Il parle à feu doux, avec ses mains beaucoup, comme s'il pouvait faire surgir les images, la matière, le sous-texte des concepts que son chat, Jacques, dédaigne voluptueusement. Si le félidé répond à ce nom-là, c'est à cause de Jacques Derrida, l'ami philosophe, et si lui, Frédérick Denis, s'est offert un k pour enjoliver son prénom qu'il trouvait également "super banal", c'est la faute à son homonyme organiste et aux multiples confusions que lui valut ce partage hasardeux. Il aurait pourtant été musicien avec ravissement, ou mieux, gardien de foot à Venise, parce qu'à 10 ans, en 1982, il était fan total de Dino Zoff, vainqueur de la Coupe du monde, et qu'à la maison, "on écoutait Vivaldi". En lieu et place, il étudia l'histoire de l'art à Liège avant de filer à Londres, qui l'aimantait, pour un bachelor en Fashion Design à Central Saint Martins. Il n'oubliera pas le goût de la liberté apprise là, "celle de pouvoir faire ce que l'on voulait et de chois...