Le rendez-vous est pris, ce sera le 24 janvier, à 16 h. Le défilé de Y/Project par Glenn Martens n'existera qu'en version vidéo, digitale évidemment, pour cause de pandémie. Sans public, mais avec des vêtements et de vrais mannequins des deux genres, voire non genrés. Le créateur belge a en effet décidé de fusionner totalement son prêt-à-porter, au masculin et au féminin, et de s'octroyer le luxe du temps long : dorénavant, il présentera deux fois par an seulement ses collections, en lieu et place des quatre fois traditionnelles. Une petite révolution. C'est qu'il trouvait le rythme bien trop " extrême ". Il avait envie de " de protéger encore davantage " son entreprise et " la mode que nous aimons ". Il désirait " libérer du temps ", " s'octroyer six mois entre chaque défilé " et se donner, ainsi qu'à son équipe encore plus de " liberté pour explorer " et " de temps pour mettre au point les créations surprenantes que vous attendez de notre part ".
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Le rendez-vous est pris, ce sera le 24 janvier, à 16 h. Le défilé de Y/Project par Glenn Martens n'existera qu'en version vidéo, digitale évidemment, pour cause de pandémie. Sans public, mais avec des vêtements et de vrais mannequins des deux genres, voire non genrés. Le créateur belge a en effet décidé de fusionner totalement son prêt-à-porter, au masculin et au féminin, et de s'octroyer le luxe du temps long : dorénavant, il présentera deux fois par an seulement ses collections, en lieu et place des quatre fois traditionnelles. Une petite révolution. C'est qu'il trouvait le rythme bien trop " extrême ". Il avait envie de " de protéger encore davantage " son entreprise et " la mode que nous aimons ". Il désirait " libérer du temps ", " s'octroyer six mois entre chaque défilé " et se donner, ainsi qu'à son équipe encore plus de " liberté pour explorer " et " de temps pour mettre au point les créations surprenantes que vous attendez de notre part ".Fidèle à sa manière innovante de s'inscrire dans l'industrie de la mode, le Brugeois formé à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers n'a jamais eu peur d'emprunter des chemins audacieux. " Je suis tombé amoureux de la mode il y a 15 ans, lors de ma première année à l'Académie d'Anvers, se souvient-il dans une lettre publiée en septembre dernier. La beauté, la créativité, la préciosité et le rêve, voilà ce qui m'intéressait. "A l'avant-garde, il a donc mis ses réflexions stylistiques au service d'un vestiaire les deux doigts dans la prise de notre époque. " Depuis mon arrivée à Y/Project en 2014, nous avons repoussé les limites de la créativité et avons célébré l'éclectisme et la versatilité. Nos défilés représentent une diversité de gens venus de milieux très différents. Les gens avec qui nous vivons et travaillons, les gens avec qui nous partageons les fêtes et les trajets en métro. Ce melting pot se traduit par une variété de silhouettes individuelles, renforcées par la diversité de notre plan de collection. La versatilité établit une connexion constante entre tous nos vêtements. Une même pièce peut être portée de plusieurs manières différentes, pour créer à chaque fois une émotion différente. Nous encourageons nos clients à s'interroger. Comment nous sentons-nous ? Comment voulons-nous être perçus ? Le vêtement est conçu pour prolonger chaque émotion singulière. Il n'y a pas de bonne réponse. " Tout cela a valeur de manifeste. Que Glenn Martens emmène un peu plus loin en choisissant la responsabilité environnementale. En septembre dernier, lors de la fashion week parisienne qui dévoilait le printemps-été 21, il lançait sa collection " Evergreen " - des pièces historiques du vestiaire Y/Project qu'il avait choisie pour " la représentativité de leur style ". Chacune a été repensée pour être produite de la manière la plus éthique et durable possible. " Notre responsabilité carbone passe par la certification de notre production, de l'emballage, du transport, du matériel de communication, des matières utilisées jusqu'aux finitions, précisait-il alors. Cette sélection de 16 styles ne sera jamais remisée et restera en boutique saison après saison, tout en étant enrichie de nouveaux classiques Y/Project au fil du temps. " Une belle manière de renforcer l'essence de cette marque qu'il porte sur ses épaules depuis 2014, quand il s'est agi d'en reprendre les rênes à la mort de son fondateur Yohan Serfaty.Le milieu de la mode ne s'y est pas trompé. L'Association Nationale de Développement des Arts de la Mode lui a décerné un prix revu et corrigé en cette année troublée. En 2017, il en avait déjà été le brillant lauréat ; en 2020, il fut l'heureux bénéficiaire d'une dotation spéciale de 150 000 euros en soutien aux membres de la famille de l'ANDAM. Fort de cet award prisé destiné à aider les jeunes créateurs à " traverser cette période et à laisser une empreinte durable dans le paysage de la mode ", Glenn Martens sait qu'il est dans le bon. En tout cas, qu'il peut suivre ses fulgurances, son éthique contemporaine et ses intuitions justes. Lucide, il veut et peut se donner les moyens d'être en accord avec ses principes.Et puisqu'il se fait que Glenn Martens est par ailleurs directeur créatif de Diesel depuis octobre 2020, qu'il a désormais en charge " la supervision du style, de la communication, du design d'intérieur et plus généralement de la créativité globale " de la marque phare du groupe italien OTB de Renzo Rosso, on veut croire à la propagation virale de ses idées.