Du 20 septembre au 25 septembre, la maison de vente aux enchères, l'une des 4 plus anciennes au monde, expose les trésors labellisés Martin Margiela issus d'une collection privée et datant des débuts du créateur belge en 1989 jusqu'à 2006, soit trois ans avant son retrait du monde de la mode. Et du 20 septembre au 1er octobre, elle organise la vente online de ces merveilles - jugez sur pièces.
...

Du 20 septembre au 25 septembre, la maison de vente aux enchères, l'une des 4 plus anciennes au monde, expose les trésors labellisés Martin Margiela issus d'une collection privée et datant des débuts du créateur belge en 1989 jusqu'à 2006, soit trois ans avant son retrait du monde de la mode. Et du 20 septembre au 1er octobre, elle organise la vente online de ces merveilles - jugez sur pièces.Difficile de résister aux manteaux à carrure rétrécies pensés au début de sa carrière à l'automne-hiver 1989-1990 (estimation à partir de 3.000 - 4.000 euros) et aux vêtements de poupée agrandis à échelle 1 de l'automne-hiver 1994-1995 (estimation à partir de 800 - 1.200 euros).Pareil pour les pièces en cuir de la collection Armée du Salut, automne-hiver 1992-1993, estimées à partir de 1.800, et les modèles de la collection aux imprimés photographiques du printemps-été 1996 (estimation à partir de 1.500 euros) qui gardent en eux la mémoire d'autres vêtements.De même les modèles de la collection Stockman, printemps-été 1997 dont l'emblématique veste en toile de lin (estimation : 7.000 - 9.000 euros), les manteaux duvets de l'automne-hiver 1999-2000 (estimation à partir de 7.000-9.000 euros), dans les deux longueurs.Et le meilleur pour la fin (si tant est qu'il est possible de hiérarchiser l'oeuvre de Martin Margiela) : 40 pièces en édition limitée de la collection Artisanal, parmi lesquelles un top formé de noeuds papillons dont seuls deux exemplaires avaient été réalisés à l'époque (estimation : 5.000-7.000 euros) ou le gilet d'homme formé d'un assemblage de cartes à jouer, créé en cinq exemplaires (estimation : 8.000-10.000 euros).L'occasion de revisiter en vrai ces années intenses et fertiles qui virent Martin Margiela révolutionner le vestiaire contemporain. On connaît sa volonté farouche à ancrer son propos dans la réalité - " la mode est un métier de l'art appliqué ", répétait-il avant de préciser : " Nous cherchons un défi dans le détournement du vêtement sans oublier sa première vocation ". S'il utilisait la forme plurielle de la première personne, c'est parce qu'il détestait tout haut le culte de la personnalité, privilégiait le collectif, le nounoiement participatif et l'invisibilité publique de sa personne.En 1988, il fondait sa maison à son nom avec Jenny Meirens, après être passé par le studio de Jean-Paul Gaultier et auparavant par les bancs de l'Académie Royale des Beaux-Arts d'Anvers où il avait enraciné son savoir. En 2009, il se retirait d'un monde qui ne lui parlait plus guère quittant son label sans se retourner. Son vocabulaire en a bouleversé plus d'un, il avait ce don inné et rare d'observer la vie autour de lui, et les gens qui la traversent, et les vêtements qui les vêtent. Tout chez lui inspire le respect, son répertoire étendu, ses ardeurs poétiques, son sens de la perfection, de la coupe et du tailoring, sa façon de dévoiler l'envers du décor, de déstructurer les silhouettes, de chipoter les ourlets, de s'abîmer dans le trompe-l'oeil. Martin Margiela a réinventé le vêtement comme personne et fait des merveilles. Adjugé.A.-F.M.www.sothebys.com