Une invitation carrée, dorée et bleue avec les 5 lettres dont deux "a" comme un sésame pour entrer chez Prada, dans sa Fondation, conçue par le studio d'architecture OMA dirigé par Rem Koolhaas, qui entend élargir " le répertoire de types spatiaux dans lesquels l'art peut être exposé et partagé avec le public ".

© Prada
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Dans cette ancienne distillerie de la Via Lorenzini à Milan, en une interaction avec la ville, la mode et le devenir de l'Italie, Miuccia Prada invite à découvrir son printemps-été 20. Pour ce faire, elle a laissé les contrastes s'emparer du lieu : au sol, un labyrinthe géométrique de carrelages brillants, allant du vert sapin au blanc, en passant par le rose et le noir, le jaune et le brun, et pour soutenir la toiture industrielle, six imposantes colonnes recouvertes d'or.

Dans ce décor simplement beau, des silhouettes qui disent l'esthétique chère à la créatrice italienne - une féminité stricte, dénuée de show off, normal, elle l'a titrée " Un style ", sans plus d'apprêt. Soit une réduction à ce qu'est son essence, "un antidote à la complexité". Ce qui n'enlève en rien la subtilité. Ni les références, mâtinées d'inspirations venues des années 20, 70 et 90, on ne se refait pas; ici, un chapeau de pêcheur, là une robe que l'on dirait nuisette, plus loin, une veste extrêmement tailorée avec gros boutons de nacre, des sacs tout azimut, de la soie légère, du velours dévoré, du cuir brodé, une feuille de fougère stylisée en broderie et parfois de l'or, en touche ou en total look, comme " une ponctuation contraire ", voire " une interruption ".

Prada SS20 © Prada
Prada SS20 © Prada
Prada SS20 © Prada
Prada SS20 © Prada
Prada SS20 © Prada
Prada SS20 © Prada

Miuccia Prada n'a jamais craint d'aliéner les codes, proposant un vestiaire qui pourrait être classique s'il n'était visionnaire, mais on peut également être les deux de concert. Son élégance intellectuelle, depuis plus de trente ans, ouvre la voie à une silhouette pensée par une femme pour les femmes. Tout est politique.