Assister à un défilé de mode, c'est toujours partir explorer la terra incognita des inspirations de son créateur. A fortiori quand la collection est dédiée à la Croisière, dénomination joliment surannée rappelant que cette ligne d'entre-saison était à la base destinée aux élégantes fuyant la grisaille de l'hiver pour embarquer sur un navire de luxe, mettant le cap sur le soleil. De leur passé intimement lié aux vacances et à la détente, les silhouettes présentées dans ce que les griffes appellent aujourd'hui "la Cruis...

Assister à un défilé de mode, c'est toujours partir explorer la terra incognita des inspirations de son créateur. A fortiori quand la collection est dédiée à la Croisière, dénomination joliment surannée rappelant que cette ligne d'entre-saison était à la base destinée aux élégantes fuyant la grisaille de l'hiver pour embarquer sur un navire de luxe, mettant le cap sur le soleil. De leur passé intimement lié aux vacances et à la détente, les silhouettes présentées dans ce que les griffes appellent aujourd'hui "la Cruise" ont gardé un côté confortable et facile à vivre, en adéquation avec la vie à bord, mais aussi une certaine sophistication, traduite en robes du soir ou tailleurs à adopter une fois à destination. Le 3 mai en soirée, au Grand Palais, Chanel repoussait encore un peu plus les frontières de l'évasion. C'est en effet l'impressionnante réplique d'un transatlantique du siècle dernier qui servait de décor à la Cruise 18. Après avoir transformé le monument parisien en acropole antique, en banquise, en supermarché géant ou plus récemment en forêt, Karl Lagerfeld y avait amarré La Pausa, paquebot portant la propriété de Mademoiselle dans le sud de la France - et accessoirement d'un nouveau parfum de la maison.Cheminées fumantes, cris des mouettes, doux bruissement des vagues... tout était là pour emmener les spectateurs à l'époque où Coco voguait en compagnie du duc de Westminster. Pourtant, les 86 silhouettes, si elles ne refusaient pas l'un ou l'autre accent rétro - notamment de charmants bérets - n'avaient quant à elles rien de passéiste : jeans troués, corsaires, pantalons à rayures ou sweaters en témoignent. Côté couleurs, ce fameux rose plébiscité par les millenials est massivement représenté, combiné au blanc ou au bleu, vif ou marine. C'est ludique, frais et optimiste, à l'image des vacances ou de la soirée qui a accueilli les invités du show à bord, une fois celui-ci terminé.Une allure nautique revisitée qui avait déjà infusé la collection Métiers d'Arts de la griffe : le 6 décembre dernier, pour le défilé donnant à voir le talent des plumassiers, brodeurs et autres paruriers travaillant pour Chanel, le directeur artistique présentait à l'Elbphilharmonie de Hambourg des cabans, pantalons à ponts et casquettes de matelots. De là à déduire que Capitaine Karl est prêt à prendre le large et céder le gouvernail à Virginie Viard, directrice du studio de création de Chanel ? Depuis près de 30 ans qu'elle interprète les rêves du couturier, c'est en tout cas la première fois qu'elle vient saluer à ses côtés à la fin du show...