiles dans un espace? Comment ça agit avec la lumière et le son? L'expérience sensorielle d'un endroit est une question qui me passionne énormément", confie-t-elle. Celui qui veut découvrir son travail peut se rendre dans la nouvelle enseigne du magasin de meubles RR à Knokke, où elle a travaillé des panneaux de bois avec du textile. Une nouvelle étape dans sa carrière est aussi sa collaboration avec l'entreprise textile Designs of the Time de Saint-Nicolas, une boîte familiale qui fabrique du linge haut de gamme et qui rend ses étoffes disponibles à une plus grande échelle. "J'ai commencé comme graphiste, mais j'ai vite été passionnée par le textile et ses techniques, poursuit-elle. Le mélange de recherche, de travail libre, de production appliquée et de divers objets comme des couvertures et des plaids, c'est l'ADN de mon propre studio." Quoi?Qu'il s'agisse d'imaginer un décor ou du mobilier sur mesure, il exploite les matières nobles, donne libre cours aux formes organiques et manie les lignes inusuelles avec élégance. Pourquoi? Sébastien Caporusso à étudié l'architecture d'intérieur et le design au CAD Brussels. En quête de perfectionnement, il a enchaîné les stages et les collaborations, à Hong Kong et Tokyo, notamment. C'est, entre autres, pour cette raison qu'il a pris la décision de travailler autant qu'il le peut avec des artisans locaux. "Il m'est primordial d'exporter un minimum, de respecter les contributions de chaque pays et de s'inspirer de l'esprit du lieu où l'on se trouve. Cela permet d'apprendre et de développer une nouvelle gamme de propositions." A l'image de ses réalisations, ses inspirations sont aussi éclectiques: l'artisanat et le fait main, mais aussi le travail de la pierre dans l'Antiquité, le design danois d'après-guerre ou le mobilier brésilien de la seconde moitié du XXe siècle. Ses pièces d'ameublement, douces et humaines, mixent les matériaux sophistiqués. Ici et là, le bois massif flirte avec le cuir, le terrazzo avec le cuivre. Néanmoins, c'est lorsqu'il utilise le marbre brut qu'il démontre l'étendue de son talent: ses tables basses Palazzo sont de petites merveilles. En toute objectivité, bien sûr. Quoi?Ses vases en couches de verre et ses tabourets d'appoint en couches de marbre ont attiré l'attention au niveau international. Avec des moyens limités, il sait se montrer inventif. Pourquoi?Dans un court laps de temps après le projet de fin d'études de sa formation continue en ébénisterie à Malines, le décorateur d'intérieur a mené un parcours impressionnant. Il a suivi un stage chez Jun'ya Ishigami au Japon et chez les designers Bram Kerkhofs et Arno Declercq, en Belgique. "Mon passage chez Ishigami m'a ouvert les yeux ; c'était vraiment incroyable, raconte Daan De Wit. Cette période m'a mené davantage vers l'artistique. De toutes façons, l'architecture est plus passionnante là-bas qu'ici. C'est plus libre, il y a moins de règles, ce qui rend la chose intéressante au niveau esthétique. J'ai intégré des techniques que j'ai apprises pour réaliser des maquettes paysagères dans la conception de mes propres objets." L'an dernier, il a fondé son studio. Dans tous ses objets, il tente d'utiliser le moins de matière possible. Son parcours l'a mené de la Biennale Interieur de Courtrai et du Contemporary Design Market de Bruxelles au Salone del Mobile à Milan. "Je transforme des matériaux plats en volumes, résume-t-il. La découpe au laser a beaucoup de potentiel. Je délègue cette tâche, mais je fais tout le reste moi-même. J'essaie de présenter quelque chose de nouveau deux fois par an, une collection se construisant au départ de la précédente." Quoi?Au début de cette année, Studio Plastique a remporté le Henry van de Velde Award du jeune talent. Le studio conçoit le design à partir d'une recherche