L'Emilie-Romagne, dans l'Italie du Nord, ne se résume pas à sa richesse. Au travers de mets exquis tels que le jambon de Parme, le vinaigre balsamique di Modena, le parmesan ou encore le vin lambrusco, la région s'illustre comme l'eldorado de la gastronomie italienne. Ajoutez-y des collines verdoyantes et vous comprendrez pourquoi de nombreux citadins choisissent cet endroit pour échapper à la frénésie de la ville.
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L'Emilie-Romagne, dans l'Italie du Nord, ne se résume pas à sa richesse. Au travers de mets exquis tels que le jambon de Parme, le vinaigre balsamique di Modena, le parmesan ou encore le vin lambrusco, la région s'illustre comme l'eldorado de la gastronomie italienne. Ajoutez-y des collines verdoyantes et vous comprendrez pourquoi de nombreux citadins choisissent cet endroit pour échapper à la frénésie de la ville. Valentina Donini, responsable d'un grand bureau de communication à Milan, en fait partie. "A l'origine, j'étais à la recherche d'une petite ferme rustique ou d'une ancienne maison de campagne. Finalement, je suis tombée amoureuse de ce lopin de terre", raconte-t-elle en contemplant la plaine du Pô dans le Val Tidone, accompagnée de l'un de ses chiens. Elle a troqué son projet initial de rénovation contre un concept de nouvelle construction, confié à Geert Koster, un architecte néerlandais. "Je désirais une version contemporaine des granges rurales caractéristiques de la région. La vaste façade est un des exemples typiques de l'architecture locale. Néanmoins, les matériaux ainsi que le volume élancé de la maison la rendent très moderne." Elle ne le cache pas: Valentina refusait catégoriquement un look "tout-en-briques" pour sa résidence secondaire. De même pour les murs plâtrés. Elle aspirait davantage à une alternative contemporaine qui permettrait à la maison de se fondre dans le paysage. "C'est pourquoi nous avons choisi de recouvrir l'extérieur de bois de mélèze naturel, traditionnellement utilisé pour les refuges de montagne. Non seulement le bois offre une isolation supplémentaire, mais il ne nécessite aucun entretien et grisonne en vieillissant", indique l'architecte qui s'est établi à Milan il y a trente ans. Une fois les volets fermés, la bâtisse devient un bloc homogène. A l'intérieur, règne une atmosphère sereine, semblable à l'ambiance d'une galerie ou d'un lieu de silence. L'axe ouvert qui traverse la maison y contribue. A l'une des extrémités, une fenêtre offre une vue exceptionnelle sur l'ancien clocher du village voisin de Pieve. Dans ce projet, aucune place n'est laissée à l'excès. On retrouve uniquement des meubles et objets sélectionnés avec soin, dont des créations d'Antonio Citterio pour Flexform. "Le choix du design italien était indéniable", explique Valentina, dont l'entreprise s'occupe quotidiennement de mode et de décoration intérieure. A Milan, elle possède une collection d'art contemporain avec, entre autres, des oeuvres de Gabriele Basilico et Luisa Lambri. "Cela fait partie de mon ADN", ajoute-t-elle.Il en va de même de l'hospitalité; Valentina adore recevoir ses amis et sa famille. "Je voulais absolument une grande cuisine avec une longue table à manger et une cheminée au coeur de la maison. En été, les grandes fenêtres s'ouvrent et nous agrandissons l'espace avec la terrasse qui donne sur la vallée. Nous avons également prévu des chambres d'hôtes. Chacune donne sur le jardin sauvage qu'Antonio Perazzi a créé."L'architecte paysagiste, qui a fait ses armes dans la capitale lombarde et au Royal Botanical Garden de Londres, aime explorer la frontière entre la nature et le design. Pour obtenir ce qui semble à première vue être un paysage intact, il a orchestré 120 graminées, arbustes, arbres fruitiers et ornementaux en tous genres, dont le grand roseau, les asters, les roses trémières, un abricotier et un arbre Paulowna. Selon Valentina Donini, la nature doit toujours être la priorité. C'est pourquoi sa résidence secondaire est également devenue une tentative de durabilité. De l'orientation du bâtiment afin de profiter au maximum de la lumière du soleil à la cuisine en bois recyclé, en passant par le système de chauffage et de refroidissement géothermique, sans oublier le potager biodynamique que son ami a planté lui-même. En plus des herbes traditionnelles, ils y cultivent des tomates vertes, des courgettes, des aubergines, des concombres, des poivrons et des piments. "A partir de la fin du printemps, et tout au long de l'été, nous transformerons ces légumes en délicieux plats zéro carbone pour nos convives. Avec les tomates et les concombres, je ferai un minestrone froid, avec les herbes un pesto délicieux accompagné du parmesan du voisinage." De quoi en avoir déjà l'eau à la bouche.