Plus d'excuses pour ne pas voir les nouvelles collections: les shows s'affichent sur TikTok, Instagram TV, Youtube ou de mini-sites dédiés, comme celui créé par la maison Armani pour présenter la nouvelle collection de sa ligne Emporio.

Vidéo léchée tournée au quartier général de la griffe milanaise, elle met en scène des mannequins mais aussi des acteurs, chanteurs, danseurs, qui portent les pièces de la nouvelle collection intitulée "Building Architecture". Prises de vue avec drone, chorégraphies, effets spéciaux... mais est-ce aussi efficace qu'un défilé ?

C'est aussi la question à laquelle Prada a tenté de répondre quelques heures plus tard en diffusant un défilé pré-enregistré.

"C'est une étrange situation, c'est notre première collection avec Raf Simons et au lieu d'être avec vous en public (...) nous sommes seuls, dans cette pièce. Mais en réalité, nous n'avons jamais été aussi nombreux à un défilé, grâce à la technologie", a commenté Miuccia Prada lors du talk diffusé immédiatement après le show.

"Durant le confinement, j'ai pris conscience de l'importance de la technologie dans nos vies, alors que j'avais tendance à l'ignorer", a continué la créatrice, en répondant aux questions envoyés par le public.

Si la Fashion week est un spectacle, c'est aussi et surtout un moment clé pour les affaires.

"Avec la vidéo, nous avons tenté de vous amener au plus près des vêtements", a-t-elle souligné.

Un enjeu important car si la Fashion week est un spectacle, c'est aussi et surtout un moment clé pour les affaires.

Missoni, Fendi et Dolce&Gabbana ouvraient la danse mercredi

Après Missoni, qui a donné le coup d'envoi des festivités avec une vidéo diffusée en ligne, Fendi a pris le relais avec un défilé physique.

Pour cette collection Femme et Homme Printemps-Eté 2021, Silvia Venturini Fendi a choisi de rendre hommage à la famille et à la maison, dans une ambiance intime de salon aux grandes fenêtres virtuelles s'ouvrant sur une nature imaginaire.

La centaine d'invités, dûment distanciés, avaient pris place sur d'imposants canapés ondulés.

Les mannequins hommes et femmes, de tous âges et toutes origines, ont présenté un vestiaire aux formes structurées adoucies par les matières: lin, coton, plumes, fourrure ou matelassé.

Les robes sont cintrées ou transparentes, voilées mais agrémentées d'un petit col strict. La broderie est très présente, florale ou géométrique, comme autant de détails d'un autre temps, réminiscence de souvenirs de napperons ou de linge de maison, de vêtements ayant transcendé les générations.

Les pantalons et les vestes sartoriales sont larges, les manches évasées, fendues ou déboutonnées dialoguent ici avec les espadrilles aux pieds, là avec de grandes chaussettes aux genoux portées avec des pantoufles.

Des clins d'oeil au "homewear", ces tenues d'intérieur stars du confinement qui connaissent un grand retour.

"Cette collection est mon expression de la maison, de la famille et de toutes les choses qui nous tiennent à coeur - des valeurs transmises de génération en génération comme du linge précieux", a expliqué Silvia Venturini Fendi dans sa lettre de présentation.

En fin de journée, Dolce&Gabbana a présenté une collection intitulée Sicilian Patchwork, qui transporte le public sur l'île de Domenico Dolce et Stefano Gabbana.

Le duo joue cette fois de son répertoire fétiche dans des assemblages ambitieux et multicolores: les motifs citrons, floraux, pois, rayures, léopard, les matières brocard, dentelle, denim, cuir s'accumulent dans des compositions géométriques maîtrisées.

Au moment du final, les deux créateurs apparaissent masqués pour saluer les quelques invités de la salle.

Comme Fendi et Dolce&Gabbana, 20 autres maisons sur 64 ont fait le pari de la présence du public lors de cette Fashion Week milanaise, qui a pris le relais de New York et Londres.

Défiler en présence de public, un vrai casse-tête

Ces défilés sont un vrai défi du fait des règles de distanciation physique et des changements de dernière minute, comme ces tests coronavirus rendus obligatoires pour tous les voyageurs arrivant de Paris en Italie.