et surtout en visant la durabilité. Leur travail est aussi repris dans l'exposition Kleureyck, présentée jusqu'à l'année prochaine au Design Museum de Gand. Pourquoi?La collaboration entre l'Allemande Theresa Bastek et le Belge Archibald Godts a commencé lors de leurs études à la Design Academy d'Eindhoven. Mais contrairement à ce que son nom laisse entrevoir, leur studio n'a pas grand-chose à voir avec ce matériau polluant. "Il y a déjà une surproduction d'objets. Ce n'est pas notre but d'en fabriquer plus. Nous voulons faire la différence en influençant le processus de réflexion, avancent-ils avec pertinence. C'est ce qui explique que nous menons des recherches pour trouver des techniques, des applications et des matériaux innovants. La forme arrive seulement à la fin." Une recherche sur les flux de déchets ou l'exploitation des forêts ou sur le savon de goudron de pin: le tandem n'a pas choisi la facilité. "Cela demande du temps et de l'énergie pour convaincre les clients d'adopter un autre schéma de pensée. Mais ça vaut la peine. Notre société fait face à de nombreux défis. Nous portons une grande responsabilité, nous devons nous y mettre tous. En tant que designer, on peut faire la différence." Niko, le fabriquant belge d'interrupteurs, collabore notamment avec le duo. Quoi? Alexandre Lowie a une passion pour le travail sur mesure réalisé à la main, les techniques traditionnelles et les essences de bois raffinées. Son oeuvre rassemble des meubles uniques et des produits en séries limitées, où il associe sa passion de l'artisanat à une subtile monumentalité. Pourquoi? La production locale et la réinvention de l'artisanat ont le vent en poupe. Et Alexandre Lowie a le don d'associer les deux. Sa force réside dans le caractère intemporel et durable de ses projets. "L'amour du bois remonte à ma jeunesse, dit-il. Quand j'étais enfant, je sculptais des branches avec un couteau de poche. Lors de ma formation en ébénisterie à Tournai, j'ai appris à travailler avec toutes sortes de matériaux: du cuir et du laiton à la marqueterie d'étain. Finalement j'ai opté pour le bois. J'aime l'associer à d'autres matériaux nobles, mais alors je sous-traite à des spécialistes." Alexandre Lowie essaie de limiter le plus possible son empreinte écologique. "Pour pouvoir exercer mon métier, des arbres doivent parfois être abattus, mais j'essaie de procéder en en étant conscient. J'ai une prédilection pour les essences coûteuses et de caractère. Ce bois ne doit pas forcément avoir des motifs hors du commun mais une histoire. Je rachète souvent de vieux stocks aux restaurateurs et j'en fais des pièces destinées à une longue vie." L'homme ne se voit néanmoins pas produire en grande série. Il préfère créer des choses pertinentes et durables, à la demande. Il vient par exemple de fournir une longue table au restaurant gantois Tablot. Quoi?Du mobilier intelligent qui joue les alliances. La menuiserie et la ferronnerie s'épousent parfaitement en une gamme à la ligne claire, durable, accessible et produite localement. Pourquoi? Pour son énergie, sa vision éthique et sa façon si juste de faire la révolution. On l'a cueilli en plein déménagement: J&J s'installe dans son nouvel atelier, 400 m2 flambant neufs à Anderlecht. Ça le fait sourire aux anges, Jean Angelats, lui et son équipe n'auront plus jamais froid les matins d'hiver. Depuis sa naissance en 2012, le duo qu'il formait à l'époque avec Jonathan Renou a muté, pour s'élargir en structure inventive. Parce que Jean est autodidacte, que les écoles ne furent pas ses amies, il a puisé son savoir dans le savoir-faire. Ce qui lui donne cette liberté et cette élégance propres à ceux qui n'attendent rien du sérail. Il manie le bois et le métal - le profilé tubulaire au départ, élargi au carré et au