1. Parce que c'est une carte blanche à Olivier Theyskens, créateur belge, formé en partie à La Cambre Mode(s), qui débuta en 1997, habilla Madonna, lança sa marque à son nom, travailla pour Rochas, Nina Ricci et Theory à New York avant de s'installer à Paris et d'oeuvrer à nouveau sur la scène de la mode française. Parce que l'on sait que dans son travail, " il y a une sensibilité à la beauté, une rencontre entre la force et la fragilité, ce quelque chose d'un peu cassé ". " J'aime, dit-il, montrer les ambiguïtés et les ambivalences des émotions ".
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1. Parce que c'est une carte blanche à Olivier Theyskens, créateur belge, formé en partie à La Cambre Mode(s), qui débuta en 1997, habilla Madonna, lança sa marque à son nom, travailla pour Rochas, Nina Ricci et Theory à New York avant de s'installer à Paris et d'oeuvrer à nouveau sur la scène de la mode française. Parce que l'on sait que dans son travail, " il y a une sensibilité à la beauté, une rencontre entre la force et la fragilité, ce quelque chose d'un peu cassé ". " J'aime, dit-il, montrer les ambiguïtés et les ambivalences des émotions ". 2. Parce que " In praesentia " entend établir des correspondances sensibles et poétiques entre les créations du couturier et les objets patrimoniaux de la Cité de la dentelle et de la mode à Calais. " Nous désirions faire une proposition singulière, souligne Lydia Kamitsis, la commissaire de l'exposition. Non seulement par rapport à l'exposition d'Olivier Theyskens au Modemuseum d'Anvers qui a eu lieu en 2018 mais aussi par rapport aux 10 ans de la Cité, nous voulions faire un autre projet, qui soit en résonance complète avec cet anniversaire. J'ai donc proposé à Olivier d'établir un dialogue avec les collections et le patrimoine mais qui ne soit pas quelque chose d'anecdotique. Olivier a des accointances avec l'univers de la dentelle, on a plongé dans les archives du musée et cela a été un processus assez magique - quand on ouvrait certaines boîtes, Olivier voyait ses robes, alors que ce sont des modèles historiques. Cela montre aussi la manière dont il fonctionne dans son rapport à l'histoire : il y a cette correspondance un peu étrange qui, je pense, vient de son amour de la technique, de la compréhension du vêtement, un rapport intime qui s'inscrit par-delà une érudition historienne, il y a des choses qui entrent en résonance." " Lydia évoque cette concordance étrange, comme elle a raison, précise Olivier Theyskens. Je trouve ces pièces muséales intéressantes même si elles ne sont pas nécessairement des incontournables de l'histoire de la mode, elles sont parfois anonymes, mais elles sont le reflet d'une époque, ce sont des pièces qui parlent... Il y avait une malléabilité entre ces références et mon travail. On a pu ainsi se concentrer sur des échos de formes, de matières, de couleurs. On était dans une démarche intuitive, plutôt libre et organique. "3. Parce que la promenade au coeur de la création se fait de manière sensitive, sans chronologie, volontairement, pour toucher les sens et l'intelligence. " On n'a pas cherché à représenter toutes les collections, note Lydia Kamitsis, on n'est pas dans une logique exhaustive et rétrospective, on s'est complètement émancipé de cela. Le fait d'avoir monté auparavant l'exposition au MoMu à Anvers avant de poser ce regard à la fois sur les archives de la Cité de la dentelle et de la mode à Calais et sur le parcours d'Olivier lui a permis également de sortir des pièces qui soit n'ont jamais défilé soit n'étaient pas considérées comme des balises dans son parcours mais qui tout à coup ici prennent un autre sens, une autre dimension. Cela marque aussi la richesse et donne la possibilité d'avoir des lectures différentes d'une oeuvre. "4. Parce qu'il y a, comme toujours avec Olivier Theyskens, un peu beaucoup de nostalgie qui sature l'air, et que c'est rare. " Il y a chez moi de la nostalgie, un côté un peu mélancolique, rétro, un peu sentimental. Dans le chapitre qui porte cet intitulé, j'ai eu envie de montrer une pièce anonyme, une petite veste avachie en satin qui fait écho à un biker que j'avais créé chez Nina Ricci. Cette petite pièce en satin m'a ému tout de suite, c'est typiquement le genre de pièce qu'un musée ne montre généralement pas, parce que c'est tout froissé, quand je l'ai vue, je me suis dit que c'est exactement ce que j'aurais pu faire ou que j'aurais aimé faire ".Olivier Theyskens, In praesentia, à la Cité de la dentelle et de la mode à Calais, 135, Quai du Commerce, 62100 Calais. www.cite-dentelle.fr. Jusqu'au 5 janvier prochain.