Il n'est pas simple de mettre en images, en mots et en vêtements ce genre de phrase, signée Jorge Luis Borges : "J'ai toujours imaginé le paradis comme une sorte de bibliothèque."

Et bon Dieu ce que ce doit être difficile de succéder à Sonia Rykiel. Julie de Libran y parvient, haut la main. Et l'équipe autour d'elle aussi, avec André Saraiva et Thomas Lenthal, qui signent un film immensément germanopratin - et ce n'est pas une insulte - pour dévoiler la pré-collection automne-hiver.

Voix off, gros plan de visages de filles, plus ou moins jeunes, travelling arrière et plan de demi-ensemble avec, dans le cadre, le décor du Rouquet, le café qui regarde la boutique de Sonia Rykiel, 175, boulevard Saint-Germain, suffit de traverser la rue. Elles s'y installent, en terrasse, elles sont visiblement toutes des lectrices averties et d'elles, l'on apprend l'essentiel - "Voici Louise, elle aime sécher les cours..." ou "Elle, c'est Lottie, elle vient d'arriver de Londres, elle attend un rendez-vous, peut-être qu'il ne viendra pas..." et encore "Voici Annabelle, elle est américaine et elle adore les garçons français..." C'est délicieux, léger et très Rive Gauche.