Au niveau du design, qu'est-ce que cette crise a changé, collectivement et individuellement?

La crise du COVID, et surtout les mesures de confinement et la paralysie économique qui en ont découlé, nous ont fait prendre conscience de la fragilité de nos systèmes économique et social globalisés. Nous consommons sans hésiter des produits qui proviennent de l'autre bout de la planète, sans nous rendre compte de la logistique complexe et de l'impact écologique que cela implique ; nous n'hésitons pas à voyager à travers le monde, parfois à des prix dérisoires, pour le plaisir ou pour le travail ; nous vivons un rythme de vie effréné axé autour du "toujours plus": travailler plus pour gagner plus pour consommer plus.

En temps normaux, le système est bien rôdé et marche généralement bien, nous permettant même de consommer des produits frais ayant parcouru des milliers de kilomètres avant de parvenir à nos assiettes, nos verres ou encore nos vases. Mais en temps de crise, et nous l'avons vu avec les difficultés à obtenir des masques sanitaires, une logistique si complexe a du mal à s'adapter rapidement.

Mais quel lien avec le design ? Il est avant tout important de souligner que le design, trop souvent associé à la création simple d'objets esthétiquement épurés et souvent chers, est plus globalement un métier de conception de solutions en réponse à des besoins humains. Des objets, des aménagements d'espaces, des services, de l'information, de la sensibilisation pour encourager un changement de comportement... conçus pour être à la fois techniquement réalisables, financièrement viables, et humainement désirables. A cela peut s'ajouter un design (environnementalement et socialement) responsable, qui émerge avec les mouvements d'écodesign et de design d'innovation sociale.

Distanciation sociale à Quito, Equateur, Getty Images
Distanciation sociale à Quito, Equateur © Getty Images

Les designers ont dû aborder la crise du COVID tout d'abord dans l'urgence, à concevoir des objets permettant aux citoyens ou au personnel soignant de se protéger, mais aussi à concevoir des communications permettant de sensibiliser et surtout d'influencer les comportements des personnes d'une manière exceptionnelle, ou encore d'aménager des espaces publics permettant la distanciation sociale.

Mais aussi, le design devra nous aider à réinventer le monde d'après. Beaucoup de citoyens se disent déterminés à continuer un mode de consommation plus sobre, plus local, de travailler plus régulièrement de chez soi, de se recentrer plus sur les contacts humains. Comment allons-nous concevoir les objets, les espaces, les moyens de travailler, de communiquer, de se déplacer nous permettant de préserver ce mode de vie ?

Le design nous aidera aussi à mieux nous préparer à des crises semblables qui sans aucun doute reviendront bouleverser nos vies. Comment pourrons nous être plus résilients, et plus à même de gérer des confinements à l'avenir en minimisant leur impact sur nos vies, sur nos économies, sur notre santé physique et mentale du fait de la distanciation sociale ?

Garder ses distances, Getty Images
Garder ses distances © Getty Images

Cette crise du coronavirus, et toutes les mesures sanitaires nécessaires pour empêcher sa propagation, représentent-elles une opportunité pour le design?

Absolument, c'est dans les moments de crise, de contrainte et d'inconfort que notre créativité est exacerbée. Nous avons dû radicalement adapter nos comportements dans l'urgence : garder nos distances, nous déplacer autrement, sans cesse nous protéger du virus, mais aussi apprendre à travailler et occuper nos loisirs autrement en étant confinés, gérer le stress et la méfiance de la maladie. Les opportunités pour le design sont innombrables afin d'aider les personnes et les organisations à repenser leurs manières de faire. Et il s'agit de concevoir des solutions qui s'adaptent au comportement des gens. Le Design Centré sur l'Humain (Human-Centred Design en anglais) reconnaît qu'il faut prendre en compte que font les gens, pas juste ce qu'ils disent qu'ils font. Par exemple les gens disent qu'ils lavent leurs masques et changent de filtre toutes les 3 heures, mais en réalité le font-ils tous? Le designer va chercher à trouver des solutions ergonomiques, faciles à mettre en oeuvre, pour nous assurer que le comportement préconisé soit également celui qui sera le plus facile à adopter.

