"Nous vivons de plus en plus dans une société du tout-à-jeter. Lorsque vous achetez des chaussures en ligne pour environ 50 euros, vous ne prenez plus la peine de les faire réparer. Ainsi, il n'y a que des perdants: les cordonniers, les magasins de chaussures - qui vendent des chaussures un peu plus chères mais plus solides - et l'environnement", lance Christine Mattheeuws, la présidente du SNI.

Résultat, le nombre de cordonniers a fondu comme un sorbet au soleil. Ils sont passés de 252 en 2008 à 192 en 2017 en région wallonne; de 85 à 64 à Bruxelles (soit une diminution de 25% en 10 ans), et de 468 à 374 en Flandre, ressort-il des statistiques du SPF Économie.

D'autres raisons expliquent encore la disparition progressive de ces artisans. D'abord le manque de formation et d'attrait pour le métier. "Cette profession est à peine enseignée et, de ce fait, aucun suivi n'est assuré par une personne disposant des connaissances nécessaires", selon le SNI. Puis, l'image de marque des cordonniers s'est dégradée; une profession vue comme "vieillissante", pas très "branchée" du côté des jeunes, enchaîne le SNI.

Enfin, les cordonniers, eux-mêmes ont un peu loupé le coche, en négligeant les chaussures sportives, or les "sneakers" ont le vent en poupe.

Selon le SNI, il faut donc prendre des mesures. "Pour le moment, le débat climatique est prépondérant et la durabilité est importante dans ce domaine. Donc, au lieu de jeter des chaussures, réparons-les pour réduire la montagne de déchets", ponctue Christine Mattheeuws.

Le SNI plaide en faveur d'une plus grande promotion de la profession, par le biais de différentes campagnes d'artisanat et la mise en place de nouvelles formations.