C'est "un vrai casse-tête, confesse-t-on dans les coulisses d'une grande maison de mode. "Le nombre de places a été drastiquement diminué et le seating (l'attribution des sièges aux journalistes, "influenceurs" et acheteurs), qui est déjà en temps normal un vrai tetris diplomatique et politique, nous fait nous arracher les cheveux. On ne veut froisser personne mais on n'a pas assez de place pour tout le monde".

Certes, les Chinois, Coréens ou Américains, interdits de voyage vers l'Europe, libèreront des places stratégiques, mais leur absence marque aussi la poursuite de la crise du secteur, malgré de nets signes de reprise en Chine ces derniers mois.

Pour les "happy few" assistant aux shows, le rituel inclut thermoscanneur, lavage de mains et masque. De quoi rendre le selfie devant le podium moins sexy que d'habitude.

Un secteur en crise

"La mode est le deuxième secteur industriel d'Italie et la péninsule produit 41% du chiffre d'affaires de la mode de l'Union européenne", a souligné le président de la Chambre de la mode, Carlo Capasa, lors de la présentation de la Semaine de la mode. Mais victime des effets collatéraux de l'épidémie de Covid 19, le marché italien a perdu 30% de son chiffre d'affaires au premier semestre.

Et malgré de nets signes de reprise en Chine, l'incertitude persiste en raison de la reprise de l'épidémie dans de nombreux pays et du ressèrement des mesures de confinement, qui ralentissent les commandes des détaillants avec un effet domino sur tout le secteur.

Avec une présence réduite à l'os des acheteurs internationaux qui passent les commandes des pièces qui sont ensuite produites et arrivent en magasin six mois plus tard, les marques s'organisent: en showroom les looks de la nouvelle collection sont installés sur les mannequins et des rendez-vous virtuels personnalisés sont proposés.

"Le numérique ne remplace pas l'émotion du spectacle physique mais c'est grâce au numérique que le secteur se maintient", Carlo Capasa

Côté client final, l'e-commerce explose et a permis d'éviter la catastrophe. "Lors du confinement en Italie, 24% des achats en ligne ont été réalisés par des personnes qui n'avaient jamais rien acheté sur internet et la Fashion week milanaise a été la première en terme de participation digitale", a expliqué M. Capasa.

En juillet, 16 millions d'utilisateurs numériques avaient ainsi suivi cette première édition numérique. Cette fois-ci, Milan compte en rassembler 20 millions.