rectangulaire aujourd'hui - et revendique des créations "esthétiques". On reconnaît sa signature dans les bars, les restaurants et les boutiques de la capitale - le Belga, le Flora, le Bar du Matin, le KipKot, le Glacier Gaston, et tout récemment, le food market Wolf et toutes les terrasses d'Umamido. Du sur-mesure raisonné, avec un petit quelque chose de décalé. A la liste, on ajoutera Extra-Ordinaire, le concept store de Jean-Paul Lespagnard, avec lequel il vient de créer des pièces inédites, présentées durant Design September et qui entament ainsi un cycle de collections capsules menées tambour battant avec des artistes, designers et illustrateurs du cru. Quoi?Un "design architectural" proche du funambulisme, qui le fait survoler plusieurs disciplines avec une bonne dose d'à-propos et de style. Pourquoi? L'air de rien, cela fait déjà dix ans cette année que Noro Khachatryan a ouvert son studio, et mène son petit bonhomme de chemin, évoluant à l'intersection du design, de l'architecture et de l'art. "C'est une façon de ne pas choisir, ça m'arrange, admet-il. J'ai créé des objets, j'ai collaboré avec des architectes, réalisé des intérieurs, des façades, ce que je fais n'est jamais à 100% l'un ou l'autre, donc je préfère parler de design architectural. Parfois, l'étiquette que l'on donne n'est qu'une question d'échelle." Ce qui touche d'emblée dans son boulot, c'est ce qu'il appelle son "matérialisme", soit son amour, son honnêteté envers les matériaux et son souhait de les prendre pour ce qu'ils sont. "Je ne veux pas les réinventer, les manipuler ou leur trouver de nouvelles applications. Si j'utilise du marbre, ce sera toujours un bloc, pas une feuille", précise-t-il. Pour ne rien gâcher, Noro ne s'empresse pas de dissimuler ses objets sous des couches de peintures et vernis divers, comme pour inviter le temps à les patiner. Une idée qui ne fait que renforcer le fascinant paradoxe qui parcourt sa production, entre l'aspect brutaliste des pièces et le luxe des matières qui les composent. Ou, comme il se plaît à le dire, la "combinaison d'émotions et de technique". Et de conclure: "Quand je me consacre un moment à l'architecture, les gens pensent que j'abandonne le design - et vice-versa. Mon but, c'est maintenant de trouver l'équilibre entre les deux." Quoi?Une "dimension narrative et poétique insufflée aux objets du quotidien" au fil d'un portfolio qui grandit en quantité comme en qualité, toujours empreint de justesse et de délicatesse. Pourquoi? Dès leurs débuts en 2015, nombre d'observateurs relèvent l'étonnante maturité des projets de Pauline Capdo et Luis Bellenger, leur raffinement, leur ingéniosité, bref, leur potentiel - l'applique Memory on paper, présentée la même année, leur vaut un Young Belgian Design Award et sera ensuite éditée par Habitat. Ce n'est donc pas un hasard si, deux ans plus tard, on les retrouve finalistes de la prestigieuse Design Parade organisée par la Villa Noailles à Hyères. Ces deux-là ont un truc en plus, une évidence à la fois fonctionnelle et esthétique qui transparaît de chacun de leurs objets. L'éditeur français Hartô ne s'y est pas trompé, en jetant son dévolu sur leur suspension Carmen, devenue depuis un incontournable de son catalogue. Durant un confinement "qui n'a pas tellement changé leur vie", plaisante Luis, ils ont dévoilé trois projets qui, outre leurs mérites propres, ont également celui de rappeler qu'ils sont plus que des "designers de luminaires". Deux prototypes, la lampe portable Bijou et le très beau miroir Maar, et son superbe dégradé anodisé, ainsi que leur toute première chaise, Dune, pour les Britanniques de Hayche. Une chaise sur laquelle ils travaillent "déjà depuis un moment", et qui marque peut-être une nouvelle étape dans leur jeune mais remarquable carrière.