Le phénomène est observé chaque année à la belle saison : lorsque la température grimpe, les pantalons raccourcissent. Mais, si les conditions météorologiques clémentes sont nécessaires, elles sont pourtant loin d'être suffisantes. Dans la vie civile occidentale, l'allongement de la culotte courte a ainsi longtemps tenu lieu de rite de passage à l'âge adulte.Le phénomène est observé chaque année à la belle saison : lorsque la température grimpe, les pantalons raccourcissent. Mais, si les conditions météorologiques clémentes sont nécessaires, elles sont pourtant loin d'être suffisantes. Dans la vie civile occidentale, l'allongement de la culotte courte ...

Le phénomène est observé chaque année à la belle saison : lorsque la température grimpe, les pantalons raccourcissent. Mais, si les conditions météorologiques clémentes sont nécessaires, elles sont pourtant loin d'être suffisantes. Dans la vie civile occidentale, l'allongement de la culotte courte a ainsi longtemps tenu lieu de rite de passage à l'âge adulte.Le phénomène est observé chaque année à la belle saison : lorsque la température grimpe, les pantalons raccourcissent. Mais, si les conditions météorologiques clémentes sont nécessaires, elles sont pourtant loin d'être suffisantes. Dans la vie civile occidentale, l'allongement de la culotte courte a ainsi longtemps tenu lieu de rite de passage à l'âge adulte. Et la question de la longitude intervient également dans l'histoire puisque aux îles Bermudes, vers la fin du xixe siècle déjà, l'ourlet allait se faire la malle, 7,5 centimètres au-dessus du genou exactement, le mérite en revenant à un certain Mason Berridge, contre-amiral de la marine britannique. La faute au climat tropical peu adapté aux uniformes, plaidera-t-il afin d'autoriser ses hommes à raccourcir leurs kakis. Seul impératif ? Assortir ce que l'on dénommera très vite " bermuda " à un blazer, des chaussettes montantes et une cravate de préférence. Un look devenu costume national dans l'archipel, où banquiers et businessmans l'assument encore avec fierté.En Europe, il faut attendre le début des années 1930 pour que le premier bermuda apparaisse sur les courts de Wimbledon. Le tennis se pratique alors encore en pantalon de flanelle. Bunny Austin, compagnon de double d'un certain Fred Perry, donnera un sérieux coup de ciseaux aux convenances, son audace et son bon sens faisant de l'excentricité une norme bienvenue. Suivent les congés payés, l'occasion pour ceux qui n'avaient jamais vu la mer de se retrousser le futal pour mieux courir les pieds dans l'eau. L'envie d'une solution plus définitive fait peu à peu son chemin. C'est après-guerre pourtant que les mollets de ces messieurs seront véritablement libérés. La vague venue des campus américains traverse l'Atlantique, boostée par les mouvements contestataires des années 1960, même si le bermuda reste alors banni de la plupart des lieux de travail. Par le jeu de balancier de la mode, le vêtement de vacances par excellence prend le pli de s'embourgeoiser. En 1961, la Maison Hardy à Londres lance le premier costume-short... et ne convainc pas. L'idée mettra une trentaine d'années à s'imposer, été comme hiver - si, si... -, sur les catwalks. Le créateur américain Thom Browne fait de ses complets pantacourts, qu'il porte d'ailleurs lui-même, une silhouette récurrente de ses défilés. Le produit, destiné surtout à la clientèle asiatique, séduit d'autres griffes de luxe comme Dior Homme ou Givenchy. Et les people suivent. Stromae époque Papaoutai assume complètement son look preppy bermuda-cardigan-noeud papillon. Pharrell Williams impose même son smoking raccourci aux Oscars ! Version été 2017, le bermuda prend un peu plus le large autour de la cuisse et s'accommode très bien d'une paire d'espadrilles " made in France ", d'une chemise en lin à manches retroussées et d'un panama. Par le jeu de balancier de la mode, le vêtement de vacances par excellence prend le pli de s'embourgeoiser.