BARE Fine Jewelry
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En 2017, l'Anversois Dries Criel lançait sa marque de joaillerie haut de gamme, BARE Fine Jewelry. En un peu plus de deux ans, ses créations architecturales et faites à la main ont séduit les plus grands, d'Oscar and the Wolf à Lady Gaga. Pourquoi avez-vous décidé de créer votre propre label ?"Depuis tout petit, je suis fasciné par la joaillerie, son savoir-faire, son utilisation des pierres et des métaux précieux, son côté éternel, sa capacité à renfermer tout un tas de souvenirs et à exprimer la personnalité de ceux qui la portent. Mais j'en avais une vision di?érente de celle des autres maisons, trop classiques à mon goût. J'avais soif de créations fortes, modernes et un peu rock and roll. Je désirais également m'adresser à ma génération et aux suivantes. D'ailleurs, c'est l'une des raisons pour laquelle mes bijoux sont unisexes. Il est essentiel de respecter les évolutions de la société et de rester bien ancré dans le présent."BARE Fine Jewelry est une marque toute jeune, un peu confidentielle..."Oui, actuellement, j'ai surtout des clients belges. J'en ai aussi au Canada, en France, au Maroc et -- c'est tout récent -- en Angleterre. En effet, depuis le début du mois de mars, mes créations sont vendues chez Harrods, à Londres. C'est un véritable honneur ! Évidemment, je veux développer mon enseigne davantage, la rendre encore plus internationale. Mais pas n'importe comment ! Je tiens à la faire grandir dans les magasins adéquats pour atteindre les bonnes personnes. Il m'importe énormément que l'histoire soit racontée correctement. C'est mon objectif principal."Lady Gaga elle-même porte l'une de vos réalisations. Pouvez-vous nous en dire plus ?"Un jour, j'ai rencontré son styliste -- qui est belge --, à Anvers. Et je portais l'une de mes bagues, une pièce reversible qui fait partie de l'une de mes collections. Il l'a tout de suite adorée et en a acheté une pour lui. Ensuite, Lady Gaga l'a vue et il en a commandé une autre... pour elle, cette fois ! Et, depuis, elle la porte très souvent. Je ne m'attendais pas du tout au fait qu'elle allait autant soutenir mon travail. J'espère collaborer à nouveau avec elle mais, à ce propos, je ne peux rien con?rmer ou in?rmer (rires)."bare-jewelry.comSur les conseils d'un professeur qu'ils ont eu en commun, Sébastien Lambricht, 29 ans, fort d'une experience de 10 ans dans le domaine de l'horlogerie, et Bernard Van Ormelingen, 21 ans, jeune prodige du guillochage (technique de gravure ancestrale, très complexe et répétitive), se rencontrent. Tout de suite, c'est le coup de foudre professionnel. Les deux hommes partagent la même vision, le même amour du travail bien fait. Ensemble, ils remasterisent de vieux mouvements et s'amusent à placer de nouveaux cadrans sur des garde-temps vintage. Un jour, ils se lancent le pari un peu fou de confectionner une montre, de A à Z. Le premier s'occupera de la conception et de l'assemblage ; le second, de décorer les cadrans. Grâce à leurs contacts professionnels et, surtout, à leur persévérance, leur marque de haute horlogerie, Van Bricht -- contraction de leurs deux noms -- voit le jour, à la ?n de l'année 2019. "Nous voulions créer un objet hors du commun qui fait la part belle au fait-main et à l'artisanat, explique Sébastien Lambricht. Le luxe ne se compte pas en carats d'or et de diamant. C'est avant tout la passion, l'attention particulière et les heures de boulot que l'on met dans un artefact." Pour se lancer, le binôme donne naissance à leur premier bébé : la Old Mind, une montre tourbillon monochrome limitée à 25 exemplaires, impressionnante de complexité et dont l'embellissement a été poussé jusqu'à son paroxysme. Chi?rée à 45 000 euros, la pièce nécessite entre six à huit mois de travail. "Le guillochage, par exemple, peut tout à fait prendre huit heures ou vingt-cinq. Non seulement, c'est un art qui nécessite beaucoup de calculs mais, en plus, son résultat dépend de beaucoup de facteurs extérieurs. En effet, si le taux d'humidité