Plus d'excuses pour ne pas voir les nouvelles collections: les shows s'affichent sur TikTok, Instagram TV, Youtube ou de mini-sites dédiés, comme celui créé par la maison Armani pour présenter la nouvelle collection de sa ligne Emporio.Vidéo léchée tournée au quartier général de la griffe milanaise, elle met en scène des mannequins mais aussi des acteurs, chanteurs, danseurs, qui portent les pièces de la nouvelle collection intitulée "Building Architecture". Prises de vue avec drone, chorégraphies, effets spéciaux... mais est-ce aussi efficace qu'un défilé ?C'est aussi la question à laquelle Prada a tenté de répondre quelques heures plus tard en diffusant un défilé pré-enregistré."C'est une étrange situation, c'est notre première collection avec Raf Simons et au lieu d'être avec vous en public (...) nous sommes seuls, dans cette pièce. Mais en réalité, nous n'avons jamais été aussi nombreux à un défilé, grâce à la technologie", a commenté Miuccia Prada lors du talk diffusé immédiatement après le show."Durant le confinement, j'ai pris conscience de l'importance de la technologie dans nos vies, alors que j'avais tendance à l'ignorer", a continué la créatrice, en répondant aux questions envoyés par le public. "Avec la vidéo, nous avons tenté de vous amener au plus près des vêtements", a-t-elle souligné.Un enjeu important car si la Fashion week est un spectacle, c'est aussi et surtout un moment clé pour les affaires. Après Missoni, qui a donné le coup d'envoi des festivités avec une vidéo diffusée en ligne, Fendi a pris le relais avec un défilé physique.Pour cette collection Femme et Homme Printemps-Eté 2021, Silvia Venturini Fendi a choisi de rendre hommage à la famille et à la maison, dans une ambiance intime de salon aux grandes fenêtres virtuelles s'ouvrant sur une nature imaginaire.La centaine d'invités, dûment distanciés, avaient pris place sur d'imposants canapés ondulés.Les mannequins hommes et femmes, de tous âges et toutes origines, ont présenté un vestiaire aux formes structurées adoucies par les matières: lin, coton, plumes, fourrure ou matelassé.Les robes sont cintrées ou transparentes, voilées mais agrémentées d'un petit col strict. La broderie est très présente, florale ou géométrique, comme autant de détails d'un autre temps, réminiscence de souvenirs de napperons ou de linge de maison, de vêtements ayant transcendé les générations.Les pantalons et les vestes sartoriales sont larges, les manches évasées, fendues ou déboutonnées dialoguent ici avec les espadrilles aux pieds, là avec de grandes chaussettes aux genoux portées avec des pantoufles."Cette collection est mon expression de la maison, de la famille et de toutes les choses qui nous tiennent à coeur - des valeurs transmises de génération en génération comme du linge précieux", a expliqué Silvia Venturini Fendi dans sa lettre de présentation.En fin de journée, Dolce&Gabbana a présenté une collection intitulée Sicilian Patchwork, qui transporte le public sur l'île de Domenico Dolce et Stefano Gabbana. Le duo joue cette fois de son répertoire fétiche dans des assemblages ambitieux et multicolores: les motifs citrons, floraux, pois, rayures, léopard, les matières brocard, dentelle, denim, cuir s'accumulent dans des compositions géométriques maîtrisées. Au moment du final, les deux créateurs apparaissent masqués pour saluer les quelques invités de la salle.Comme Fendi et Dolce&Gabbana, 20 autres maisons sur 64 ont fait le pari de la présence du public lors de cette Fashion Week milanaise, qui a pris le relais de New York et Londres.Ces défilés sont un vrai défi du fait des règles de distanciation physique et des changements de dernière minute, comme ces tests coronavirus rendus obligatoires pour tous les voyageurs arrivant de Paris en Italie.C'est "un vrai casse-tête, confesse-t-on dans les coulisses d'une grande maison de mode. "Le nombre de places a été drastiquement diminué et le seating (l'attribution des sièges aux journalistes, "influenceurs" et acheteurs), qui est déjà en temps normal un vrai tetris diplomatique et politique, nous fait nous arracher les cheveux. On ne veut froisser personne mais on n'a pas assez de place pour tout le monde".Certes, les Chinois, Coréens ou Américains, interdits de voyage vers l'Europe, libèreront des places stratégiques, mais leur absence marque aussi la poursuite de la crise du secteur, malgré de nets signes de reprise en Chine ces derniers mois.Pour les "happy few" assistant aux shows, le rituel inclut thermoscanneur, lavage de mains et masque. De quoi rendre le selfie devant le podium moins sexy que d'habitude."La mode est le deuxième secteur industriel d'Italie et la péninsule produit 41% du chiffre d'affaires de la mode de l'Union européenne", a souligné le président de la Chambre de la mode, Carlo Capasa, lors de la présentation de la Semaine de la mode. Mais victime des effets collatéraux de l'épidémie de Covid 19, le marché italien a perdu 30% de son chiffre d'affaires au premier semestre.Et malgré de nets signes de reprise en Chine, l'incertitude persiste en raison de la reprise de l'épidémie dans de nombreux pays et du ressèrement des mesures de confinement, qui ralentissent les commandes des détaillants avec un effet domino sur tout le secteur.Avec une présence réduite à l'os des acheteurs internationaux qui passent les commandes des pièces qui sont ensuite produites et arrivent en magasin six mois plus tard, les marques s'organisent: en showroom les looks de la nouvelle collection sont installés sur les mannequins et des rendez-vous virtuels personnalisés sont proposés. Côté client final, l'e-commerce explose et a permis d'éviter la catastrophe. "Lors du confinement en Italie, 24% des achats en ligne ont été réalisés par des personnes qui n'avaient jamais rien acheté sur internet et la Fashion week milanaise a été la première en terme de participation digitale", a expliqué M. Capasa.En juillet, 16 millions d'utilisateurs numériques avaient ainsi suivi cette première édition numérique. Cette fois-ci, Milan compte en rassembler 20 millions.