Jessica Troisfontaine vit à Paris depuis plusieurs années déjà. C'est d'ailleurs là qu'elle s'était lancée dans une carrière d'avocate d'affaires avant de décider, il y a un peu plus de trois ans maintenant, de tout plaquer pour lancer Septem, une marque à l'origine spécialisée dans la création de combinaisons chics et pratiques qui donnent envie aux femmes de "prendre le pouvoir". L'offre s'est depuis élargie mais la jeune entrepreneuse originaire des environs de Bruxelles a toujours pu compter sur une clientèle belge qui la soutient depuis les premiers jours d'existence de la marque et représente encore aujourd'hui un tiers de son chiffre d'affaires.

Jessica Troisfontaine, dans la première veste en jeans de Septem, déjà bestseller.

A ce jour, la griffe n'est vendue qu'en ligne ou sur rendez-vous dans le show-room parisien. "Mais le Belge, quoi qu'on en dise, reste encore assez frileux lorsqu'il s'agit d'acheter ses vêtements sans pouvoir les essayer en boutique, note Jessica Troisfontaine. C'est pourquoi j'ai toujours veillé à proposer régulièrement des pop-up en Belgique. Cela fait près d'un an et demi que je n'ai plus eu l'occasion de le faire à cause de la crise sanitaire". Pour trois jours, elle s'installera donc à Lasne avec une large sélection des ces fameuses combinaisons qui ont fait et font encore la réputation de Septem mais aussi avec la nouvelle collection qui comporte également des robes, des chemises et des vestes, une édition limitée de trois pièces "anniversaire" ainsi que le premier modèle de combi pour homme qui ne sera pas le dernier. "Des pièces pour partie produites en France désormais et dans des matières écoresponsables", se réjouit Jessica Troisfontaine qui propose également sur le site de la marque des portraits - sous forme de textes et de podcasts - de femmes de tous âges aux parcours inspirants. Interview bilan.

La chemise L'Etincelle, pièce phare de la collection Trois Printemps.

Quel regard portez-vous sur ces trois premières années d'existence?

Je suis évidemment ravie de l'évolution de Septem qui s'est certes fait connaître d'abord pour ses combis et elles restent bien sûr un point fort de chacune des collections, mais les autres vêtements ont réussi à s'imposer. Cette saison par exemple, la veste en jeans que j'ai proposée est devenue l'un de mes bestsellers! Ce que je n'aurais jamais imaginé en la lançant.

Cette envie de diversité, on ne le retrouve pas que dans les pièces du vestiaire que vous proposez désormais...

Je dois reconnaître en effet que mes premières collections, je les ai créées en pensant à moi ou à des filles de mon âge. Mais très vite, je me suis rendue compte que des femmes plus âgées aussi achetaient mes combis. J'ai commencé du coup à réfléchir à mes pièces en faisant en sorte qu'elles puissent convenir au plus grand nombre de femmes possibles. De tous âges mais aussi de toutes tailles. J'en proposais trois au départ (1 à 3), il y en a jusque 7 maintenant (0 à 6). Et ça se reflète aussi dans le choix de mes mannequins.

La combi Coup de Foudre, une pièce classique créée lors de la toute première collection il y a trois ans.

Pourquoi avez-vous voulu ajouter sur votre site des portraits de femmes - il y a aussi quelques hommes d'ailleurs?

Je suis inspirée par des trajectoires de vie. Ce qui l'intéresse, c'est la manière dont les gens réfléchissent. Et habitent le monde. J'ai eu envie de faire un pied de nez à l'industrie de la mode en utilisant l'expression "nouveaux visages" - ce que dans le métier on appelle "new faces" pour désigner les nouveaux mannequins de 14 ans qui débarquent chaque saison sur les podiums - pour présenter justement des portraits de femmes plus mûres.

Vous avez aussi développé très vite des capsules thématiques. Comment vous est venue l'idée d'une collection mariage?

Presque par hasard finalement. Dès la toute première saison, j'ai imaginé une capsule de deux pièces, l'une d'elles était une combi blanche pour l'été. Et j'ai vu que des jeunes femmes décidaient de la porter pour se marier. Donc ça m'a donné l'idée de créer une capsule mariage complète l'année dernière, elle a eu un succès colossal au point de compter pour beaucoup dans mon chiffre d'affaires. J'ai réitéré l'exercice cette année, et pareil, les pièces se sont arrachées quasiment tout de suite. Donc je crois que je vais en faire une par an.

Combinaison smoking de la collection mariage Baisers Brûlants

Vous avez décidé aussi d'opter pour des matières premières écoresponsables dès que c'était possible. C'est donc un exercice difficile?

