"Plus que jamais, il est l'heure de fédérer nos forces", répète Elke Timmerman, directrice du Mad Lab + au MAD Brussels, plate-forme bruxelloise d'expertise dans le secteur de la mode et du design. Elle n'ignore pas qu'il est plus que temps d'être créatif. "Il faut aller vers un modèle plus durable pour les entrepreneurs et les consommateurs, lesquels ont la possibilité de réfléchir à leur comportement d'achat et de poser des choix." Alors en un trio noir-jaune-rouge, aux côtés de Flanders District of Creativity et de Wallonie Bruxelles Design Mode, il a été décidé d'encourager à consommer local, de soutenir nos labels, sans chauvinisme exacerbé, et d'inten...

"Plus que jamais, il est l'heure de fédérer nos forces", répète Elke Timmerman, directrice du Mad Lab + au MAD Brussels, plate-forme bruxelloise d'expertise dans le secteur de la mode et du design. Elle n'ignore pas qu'il est plus que temps d'être créatif. "Il faut aller vers un modèle plus durable pour les entrepreneurs et les consommateurs, lesquels ont la possibilité de réfléchir à leur comportement d'achat et de poser des choix." Alors en un trio noir-jaune-rouge, aux côtés de Flanders District of Creativity et de Wallonie Bruxelles Design Mode, il a été décidé d'encourager à consommer local, de soutenir nos labels, sans chauvinisme exacerbé, et d'intensifier une campagne baptisée #Jachètebelge/Ikkoopbelgisch. Ce hashtag existe en réalité depuis 2015 et renvoie à un répertoire de boutiques en ligne où l'on retrouve par ordre alphabétique des entrepreneurs d'ici, actifs dans la mode, le design et d'autres secteurs créatifs. "Il est important de penser belge, rappelle Sophie Pay, Project Manager, Flanders DC. Il ne faut pas oublier qu'en mode, c'est un atout, nos marques sont connues pour leur qualité, aussi bien au niveau des matières et de la production que de la création." Et Laure Capitani, coordinatrice de Wallonie Bruxelles Design Mode de renchérir: "La volonté est d'élargir le message et d'insister sur cette qualité. C'est plus pertinent que jamais d'aider l'économie locale. Et c'est aussi le moment pour les marques que nous soutenons de booster leur communication en ligne... Même si on sait que les gens n'ont aujourd'hui pas vraiment le coeur d'acheter autre chose que le nécessaire." La question des soldes était également une source de préoccupation pour le secteur de la mode. Alors, dès mars dernier, et sous la houlette de l'organisation flamande des détaillants Mode Unie, il demandait de reporter cette période de ristournes. "Lorsque nous pourrons rouvrir les magasins, avait analysé Peter Perquy, PDG de Terre Bleue et intrôné porte-parole, nous savons que certains grands détaillants et acteurs en ligne seront enclins à vendre autant de marchandises que possible à des prix avantageux pour se débarrasser des stocks et générer du cash-flow. Il n'en va cependant pas de même pour les marques et boutiques belges: si nous ne pouvons pas vendre nos collections avec une marge à part entière pendant plusieurs mois, nous n'avons pas de réserve financière pour supporter les soldes et pour absorber une partie des pertes." La ministre de l'Emploi, de l'Economie et des Consommateurs Nathalie Muylle (CD&V) et le ministre des Classes Moyennes, des Indépendants et des PME, Denis Ducarme (MR) ont entendu ce "grand cri de détresse". Les soldes seront reportés au mois d'août. Mais pas la période d'attente, ce qui permettra aux grandes chaînes étrangères d'offrir des réductions dès que les boutiques rouvriront. "C'est une occasion manquée de protéger les détaillants de mode indépendants et les PME belges contre les chaînes étrangères et de conserver ainsi la plus-value économique en Belgique", constate-t-on amèrement chez Mode Unie. D'autant que, à l'échelle de la Toile planétaire, ce report pourrait sembler bien insignifiant, les géants du Net ne sont évidemment pas soumis aux mêmes lois. Vous savez désormais ce qu'il vous reste à faire, hashtag local.