Dans le Master en Design d'Innovation Sociale que j'enseigne à l'ESA Saint Luc Bruxelles (premier master en son genre en Belgique), nos étudiants ont travaillé à distance sur des projets en lien avec le COVID, à identifier des opportunités d'innovation répondant aux besoins des gens : comment aider les gens à poursuivre des comportements plus résilients après le confinement, comment valoriser l'ennui chez les enfants de 7 à 12 ans, comment mieux faire respecter la distanciation sociale dans les supermarchés, comment créer des activités sociales estivales respectant les mesures de confinement ?

Design Challenge: Comment mieux faire respecter la distance sociale dans les supermarchés? Par Victoria Tronche, Arthur Vankelegom, Camille Esteves, Younès Oussaifi, étudiants Master Design Innovation, ESA St Luc, Bruxelles, DR
Design Challenge: Comment mieux faire respecter la distance sociale dans les supermarchés? Par Victoria Tronche, Arthur Vankelegom, Camille Esteves, Younès Oussaifi, étudiants Master Design Innovation, ESA St Luc, Bruxelles © DR

Voici quelques questions que nos étudiants ont choisi d'aborder en équipes pluridisciplinaires, en appliquant la Pensée Design profondément empathique et centrée sur l'usager.

Hygiène, distanciation sociale, consommation: quels sont et seront les enjeux du design post crise, dans un monde où le coronavirus menace toujours?

La Pensée Design est une approche systémique qui réunit différentes disciplines. L'hygiène par exemple est certes un problème médical, mais doit être abordé aussi par une approche sociale, architecturale, économique, culturelle. Cette approche réunira des experts de différentes disciplines : psychologues, médecins, designers, architectes d'intérieur, urbanistes, éducateurs ou encore ingénieurs aborderont ensemble la problématique à partir de perspectives différentes, afin de trouver des solutions justes et utiles pour y répondre.

Le design post-crise devra d'une part nous permettre de mieux vivre dans un monde où planera le spectre d'une nouvelle pandémie, afin de mieux nous préparer à y répondre, mais aussi de répondre aux nouvelles attentes des gens

Certains souhaiterons aller vers des modes de vie plus sobres, d'autres voudront reprendre tout comme avant, le design a son rôle à jouer dans toutes ces dynamiques.

La distanciation sociale rendue visible à l'aéroport de Kathmandou au Népal, Getty Images
La distanciation sociale rendue visible à l'aéroport de Kathmandou au Népal © Getty Images

Les grands enjeux seront de proposer des services, des objets ou encore des aménagements d'espaces dans les espaces publics et en ville, permettant de préserver le lien social et le confort de vie auquel nous sommes accoutumés tout en nous permettant de nous protéger au besoin. Ces enjeux nous affecteront dans tous les domaines : alimentation, mobilité, divertissement, voyages, travail, santé, sports, culture, la liste est longue ! Chacun de ces domaines doit être revu à la lumière du COVID, afin d'anticiper les risques d'un nouveau confinement.

Existent-ils des réalisations, des initiatives qui pourraient servir d'exemples, de source d'inspiration pour adapter nos villes, notre espace public, nos habitats à ces mesures?

De nombreuses initiatives ont été menées dans l'urgence, et doivent être encore analysées avec plus de recul pour réellement évaluer leur impact. Par exemple, le nombre de vélos dans nos villes a explosé durant le confinement, et beaucoup de personnes disent vouloir poursuivre de se déplacer à vélo ou à pied. Des villes comme Milan ou New York se sont engagées dans les prochains mois à aménager des dizaines de kilomètres d'espaces réservés à la mobilité douce (en adaptant des voies de circulation automobile), afin de voir si les gens adaptent réellement leur mobilité, et en fonction des résultats des phases test, de vraies infrastructures durables pourraient voir le jour.

