Guérir l'angoisse avec des pulls "câlins", remplir le vide d'une ville en couvre-feu par des volumes ou revisiter les cauchemars: les jeunes ont apporté leur réponse à la pandémie.

Leurs créations ont été mises en valeur dans une vidéo qui inaugure la Fashion week, une façon pour la Fédération de soutenir ces générations particulièrement touchées par la crise sanitaire.

Shining et American Psycho

"Les gens ont été beaucoup plus ouverts. On veut faire en sorte que la mode reste vivante et donner un maximum de chance aux jeunes designers", se félicite l'un d'eux, Clément Picot.

La collection avec des vestes aux épaules graphiques surdimensionnées est inspirée des films d'horreur "Shining" et "American Psycho". "J'ai créé ma propre narration de rêve et de cauchemar. C'est l'époque qui suggère cela ainsi que mon univers créatif", explique-t-il.

Entrer dans la cour des grands avec une vidéo, format auquel sont contraintes toutes les marques faute de défilés physiques, ne le dérange pas. "Je pourrai regarder cette vidéo toute ma vie, c'est limite plus personnel". "Ce n'est pas comme si on n'avait pas d'audience, c'est juste un autre rapport avec l'audience", soutient Lucie Favreau, également en master de l'art à l'IFM.

Robe en cheveux

Avec des pulls larges en superposition, avec un dégradé bleu-jaune-violet et une "combinaison de chaman" avec des imprimés aux mains guérisseuses, la créatrice a voulu "créer un vêtement dans lequel on se sent à l'aise, déstressé". "J'ai conçu cette collection pendant le confinement, je n'en pouvais plus, j'avais besoin de trouver un échappatoire", raconte-t-elle à l'AFP.

Originaire de Taïwan, Meng Che Chiang signe "une lettre d'amour à Paris" avec des tenues aux volumes exagérés faites de matières neuves ou d'occasion comme des serviettes ou jeans décolorés et repeints.

Il est en train d'apprendre le français et est fasciné par le mot "poubelle", métaphore de sa collection qui "juxtapose le laid et le beau, le vieux et le neuf"

.

Alors que les grandes marques boudent de plus en plus le calendrier officiel, certaines petites rêvent de l'intégrer, à l'instar du créateur Victor Weinsanto dont la présentation a clôturé la première journée de la Fashion Week.

"C'est un signe de crédibilité auprès des professionnels", explique-t-il à l'AFP. Sa collection est dédiée à une "courtisane maîtresse du jeu", "un peu dominatrice" portant un hybride de bomber et de robe corsetée qui s'adapte à sa morphologie. Elle est mise en scène par ses amies danseuses et performeuses.

Changements "radicaux"

Cette Paris Fashion Week, quatrième depuis le début de l'épidémie du Covid est plus désorganisée que jamais.

Dior et Louis Vuitton, maisons appartenant au groupe du luxe LVMH, ont dû changer à la dernière minute les dates de la diffusion de leurs présentations, tandis qu'aucune maison de la holding rivale Kering (Saint Laurent, Balenciaga...) n'est sur le calendrier.

"Le principal talent qu'il faut cocher sur un CV, c'est la flexibilité, la capacité de s'adapter à l'imprévu"

Saint Laurent a été le premier à annoncer son retrait du calendrier officiel pendant le premier confinement au printemps. D'autres n'ont pas fait d'annonces mais présentent de plus en plus les collections à leur rythme.

Hedi Slimane, directeur artistique de Celine (LVMH) a ainsi dévoilé sa collection homme début février, en dehors des Fashion Weeks dans une vidéo montrant des chevaliers modernes en blousons de cuir défiler sur les remparts du château de Chambord, sur la Loire.

"Tout est remis en question", résume à l'AFP Kris Van Assche, créateur belge de la maison historique française Berluti (LVMH).

