Bien sûr, certains sont déjà en train de nous dire "Oui mais de quelle casquette allez-vous donc nous parler ? Du béret? De la gavroche? De la casquette plate ou bombée?" Ce à quoi nous répondrons très simplement : vous verrez bien, mais il est évidemment hors de question de faire de la discrimination.

Le point de départ ? L'an 1571 où, en Angleterre, une étrange loi impose soudainement le port d'un chapeau pour tous les hommes le dimanche... sauf pour les aristocrates. Une façon de distinguer le bas-peuple de la bourgeoisie - comme la société a toujours adoré le faire - et ce avec un élément facilement reconnaissable. Ainsi naît la casquette en tweed, symbole d'une classe populaire qui ne criera jamais au scandale et se contentera de sourire en regardant passer les " riches " qui, eux, se coiffent de chapeaux bien plus raffinés et assortis à leurs costumes parfaitement taillés.

ouvriers s'apprêtant à descendre dans les égoûts de Londres, fin du 19e siècle, Getty Images
ouvriers s'apprêtant à descendre dans les égoûts de Londres, fin du 19e siècle © Getty Images

De la misère à la gloire

Au fil des siècles, la casquette est portée à la fois par les ouvriers et les chefs de train, les portiers ou les chauffeurs. Gustave Flaubert en pose une sur les cheveux du jeune Charles Bovary, tandis qu'Arthur Conan Doyle en greffe une sur la tête de Sherlock Holmes.

Quant à Victor Hugo, il imagine un jour le personnage de Gavroche sans se douter que celui-ci donnera son nom à l'un des couvre-chefs les plus intemporels de la planète. Autant dire que sa reconnaissance est loin d'être gagnée d'avance. Longtemps, ce sont aussi bien les gamins des rues parisiennes que les marchands de journaux des rues... américaines qui se l'approprieront. Tout comme les travailleurs en colère du fameux Front populaire français des années 30.

Jeune marchand de journaux, au coin d'Olive et de la 6e rue, St. Louis, Missouri, USA, photographié par Lewis Hine., Lewis Hine for National Child Labor Committee, Getty Images
Jeune marchand de journaux, au coin d'Olive et de la 6e rue, St. Louis, Missouri, USA, photographié par Lewis Hine. © Lewis Hine for National Child Labor Committee, Getty Images

La casquette monte en grade lorsque les classes aisées se mettent à lui trouver un peu de charme durant leurs escapades à la campagne ou pour pratiquer leurs loisirs extérieurs. Très appréciable, finalement, cette petite visière pour se protéger du soleil lorsqu'on joue au tennis ou au golf.

De leur côté, les militaires russes, anglais ou yankees n'ont aucune gêne à faire de la casquette l'un des éléments phares de leur tenue de combat. Ils en imaginent même plusieurs versions : celles qui vont avec l'uniforme et celles, plus colorées, qui s'assemblent avec n'importe quel apparat de ville lors des permissions. Aussi, dans le courant du XXe siècle, la plupart des armées du globe adoptent la casquette à l'unanimité, et pour cause : elle est quand même vachement plus agréable (et moins lourde) à porter que les képis... ou même les casques.

Officiers de l'Armée de l'air américaine et canadienne, à la base de Goose Bay, dans le Labrador (Canada), 1942, Getty Images
Officiers de l'Armée de l'air américaine et canadienne, à la base de Goose Bay, dans le Labrador (Canada), 1942 © Getty Images

Déesse du stade

Les sportifs de haut niveau vont se charger d'écrire la suite de l'histoire. Et plus particulièrement les joueurs de base-ball qui, pour affronter le soleil éblouissant, vont adopter le port de la casquette au point d'en faire un véritable emblème de la culture américaine.

Robert Fothergill des Tigers de Detroit., Getty Images
Robert Fothergill des Tigers de Detroit. © Getty Images

Sa forme telle que nous la connaissons aujourd'hui est plus ou moins dessinée au début du XXe siècle. Et ce sont les Tigers de Detroit qui, en 1901, décident de broder un tigre orange sur la couronne, avant d'être imités par toutes les équipes de la National League... et leurs fervents supporters. Dès 1939, année des premières diffusions des matchs de base-ball à la télévision US, la casquette sort des stades, non seulement pour s'imposer comme un signe d'appartenance à une ville, mais aussi pour être déclinée en accessoire de mode à part entière.

Spike Lee et la fameuse casque des Yankees de New York, signe d'appartenance devenu icône de la mode à part entière (1998), Getty Images
Spike Lee et la fameuse casque des Yankees de New York, signe d'appartenance devenu icône de la mode à part entière (1998) © Getty Images

Tom Cruise dans Top Gun, Tom Selleck dans Magnum ou Richard Dean Sanderson dans MacGyver apportent également leur contribution à la renommée du couvre-chef à visière, tandis que les rappeurs des années 80 et 90 vont filer un sérieux coup de pouce à la fameuse casquette estampillée NY, qu'elle soit portée à l'endroit ou à l'envers.

