Afin de clore en beauté l'exposition "It's my OWN, an everyday fashion story", le duo Own questionne la mode, l'industrie de la mode, ses sources d'inspirations et son processus créatif en miroir avec ceux de Marine Serre.
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Afin de clore en beauté l'exposition "It's my OWN, an everyday fashion story", le duo Own questionne la mode, l'industrie de la mode, ses sources d'inspirations et son processus créatif en miroir avec ceux de Marine Serre. "Comment donner à nouveau un sens à ce qui a existé ? s'interrogèrent-ils en amont de cette exposition qui ferme ses portes le 17 juin. Comment montrer ce qui fut, mais sans nostalgie ? Nos vêtements étaient vivants, certains sont morts désormais, d'autres ont survécu. Notre mode parlait d'une époque, de nos rencontres. Nous avions envie de montrer notre travail mais réinterprété. Que d'autres recyclent nos idées. Qu'ils se les approprient. Que OWN, qui signifie "à soi", devienne "à eux"." Leur label bruxellois, qui s'inscrit entre 1999 et 2007, dessina les contours d'un vestiaire Homme et Femme dont ils n'ont pratiquement rien conservé. Si ce n'est ce questionnement de la mode dans toute sa justesse, l'exigence poétique d'une garde-robe du réel, le recyclage admirable, le détournement distingué de tout objet, des codes graphiques, du corps, de ses mouvements. Ils sont venus à la mode sans effraction par les chemins détournés. Partant, il leur a fallu quitter leur terre natale entre l'océan et Paris, se prendre d'amour pour Bruxelles, étudier à La Cambre, section image imprimée, et fonder une visionnaire Union pour le vêtement qui instaurera les bases de leur grammaire commune. Elle a depuis transcendé OWN, leur label comme un manifeste, et les collections de ceux avec lesquels ils ont collaboré. De A comme Acne Studios à M comme Maison Martin Margiela, de B comme Balenciaga à L comme Louis Vuitton, il y a de l'espace encore dans ce prestigieux alphabet pour glisser d'autres références qui disent leur expérience, leur cohérence - Cacharel, Jean Paul Gaultier, Veronique Branquinho, Adidas. Entre temps, ils ont enseigné leur savoir à trois générations d'étudiants de La Cambre mode(s), dessiné des costumes pour l'opéra, pour la danse, pour le chorégraphe Thomas Hauert, avant de penser aujourd'hui la pédagogie d'une école en devenir qui mêlera l'Institut français de la mode et l'école de la Chambre syndicale de la couture parisienne. Cela fait vingt-cinq ans que Thierry Rondenet et Hervé Yvrenogeau travaillent au sens large. De cette période qui leur est propre, enracinée dans cette ville qui les a révélés à eux-mêmes et gravée sur une ligne du temps féconde entre 1999 et 2007, restent les majuscules de ce OWN autrement personnel. Leur résonance s'est incarnée en un vestiaire Homme et Femme dont ils n'ont pratiquement rien conservé. Indicible volonté de s'ancrer dans le vivant. Jamais ils n'ont voulu de vêtements qui deviendraient muséaux. Cela n'empêche, ils auraient pu être des artistes qui font de la mode : leur obsession de la finalité intrinsèque de tout ce qui habille n'élude en rien une démarche conceptuelle inscrite dans la trame. Leurs intentions disent vrai.Marine Serre est une jeune créatrice formée à La Cambre Mode(s), diplômée en juin 2016 avec les félicitations du jury pour sa collection Radical Call for Love. Désormais basée à Paris, elle a été couronnée l'année dernière du Prix LVMH et dans la foulée a lancé son label, à son nom. Avec un premier défilé en mars dernier, Manic Soul Machine, qui la place dès l'entame dans le peloton de tête des créateurs sur lesquels la mode peut compter.