Il dit de lui qu'il est "transgressif et borderline". Comment lui donner tort, lui qui connut l'exil, quitta pour toujours l'Algérie et Oran dans la foulée de l'indépendance pour atterrir dans le sud de la France où le gamin pied-noir se verra déchaussé de force par une bande de gros bras qui voulaient vérifier de leurs yeux la couleur de ses plantes. Il y eut froid, commença par étudier la médecine, prit la direction de la Chambre Syndicale de la Couture à Paris, fut repéré par monsieur Balmain où il apprendra ce qu'il ne veut surtout pas faire, lança son Comptoir du Kit avec le plasticien Christian Astuguevieille avant de créer, en 1990, une marque à son nom, tout attaché, "pour laisser Jean tranquille". S'il l'a mise en veilleuse après presque trois décennies d'inventions et de déconstructions, de collaborations avec les artistes qu'il respecte, de Bashung à Patrice Leconte ou Vanessa Paradis, et les photographes qu'il admire, Bettina Rheims, Nan Goldin, Juergen Teller, Jeff Burton et Glen Luchford, c'est parce qu'il avait peur de "la collection de trop". Rien ne l'empêche cependant de poursuivre ses mariages créatifs, d'empiler les Polaroids qu'il aime "pour l'instantanéité, le non-cadrage, la non-technicité tout en étant dans une g...