Sa collection n'a pas été présentée lors de la semaine du prêt-à-porter homme en janvier à Paris, mais va l'être à Shanghai en avril. "Le principal talent qu'il faut cocher sur un CV, c'est la flexibilité, la capacité de s'adapter à l'imprévu", souligne le styliste qui n'a jamais connu de changements aussi "radicaux" en 20 ans de carrière.

Guérir l'angoisse avec des pulls "câlins", remplir le vide d'une ville en couvre-feu par des volumes ou revisiter les cauchemars: les jeunes ont apporté leur réponse à la pandémie. Leurs créations ont été mises en valeur dans une vidéo qui inaugure la Fashion week, une façon pour la Fédération de soutenir ces générations particulièrement touchées par la crise sanitaire."Les gens ont été beaucoup plus ouverts. On veut faire en sorte que la mode reste vivante et donner un maximum de chance aux jeunes designers", se félicite l'un d'eux, Clément Picot. La collection avec des vestes aux épaules graphiques surdimensionnées est inspirée des films d'horreur "Shining" et "American Psycho". "J'ai créé ma propre narration de rêve et de cauchemar. C'est l'époque qui suggère cela ainsi que mon univers créatif", explique-t-il. Entrer dans la cour des grands avec une vidéo, format auquel sont contraintes toutes les marques faute de défilés physiques, ne le dérange pas. "Je pourrai regarder cette vidéo toute ma vie, c'est limite plus personnel". "Ce n'est pas comme si on n'avait pas d'audience, c'est juste un autre rapport avec l'audience", soutient Lucie Favreau, également en master de l'art à l'IFM.Avec des pulls larges en superposition, avec un dégradé bleu-jaune-violet et une "combinaison de chaman" avec des imprimés aux mains guérisseuses, la créatrice a voulu "créer un vêtement dans lequel on se sent à l'aise, déstressé". "J'ai conçu cette collection pendant le confinement, je n'en pouvais plus, j'avais besoin de trouver un échappatoire", raconte-t-elle à l'AFP. Originaire de Taïwan, Meng Che Chiang signe "une lettre d'amour à Paris" avec des tenues aux volumes exagérés faites de matières neuves ou d'occasion comme des serviettes ou jeans décolorés et repeints.. Alors que les grandes marques boudent de plus en plus le calendrier officiel, certaines petites rêvent de l'intégrer, à l'instar du créateur Victor Weinsanto dont la présentation a clôturé la première journée de la Fashion Week. "C'est un signe de crédibilité auprès des professionnels", explique-t-il à l'AFP. Sa collection est dédiée à une "courtisane maîtresse du jeu", "un peu dominatrice" portant un hybride de bomber et de robe corsetée qui s'adapte à sa morphologie. Elle est mise en scène par ses amies danseuses et performeuses. Cette Paris Fashion Week, quatrième depuis le début de l'épidémie du Covid est plus désorganisée que jamais. Dior et Louis Vuitton, maisons appartenant au groupe du luxe LVMH, ont dû changer à la dernière minute les dates de la diffusion de leurs présentations, tandis qu'aucune maison de la holding rivale Kering (Saint Laurent, Balenciaga...) n'est sur le calendrier. Saint Laurent a été le premier à annoncer son retrait du calendrier officiel pendant le premier confinement au printemps. D'autres n'ont pas fait d'annonces mais présentent de plus en plus les collections à leur rythme. Hedi Slimane, directeur artistique de Celine (LVMH) a ainsi dévoilé sa collection homme début février, en dehors des Fashion Weeks dans une vidéo montrant des chevaliers modernes en blousons de cuir défiler sur les remparts du château de Chambord, sur la Loire."Tout est remis en question", résume à l'AFP Kris Van Assche, créateur belge de la maison historique française Berluti (LVMH).Sa collection n'a pas été présentée lors de la semaine du prêt-à-porter homme en janvier à Paris, mais va l'être à Shanghai en avril. "Le principal talent qu'il faut cocher sur un CV, c'est la flexibilité, la capacité de s'adapter à l'imprévu", souligne le styliste qui n'a jamais connu de changements aussi "radicaux" en 20 ans de carrière.