Le centre ville de Milan s'adapte à l'engouement et la nécessite du vélo, Getty Images
Le centre ville de Milan s'adapte à l'engouement et la nécessite du vélo © Getty Images

Parmi les acteurs économiques les plus fortement impactés, les petits producteurs agricoles, qui du jour au lendemain ont perdu la possibilité d'écouler leurs produits. De nombreuses initiatives ont vu le jour, telles que The Food Box à Groningen (Pays Bas), un marché local qui s'est réuni avec une plateforme en ligne pour assurer la distribution quotidienne de produits locaux et de saison directement au consommateur.

Toujours dans l'alimentaire, une conséquence importante du COVID a été l'explosion de la demande de plastique à usage unique, principalement sous forme d'emballages pour la livraison de produits et d'aliments à domicile. Il existe depuis longtemps en Belgique des solutions d'emballages réutilisables dans les commerces (par exemple Tiffin), mais les systèmes de gestion de ces emballages restent complexes, car ils nécessitent une logistique pour leur retour et lavage. Le rôle du designer, outre la conception de l'emballage, pourrait être d'imaginer le système de gestion de ces emballages, qu'il soit à la fois économique et facile à utiliser tant par le consommateur que par le restaurateur.

The Food Box à Groningen, DR
The Food Box à Groningen © DR

En réponse aux difficultés en approvisionnement de masques sanitaires, plusieurs initiatives intéressantes ont vu le jour: En Belgique, l'entreprise Weimat, active dans le moulage plastique, a développé des masques durables pouvant être désinfectés sans lavage ce qui en facilite l'usage, il suffit de changer le filtre et désinfecter le masque pour le réutiliser.

Masque réutilisable Weimat, DR
Masque réutilisable Weimat © DR

Toujours dans ce domaine, l'entreprise Décathlon a provisoirement retiré de la vente publique ses masques de plongée Easybreath, car il permet de répondre aux besoins de masques des aides-soignants ou, moyennant un adaptateur imprimé en 3D, être branché sur un respirateur pour les patients.

Afin d'éviter de rentrer en contact avec des surfaces contaminées, plusieurs outils ont été conçus pour faciliter les mouvements de tous les jours. La COVID Key en est un exemple, permettant d'ouvrir et de fermer des portes, pousser des boutons, ou encore porter un sac de courses sans contact.

Le monde est en profonde mutation. Les enjeux sociaux, économiques, de santé publique, ou encore écologiques deviennent de plus en plus pressants, et nous devrons faire preuve d'innovation et de créativité pour trouver des manières de les appréhender. La pensée design, réunissant différentes expertises autour d'une approche profondément empathique, est un puissant outil, centré sur le comportement humain, afin de proposer des solutions justes et durables pour des modes de vie plus résilients.

Propos recueillis par Aurélie Wehrlin

Pour en savoir plus sur le Master en Design d'Innovation Sociale de l'ESA Saint Luc à Bruxelles, unique en son genre en Belgique

Pour en savoir plus sur le design d'innovation sociale et les accompagnements d'organisations, rendez-vous sur www.innovaterra.eu

