En 1939 Billie Holiday chante pour la première fois Strange Fruit au Café Society à New York. La chanson qui évoque clairement le lynchage d'Afro-américains dans le sud des États-Unis, deviendra un symbole des mouvements de résistance à la ségrégation. Il vaudra même la prison à Billie, arrêtée par le FBI sous le prétexte de sa toxicomanie, pour avoir continué à le chanter malgré les interdictions. Dans le biopic The United States Vs. Billie Holiday qui sortira sur la plateforme de streaming Hulu le 26 février prochain, le réalisateur Lee Daniels a choisi de raconter cet épisode de la vie de l'influente reine du jazz dans des costumes signés Prada.
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En 1939 Billie Holiday chante pour la première fois Strange Fruit au Café Society à New York. La chanson qui évoque clairement le lynchage d'Afro-américains dans le sud des États-Unis, deviendra un symbole des mouvements de résistance à la ségrégation. Il vaudra même la prison à Billie, arrêtée par le FBI sous le prétexte de sa toxicomanie, pour avoir continué à le chanter malgré les interdictions. Dans le biopic The United States Vs. Billie Holiday qui sortira sur la plateforme de streaming Hulu le 26 février prochain, le réalisateur Lee Daniels a choisi de raconter cet épisode de la vie de l'influente reine du jazz dans des costumes signés Prada. Pour recréer la garde-robe de celle qui fut autant une icône de mode qu'une chanteuse surdouée, le cinéaste voulait collaborer avec un grand nom de la mode. Anna Wintour, l'influente rédactrice en chef du Vogue US l'a dirigé vers Prada. "Anna savait que je ne pouvais pas me tromper avec Prada, confiait Lee Daniels il y a quelques jours au magazine américain. J'étais prêt à me jeter aux pieds de Muccia s'il fallait car je la considère comme un génie. Mais je n'ai pas eu à le faire. Elle admire aussi mon travail et je suis fan du sien, nous étions donc très excités à l'idée de collaborer ensemble."C'est en puisant dans les images d'archives de la griffe italienne et bien sûr en regardant les centaines de photos de l'artiste elle-même que Paolo Nieddu, le costumier du film et les membres du studio de Prada ont imaginé neuf looks phares, en particulier les tenues portées sur scène par Andra Day qui incarne Billie à l'écran. Pas question pour les équipes de chercher à reproduire à l'identique les tenues de celle que l'on surnomme aussi Lady Day. Pour le styliste, il était essentiel de reconstituer une forme de magie propre aux anciens films hollywoodiens. Et le style flamboyant de la diva du blues ne pouvait que l'y aider : turbans, bijoux flamboyants, décolletés dévoilant les épaules, robes moulantes et pantalons flottants, elle assumait sa féminité avec un indéniable panache, un fait rare pour les femmes de sa condition, plutôt enclines à la discrétion face aux menaces d'un élite blanche jalouse de ses privilèges."Dans le film, nous portons des vêtements qui sont le reflet de l'époque, mais qui pourtant restent terriblement modernes car Billie a toujours été en avance sur son temps, explique ainsi la jeune chanteuse de 36 ans dans Vogue. Les créateurs de mode lui dessinaient des vêtements et les magazines du monde entier commentaient ses tenues. Mais ses choix vestimentaires n'étaient pas que stylistiques. Ils étaient aussi politiques. La société d'alors avait un énorme problème avec le succès des femmes noires. On la critiquait parce quelle osait porter des diamants et de la fourrure. Mais elle ne faisait que porter les vêtements qui correspondaient à son statut. Et ça c'était révolutionnaire." Chaque tenue a donc été soigneusement validée par le réalisateur avant le tournage de chacune des scène et ce afin de rester fidèle à l'héritage de l'artiste. "Grâce à tout ce glamour, espère aussi Paolo Nieddu, je rêve de voir une nouvelle génération tomber amoureuse de Billie et découvrir sa musique." Strange Fruit est en tout cas déjà redevenu l'hymne antiraciste des récentes manifestations du mouvement Black Lives Matter.