est trop élevé ou si une poussière se dépose sur le matériau gravé, il faut tout recommencer depuis le début. Aussi, il est nécessaire de souligner qu'aucune concession sur la qualité n'a été faite : les composants fonctionnels sont presque tous suisses, les bracelets sur-mesure en cuir de Kudu sont italiens... Nous y tenions tout particulièrement." Pour l'instant Van Bricht séduit surtout aux États-Unis, en Chine, à Gibraltar et en Russie. Mais les deux fondateurs ne désespèrent pas d'ajouter, prochainement, des Belges à la liste de leurs clients. "Cela serait notre plus beau cadeau, notre meilleure représentation", conclut Sébastien.vanbricht.comEn 2015, Ludovic Elens, 33 ans, ouvrait sa boutique au Sablon et se lançait dans l'aventure de la haute lunetterie en vendant des montures réalisées sur-mesure. Cette année, l'artisan lunetier présente sa toute première collection de prêt-à-porter : douze lunettes de vue et solaires, conçues à la main, en Belgique et... en corne de bu?e. Cette matière noble impose une réelle expertise de par son imprévisibilité lorsqu'on la travaille. En résulte des pièces empreintes d'un certain standing que Ludovic préfère quali?er de 'haut de gamme' plutôt que de 'luxe'. "Ce mot me fait plus penser à des marques issues de grands groupes où la créativité et le savoir-faire ont laissé la place au rendement et à la publicité. Personnellement, j'accorde le temps qu'il faut à chaque client, à chaque réalisation. C'est en pensant à la personne qui va porter mes créations que je rajoute une âme à l'objet."lunetierludovic.beL'horloger Bernard Julémont a débuté sa carrière chez IWC-Porsche Design en 1992. Son expérience l'aide aujourd'hui à secouer le monde de l'horlogerie de luxe."De nos jours, la fabrication suisse n'est plus un must dans le secteur. Au contraire, même, puisque cela représente un surcoût conséquent, juste pour une question d'image", affirme Bernard Julémont. Pour sa seconde marque (après sa première start-up Raidillon, dont il est resté le CEO jusqu'en 2014), il a donc décidé d'adopter une approche différente, avec des montres mécaniques automatiques reposant sur un mécanisme japonais et assemblées en Italie. Les premiers modèles sont disponibles depuis mi-février."Les consommateurs actuels connaissent beaucoup mieux le marché de l'horlogerie et les frais de production réels", explique-t-il. "Ils sont nombreux à avoir conscience que les marques établies pratiquent des prix complètement absurdes. En plus, ces produits ne sont plus les symboles de prestige exclusifs d'autrefois, puisqu'un public beaucoup plus large peut aujourd'hui se permettre une montre de luxe accessible." Sa Dôme est proposée à 1800 euros, "un prix équitable pour une montre de haute qualité en acier, réalisée en séries limitées de 100 exemplaires par cadran".Le design est original et bien reconnaissable, avec une élégante forme en tonneau, un verre bombé en saphir et une découpe en arc de cercle en haut du cadran qui accentue la réserve de marche du mécanisme. L'horloger cible ici en première instance un public d'amateurs de design et de consommateurs "en quête d'autre chose". "C'est un marché qui n'a pour ainsi dire pas été exploité au cours des quinze dernières années. Les maisons traditionnelles ont tendance à ne pas prendre de risques, ce qui signifie qu'elles se bornent souvent à recycler ce qu'elles ont déjà fait dans le passé et que nombre de marques proposent des modèles quasi interchangeables. Si on veut vraiment du nouveau, il faut se tourner vers des micromarques comme MB&F et Urwerk."L'idée était à la base de financer la marque par crowdfunding, mais Bernard Julémont y a finalement renoncé. "Cela suppose en effet de pouvoir proposer ensuite un prix de souscription avantageux aux sponsors, ce qui est délicat lorsqu'on s'appuie sur des commerces de détail... et ceux-ci restent particulièrement importants pour des produits techniques comme les montres mécaniques. Les marques disponibles uniquement en ligne survivent rarement sur le long terme."julemont-watches.com