La crise du COVID, et surtout les mesures de confinement et la paralysie économique qui en ont découlé, nous ont fait prendre conscience de la fragilité de nos systèmes économique et social globalisés. Nous consommons sans hésiter des produits qui proviennent de l'autre bout de la planète, sans nous rendre compte de la logistique complexe et de l'impact écologique que cela implique ; nous n'hésitons pas à voyager à travers le monde, parfois à des prix dérisoires, pour le plaisir ou pour le travail ; nous vivons un rythme de vie effréné axé autour du "toujours plus": travailler plus pour gagner plus pour consommer plus.En temps normaux, le système est bien rôdé et marche généralement bien, nous permettant même de consommer des produits frais ayant parcouru des milliers de kilomètres avant de parvenir à nos assiettes, nos verres ou encore nos vases. Mais en temps de crise, et nous l'avons vu avec les difficultés à obtenir des masques sanitaires, une logistique si complexe a du mal à s'adapter rapidement.Mais quel lien avec le design ? Il est avant tout important de souligner que le design, trop souvent associé à la création simple d'objets esthétiquement épurés et souvent chers, est plus globalement un métier de conception de solutions en réponse à des besoins humains. Des objets, des aménagements d'espaces, des services, de l'information, de la sensibilisation pour encourager un changement de comportement... conçus pour être à la fois techniquement réalisables, financièrement viables, et humainement désirables. A cela peut s'ajouter un design (environnementalement et socialement) responsable, qui émerge avec les mouvements d'écodesign et de design d'innovation sociale.Les designers ont dû aborder la crise du COVID tout d'abord dans l'urgence, à concevoir des objets permettant aux citoyens ou au personnel soignant de se protéger, mais aussi à concevoir des communications permettant de sensibiliser et surtout d'influencer les comportements des personnes d'une manière exceptionnelle, ou encore d'aménager des espaces publics permettant la distanciation sociale.Mais aussi, le design devra nous aider à réinventer le monde d'après. Beaucoup de citoyens se disent déterminés à continuer un mode de consommation plus sobre, plus local, de travailler plus régulièrement de chez soi, de se recentrer plus sur les contacts humains. Comment allons-nous concevoir les objets, les espaces, les moyens de travailler, de communiquer, de se déplacer nous permettant de préserver ce mode de vie ? Le design nous aidera aussi à mieux nous préparer à des crises semblables qui sans aucun doute reviendront bouleverser nos vies. Comment pourrons nous être plus résilients, et plus à même de gérer des confinements à l'avenir en minimisant leur impact sur nos vies, sur nos économies, sur notre santé physique et mentale du fait de la distanciation sociale ?Absolument, c'est dans les moments de crise, de contrainte et d'inconfort que notre créativité est exacerbée. Nous avons dû radicalement adapter nos comportements dans l'urgence : garder nos distances, nous déplacer autrement, sans cesse nous protéger du virus, mais aussi apprendre à travailler et occuper nos loisirs autrement en étant confinés, gérer le stress et la méfiance de la maladie. Les opportunités pour le design sont innombrables afin d'aider les personnes et les organisations à repenser leurs manières de faire. Et il s'agit de concevoir des solutions qui s'adaptent au comportement des gens. Le Design Centré sur l'Humain (Human-Centred Design en anglais) reconnaît qu'il faut prendre en compte que font les gens, pas juste ce qu'ils disent qu'ils font. Par exemple les gens disent qu'ils lavent leurs masques et changent de filtre toutes les 3 heures, mais en réalité le font-ils tous? Le designer va chercher à trouver des solutions ergonomiques, faciles à mettre en oeuvre, pour nous assurer que le comportement préconisé soit également celui qui sera le plus facile à adopter. Dans le Master en Design d'Innovation Sociale que j'enseigne à l'ESA Saint Luc Bruxelles (premier master en son genre en Belgique), nos étudiants ont travaillé à distance sur des projets en lien avec le COVID, à identifier des opportunités d'innovation répondant aux besoins des gens : comment aider les gens à poursuivre des comportements plus résilients après le confinement, comment valoriser l'ennui chez les enfants de 7 à 12 ans, comment mieux faire respecter la distanciation sociale dans les supermarchés, comment créer des activités sociales estivales respectant les mesures de confinement ? Voici quelques questions que nos étudiants ont choisi d'aborder en