Le Tiny House Movement (mouvement des micromaisons) s'est exporté chez nous depuis les États-Unis et charme de plus en plus de gens. Thomas, sa femme Anne et ses filles Thule et Jutta vivent depuis un an et demi dans leur micromaison, en plein milieu de la campagne en Flandre-Occidentale. "C'est surtout cette liberté qui nous a plu."
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Le Tiny House Movement (mouvement des micromaisons) s'est exporté chez nous depuis les États-Unis et charme de plus en plus de gens. Thomas, sa femme Anne et ses filles Thule et Jutta vivent depuis un an et demi dans leur micromaison, en plein milieu de la campagne en Flandre-Occidentale. "C'est surtout cette liberté qui nous a plu.""Il faut s'habituer à la petite surface, mais nous trouvons cela génial et nous nous y sentons bien" explique Thomas. "Lorsque Thule avait quatre mois, nous avons décidé de quitter nos emplois et notre appartement pour partir faire un voyage en vélo. Nous verrions bien ce que l'avenir nous réserverait. À la fin de l'été, nous sommes tombés sur un article qui nous a donné l'idée de vivre dans une micromaison. Nous avions besoin d'un toit et nous voulions être propriétaires."Tout allait très vite. En septembre, Thomas et Anne ont créé leur projet, puis ont conclu un contrat avec Tiny House Belgium pour la construction de la structure. L'opération a eu lieu pendant les trois premiers mois de 2017. En mars, l'extérieur était prêt. Ils ont eux-mêmes achevé tout l'intérieur. En tout, cet intérieur complet et fonctionnel de 15 mètres carrés leur a coûté 37 000 euros. S'ils avaient comptabilisé leurs propres heures, le prix total aurait été de plus ou moins 55 000 euros.Zone griseThomas et Anne ne savent pas où l'avenir les mènera. C'est pourquoi le côté mobile de leur micromaison les attirait énormément. "Nous pouvons l'emmener partout. Toutes les options sont ouvertes" affirme Anne.En Belgique, la législation sur les logements n'est malheureusement pas adaptée aux micromaisons. De ce fait, il est difficile de vivre légalement dedans. Ces petites maisons ne respectent pas souvent les dimensions minimums requises et il est interdit d'élire domicile dans une structure mobile. Thomas et Anne n'échappent pas non plus aux règles. "Nous vivons dans le jardin de nos amis et nous vivons officiellement à l'adresse de nos parents", explique Anne. "Nous pouvons juste espérer que tout ira bien jusqu'à ce que la loi soit adaptée. Le gouvernement travaille avec acharnement sur de nouvelles formes de logement et se montre favorable aux pionniers. Nous désirons collaborer avec lui en partageant notre expérience, jusqu'à ce qu'une nouvelle législation soit adoptée."Avantageux pour le portefeuille et l'environnement"Nous avons isolé la maison avec de la laine de mouton" raconte Thomas. "Elle coûte plus cher que l'isolation traditionnelle, mais elle est entièrement écologique. Notre façade extérieure a été construite avec du bois scandinave traité thermiquement. Nous avons uniquement utilisé de la peinture et des huiles naturelles. La cuisinière et l'évier ont été chinés. L'environnement a toujours été important pour nous. C'est certainement l'une des raisons qui nous a donné envie de vivre dans un plus petit espace." Thomas et Anne sont connectés au réseau électrique via les panneaux solaires de leur famille d'accueil. Néanmoins ils essayent de moins consommer. Le couple estime payer la moitié environ de ce qu'une famille comme la leur consomme traditionnellement. Et ce alors qu'ils se chauffent à l'électricité. "Nous voyons même une différence énorme en matière de consommation d'eau" ajoute Thomas. "Nous prenons des douches plus courtes et nous nous lavons seulement deux à trois fois par semaine. Nous utilisons également de l'eau de pluie récoltée dans le jardin. Grâce à cela, nous avons à peine besoin d'eau courante.La famille a également opté pour le système de toilettes à compost le plus simple : un seau et de la sciure qu'ils vident dans le tas de compost. Ils se servent uniquement de savons écologiques et l'eau sale est d'abord filtrée avant de pénétrer dans le sol. C'est aussi simple que cela. "Lorsque nous vivons encore dans notre appartement, nous essayions de produire le moins de déchets possible. Mais dans notre petite habitation, c'est devenu une nécessité.", indique Anne. "Nous pouvons simplement moins acheter. Au vu de notre espace de rangement limité, nous n'avons que quatre tenues dans notre armoire. Nous ne pouvons rien mettre de plus. L'avantage d'une petite habitation reste également le temps de rangement beaucoup plus rapide. Il n'y a pas beaucoup de nettoyage non plus."Profiter de la vie sans culpabiliser"En vivant ici, nous disposons d'une maison mobile située dans une nature qui nous appartient. Nous n'avons pas de dettes et cela fait du bien. Nous avons peu de coûts fixes" explique Thomas. Il travaille comme sous-entrepreneur chez Tiny House Belgium et Anne enseigne dans un centre d'éducation élémentaire. Ils travaillent tous les deux à mi-temps. Ils se déplacent soit en vélo, soit en transports communs. Et s'il le faut vraiment, ils utilisent la voiture de leurs parents."Nous sommes heureux ainsi" dit Anne. "Nous voulons passer du temps ensemble et nous voulons voir nos filles grandir, pas seulement le week-end. Nous aimons travailler, mais il a autre chose dans la vie. Nous avons planté un potager avec les propriétaires du jardin dans lequel nous nous trouvons et nous commençons à planter un jardin-forêt. À côté de cela, nous avons une vie sociale très riche et nous adorons partir en vacances à vélo. Nous avons désormais le temps pour toutes ces activités maintenant que nous vivons dans une micromaison. Est-ce que la famille vivra pour toujours là-bas ? Nous ne le savons pas. "Nous partons du principe que tout va bien pour le moment. Si nous ne nous sentons plus bien à un moment, nous déménagerons" a décidé Anne. "C'est génial d'avoir ce genre de liberté."Quelques conseils pour qui veut vivre dans une petite maison :Le Tiny House Movement est un mouvement social au sein duquel des gens décident de vivre plus simplement et efficacement dans une petite maison. La plupart des adhérents choisissent cette alternative pour des raisons financières, écologiques et pour avoir plus de temps et de liberté. Les Tiny Houses existent sous toutes les formes, dans toutes les tailles et elles sont mobiles. Les habitants ne sont pas sédentaires.