Will Smith aka Le Prince de Bel Air, NBC via Getty Images
Will Smith aka Le Prince de Bel Air © NBC via Getty Images

Pendant ce temps-là, dans la série Le Prince de Bel-Air, Will Smith montre à quel point l'accessoire est presque devenu indispensable pour avoir l'air cool. Une évidence qui s'observe encore au moment où l'on écrit ces lignes et où la casquette gavroche opère son éternel retour grâce aux Peaky Blinders ou à Emily in Paris.

Quant aux sportifs, ils prouvent que la chose permet également de concilier l'agréable au... rentable : plus aucun golfeur, pilote de F1 ou joueur de tennis ne pratique sa discipline sans se couronner de leurs sponsors. Mais justement : la plus grande force de la casquette n'a-t-elle pas toujours été de montrer qu'elle pouvait avoir... plusieurs casquettes ?

Bien sûr, certains sont déjà en train de nous dire "Oui mais de quelle casquette allez-vous donc nous parler ? Du béret? De la gavroche? De la casquette plate ou bombée?" Ce à quoi nous répondrons très simplement : vous verrez bien, mais il est évidemment hors de question de faire de la discrimination. Le point de départ ? L'an 1571 où, en Angleterre, une étrange loi impose soudainement le port d'un chapeau pour tous les hommes le dimanche... sauf pour les aristocrates. Une façon de distinguer le bas-peuple de la bourgeoisie - comme la société a toujours adoré le faire - et ce avec un élément facilement reconnaissable. Ainsi naît la casquette en tweed, symbole d'une classe populaire qui ne criera jamais au scandale et se contentera de sourire en regardant passer les " riches " qui, eux, se coiffent de chapeaux bien plus raffinés et assortis à leurs costumes parfaitement taillés.Au fil des siècles, la casquette est portée à la fois par les ouvriers et les chefs de train, les portiers ou les chauffeurs. Gustave Flaubert en pose une sur les cheveux du jeune Charles Bovary, tandis qu'Arthur Conan Doyle en greffe une sur la tête de Sherlock Holmes. Quant à Victor Hugo, il imagine un jour le personnage de Gavroche sans se douter que celui-ci donnera son nom à l'un des couvre-chefs les plus intemporels de la planète. Autant dire que sa reconnaissance est loin d'être gagnée d'avance. Longtemps, ce sont aussi bien les gamins des rues parisiennes que les marchands de journaux des rues... américaines qui se l'approprieront. Tout comme les travailleurs en colère du fameux Front populaire français des années 30.La casquette monte en grade lorsque les classes aisées se mettent à lui trouver un peu de charme durant leurs escapades à la campagne ou pour pratiquer leurs loisirs extérieurs. Très appréciable, finalement, cette petite visière pour se protéger du soleil lorsqu'on joue au tennis ou au golf. De leur côté, les militaires russes, anglais ou yankees n'ont aucune gêne à faire de la casquette l'un des éléments phares de leur tenue de combat. Ils en imaginent même plusieurs versions : celles qui vont avec l'uniforme et celles, plus colorées, qui s'assemblent avec n'importe quel apparat de ville lors des permissions. Aussi, dans le courant du XXe siècle, la plupart des armées du globe adoptent la casquette à l'unanimité, et pour cause : elle est quand même vachement plus agréable (et moins lourde) à porter que les képis... ou même les casques.Les sportifs de haut niveau vont se charger d'écrire la suite de l'histoire. Et plus particulièrement les joueurs de base-ball qui, pour affronter le soleil éblouissant, vont adopter le port de la casquette au point d'en faire un véritable emblème de la culture américaine. Sa forme telle que nous la connaissons aujourd'hui est plus ou moins dessinée au début du XXe siècle. Et ce sont les Tigers de Detroit qui, en 1901, décident de broder un tigre orange sur la couronne, avant d'être imités par toutes les équipes de la National League... et leurs fervents supporters. Dès 1939, année des premières diffusions des matchs de base-ball à la télévision US, la casquette sort des stades, non seulement pour s'imposer comme un signe d'appartenance à une ville, mais aussi pour être déclinée en accessoire de mode à part entière.Tom Cruise dans Top Gun, Tom Selleck dans Magnum ou Richard Dean Sanderson dans MacGyver apportent également leur contribution à la renommée du couvre-chef à visière, tandis que les rappeurs des années 80 et 90 vont filer un sérieux coup de pouce à la fameuse casquette estampillée NY, qu'elle soit portée à l'endroit ou à l'envers. Pendant ce temps-là, dans la série Le Prince de Bel-Air, Will Smith montre à quel point l'accessoire est presque devenu indispensable pour avoir l'air cool. Une évidence qui s'observe encore au moment où l'on écrit ces lignes et où la casquette gavroche opère son éternel retour grâce aux Peaky Blinders ou à Emily in Paris. Quant aux sportifs, ils prouvent que la chose permet également de concilier l'agréable au... rentable : plus aucun golfeur, pilote de F1 ou joueur de tennis ne pratique sa discipline sans se couronner de leurs sponsors. Mais justement : la plus grande force de la casquette n'a-t-elle pas toujours été de montrer qu'elle pouvait avoir... plusieurs casquettes ?