Ce serait lui faire insulte que de le croire mais rien chez Cristóbal Balenciaga (1895-1972) n'était exotique. Ni son enfance à Getaria, dans le pays basque espagnol, ni sa première robe, à 12 ans, pour la marquise de Casa Torres, ni sa vision enracinée dans sa terre de lumière, torero et flamenco compris, ni son appétence infinie pour les oeuvres de Goya, El Greco, Zurbarán, Velázquez et Zuloaga. Car le couturier visionnaire eut l'art de transcender son essence pour créer une garde-robe intemporelle, universelle et tout à la fois singulière où l'austérité s'additionne aux justes proportions, à l'innovation, à la cohérence, à la perfection et au confort, ne jamais dédaigner ce point ultime.
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