équipes pluridisciplinaires, en appliquant la Pensée Design profondément empathique et centrée sur l'usager. La Pensée Design est une approche systémique qui réunit différentes disciplines. L'hygiène par exemple est certes un problème médical, mais doit être abordé aussi par une approche sociale, architecturale, économique, culturelle. Cette approche réunira des experts de différentes disciplines : psychologues, médecins, designers, architectes d'intérieur, urbanistes, éducateurs ou encore ingénieurs aborderont ensemble la problématique à partir de perspectives différentes, afin de trouver des solutions justes et utiles pour y répondre.Certains souhaiterons aller vers des modes de vie plus sobres, d'autres voudront reprendre tout comme avant, le design a son rôle à jouer dans toutes ces dynamiques.Les grands enjeux seront de proposer des services, des objets ou encore des aménagements d'espaces dans les espaces publics et en ville, permettant de préserver le lien social et le confort de vie auquel nous sommes accoutumés tout en nous permettant de nous protéger au besoin. Ces enjeux nous affecteront dans tous les domaines : alimentation, mobilité, divertissement, voyages, travail, santé, sports, culture, la liste est longue ! Chacun de ces domaines doit être revu à la lumière du COVID, afin d'anticiper les risques d'un nouveau confinement.De nombreuses initiatives ont été menées dans l'urgence, et doivent être encore analysées avec plus de recul pour réellement évaluer leur impact. Par exemple, le nombre de vélos dans nos villes a explosé durant le confinement, et beaucoup de personnes disent vouloir poursuivre de se déplacer à vélo ou à pied. Des villes comme Milan ou New York se sont engagées dans les prochains mois à aménager des dizaines de kilomètres d'espaces réservés à la mobilité douce (en adaptant des voies de circulation automobile), afin de voir si les gens adaptent réellement leur mobilité, et en fonction des résultats des phases test, de vraies infrastructures durables pourraient voir le jour.Parmi les acteurs économiques les plus fortement impactés, les petits producteurs agricoles, qui du jour au lendemain ont perdu la possibilité d'écouler leurs produits. De nombreuses initiatives ont vu le jour, telles que The Food Box à Groningen (Pays Bas), un marché local qui s'est réuni avec une plateforme en ligne pour assurer la distribution quotidienne de produits locaux et de saison directement au consommateur.Toujours dans l'alimentaire, une conséquence importante du COVID a été l'explosion de la demande de plastique à usage unique, principalement sous forme d'emballages pour la livraison de produits et d'aliments à domicile. Il existe depuis longtemps en Belgique des solutions d'emballages réutilisables dans les commerces (par exemple Tiffin), mais les systèmes de gestion de ces emballages restent complexes, car ils nécessitent une logistique pour leur retour et lavage. Le rôle du designer, outre la conception de l'emballage, pourrait être d'imaginer le système de gestion de ces emballages, qu'il soit à la fois économique et facile à utiliser tant par le consommateur que par le restaurateur.En réponse aux difficultés en approvisionnement de masques sanitaires, plusieurs initiatives intéressantes ont vu le jour: En Belgique, l'entreprise Weimat, active dans le moulage plastique, a développé des masques durables pouvant être désinfectés sans lavage ce qui en facilite l'usage, il suffit de changer le filtre et désinfecter le masque pour le réutiliser.Toujours dans ce domaine, l'entreprise Décathlon a provisoirement retiré de la vente publique ses masques de plongée Easybreath, car il permet de répondre aux besoins de masques des aides-soignants ou, moyennant un adaptateur imprimé en 3D, être branché sur un respirateur pour les patients. Afin d'éviter de rentrer en contact avec des surfaces contaminées, plusieurs outils ont été conçus pour faciliter les mouvements de tous les jours. La COVID Key en est un exemple, permettant d'ouvrir et de fermer des portes, pousser des boutons, ou encore porter un sac de courses sans contact.Le monde est en profonde mutation. Les enjeux sociaux, économiques, de santé publique, ou encore écologiques deviennent de plus en plus pressants, et nous devrons faire preuve d'innovation et de créativité pour trouver des manières de les appréhender. La pensée design, réunissant différentes expertises autour d'une approche profondément empathique, est un puissant outil, centré sur le comportement humain, afin de proposer des solutions justes et durables pour des modes de vie plus résilients.Propos recueillis par Aurélie Wehrlin