La réhabilitation de l'immense site du quartier du canal s'est poursuivi en 2020, malgré une année plus que mouvementée. Au printemps dernier, ce fut au tour de la Gare Maritime de rouvrir après un sérieux lifting, dans la foulée de celui subi par l'Entrepôt royal, auquel il n'a d'ailleurs rien à envier. Achevée en 1907 et inaugurée en 1910 par Léopold II, cette fameuse gare maritime, c'est d'abord un fleuron du patrimoine industriel bruxellois et l'une des plus vastes plates-formes logistiques multimodales du monde en son temps...

La réhabilitation de l'immense site du quartier du canal s'est poursuivi en 2020, malgré une année plus que mouvementée. Au printemps dernier, ce fut au tour de la Gare Maritime de rouvrir après un sérieux lifting, dans la foulée de celui subi par l'Entrepôt royal, auquel il n'a d'ailleurs rien à envier. Achevée en 1907 et inaugurée en 1910 par Léopold II, cette fameuse gare maritime, c'est d'abord un fleuron du patrimoine industriel bruxellois et l'une des plus vastes plates-formes logistiques multimodales du monde en son temps. L'édifice impressionne donc, tant par son élégance pharaonique que par ses mensurations. Jugez plutôt : au sol, 280 de longueur pour 140 de largeur, soit pas loin de 4 hectares, sous des plafonds d'une hauteur vertigineuse, culminant à 24 mètres. Un beau volume, comme on dit.Le chantier de rénovation fut confié au bureau rotterdamois Neutelings Riedijk Architecten, et les travaux menés avec la nette volonté de faire du projet un modèle de circularité et de durabilité. Au niveau de l'aménagement, l'idée était d'aboutir à un endroit vivant, grâce à la délimitation de trois zones distinctes, chacune comptant une douzaine de pavillons en bois durable, aux affectations diverses - commerces, restauration, loisirs ou co-working - ainsi qu'un impressionant hall central, susceptible d'abriter une grande variété d'événements : concerts, expos, marchés, voire même un food hall. Le champ des possibilités est tel que ses propriétaires se plaisent à qualifier l'espace de " ville où il ne pleut jamais ", prenant pour décor les ferronneries et les briques caractéristiques de l'architecture industrielle. Rayon performances écologiques, l'ensemble affiche un score inespéré au vu de ses proportions hors du commun, et produit même sa propre énergie renouvelable : il est climatisé par géothermie, et génère son électricité par l'entremise des quelques 17 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques qui équipent les toits de Tour & Taxis. Difficile de faire mieux.Le mot de la fin, on le laissera donc au jury de ces Real Estate Society Awards, Oscar autoproclamés de notre immobilier : " S'il y a, à Bruxelles, un projet qui peut démontrer - sans qu'il soit nécessaire de prononcer un mot - que le patrimoine désaffecté a, devant lui, un avenir brillant et durable, c'est bien la Gare Maritime. L'interprétation contemporaine de cet impressionnant hall de gare historique, dans laquelle se côtoient de manière novatrice travail et commerce de détail, peut être qualifiée d'unique. Non seulement elle crée un environnement agréable pour les visiteurs quotidiens, mais elle annonce aussi l'avènement d'un nouveau type d'urbanité. "