On a vu sur les catwalks une nouvelle énergie, qui pourrait ressembler à un renversement de vapeur, arguments marketing à l'appui. La mode, industrie polluante s'il en est, se regarde dans le blanc des yeux et tente de transformer le modèle qui s'est emballé depuis la création du prêt-à-porter, quand la haute couture vivait ses derniers flamboiements. Cela date de l'après-guerre (la deuxième), qui sonna le glas des garde-robes saisonnières pour lesquelles, deux fois par an, les femmes demandaient à leur couturière de quartier de copier, avec plus ou moins de talent, les créations des maisons parisiennes. On connaît la suite, avec l'engouement pour une consommation toujours plus effrénée et l'apparition de la fast fashion. Or le monde a changé, les consommateurs demandent désormais des comptes et exigent de concilier désirabilité et durabilité. L'éco-responsabilité est devenue tendance, de même l'éthique et le développement durable. Les acteurs du luxe et les grandes griffes n'ignorent pas qu'elles ne peuvent faire l'impasse sur un discours teinté de vert. Rien de neuf, certes, mais lors de ces Fashion Weeks annonçant le printemps-été 20, à l'heure où Greta Thunberg osait son "Comment osez-vous?" devant l'honorable assemblée onusienne, le moindre geste écologique était partagé.
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