Oui quand on est une jeune marque ce n'est pas simple d'avoir accès à ces ressources. Car beaucoup de fournisseurs de tissus n'en proposent pas. La demande du marché est là, mais l'offre ne suit pas. C'est un travail de longue halène. Dans le même esprit, je produis aussi des pièces dans un atelier parisien - c'est le cas notamment de la quasi totalité de la collection mariage - car ce sont des modèles qui demandent un savoir-faire très particulier. Comme la main-d'oeuvre coûte plus cher, je ne l'utilise que pour des modèles plus exceptionnels.

Il y a de plus en plus de couleurs vives aussi dans les modèles classiques qui sont réédités. Une conséquence du confinement?

Pour fêter les 3 ans de Septem, j'ai en effet misé sur trois modèles très flamboyants, avec un imprimé rose, des paillettes, je voulais que ça sente la fête. Mais d'une manière générale, il y a plus de couleurs qu'au début: j'avais commencé par des nuances de gris ou de bleu, du noir aussi, je me disais qu'avec une pièce comme la combi en "all over" il fallait quand même y aller pour oser pour porter du rouge, du rose ou de l'orange. J'ai introduit la couleur petit à petit et j'ai remarqué que ça marchait super bien. Cette année plus que jamais je vois une vraie demande pour la couleur, comme si les gens voulaient de cette manière illuminer leur quotidien. Du coup, je me bride finalement dans le sens inverse pour limiter les couleurs neutres.

Les couleurs vivent séduisent de plus en plus depuis le confinement.

Vous avez recours aussi à la précommande, une manière également de limiter les stocks pour vous inscrire dans une démarche plus responsable?

Oui, je veux à tout prix éviter le stock, ça ne sert à rien de produire des choses que les gens ne vont pas porter. Ces précommandes je les fais principalement sur les modèles "classiques", qui reviennent de saison en saison. Je sais qu'il y a une demande mais j'aime pouvoir prédire au plus près le réassort. Pour éviter la frustration, si c'est vendu en deux minutes parce que je n'en ai pas prévu assez, je propose donc à celles qui le souhaitent de précommander la pièce. Il y a un mois d'attente. C'est une des bonnes choses du confinement : les gens ont appris la patience. J'aime aussi l'idée que la personne qui commande a vraiment réfléchi et est prête à attendre. Ce n'est pas un achat d'impulsion sur lequel on doit se jeter sans savoir si on le veut vraiment. Il y a un attachement différent à la pièce, un engagement même.

Première combinaison homme pour Septem.

Il y a aussi une combinaison homme pour la première fois?

C'était un vrai challenge personnel ! J'avais déjà des hommes qui achetaient mes surchemises. Je ne voulais pas d'un modèle qui fasse "bleu de travail". Quand on regarde le mien, il y a comme un effet en trompe-l'oeil, comme si c'était une chemise et un pantalon. Je n'étais pas sereine en le lançant. J'ai produit une petite série. Mais j'en ai profité pour proposer du coup des portraits d'hommes aux profils très variés - entrepreneur, danseur, comédien... - qui ont accepté de se glisser dans la combinaison. Et j'ai quasiment tout vendu!

Rendez-vous le jeudi 6 mai (cocktail d'ouverture "champagne et combinaisons" de 17h à 19h - il sera déjà possible d'acheter les pièces) et les vendredi 7 et samedi 8 mais de 10h30 à 18h30. Dans la boutique 100% Sisters, route de Genval 32 à Lasne.

Jessica Troisfontaine vit à Paris depuis plusieurs années déjà. C'est d'ailleurs là qu'elle s'était lancée dans une carrière d'avocate d'affaires avant de décider, il y a un peu plus de trois ans maintenant, de tout plaquer pour lancer Septem, une marque à l'origine spécialisée dans la création de combinaisons chics et pratiques qui donnent envie aux femmes de "prendre le pouvoir". L'offre s'est depuis élargie mais la jeune entrepreneuse originaire des environs de Bruxelles a toujours pu compter sur une clientèle belge qui la soutient depuis les premiers jours d'existence de la marque et représente encore aujourd'hui un tiers de son chiffre d'affaires. A ce jour, la griffe n'est vendue qu'en ligne ou sur rendez-vous dans le show-room parisien. "Mais le Belge, quoi qu'on en dise, reste encore assez frileux lorsqu'il s'agit d'acheter ses vêtements sans pouvoir les essayer en boutique, note Jessica Troisfontaine. C'est pourquoi j'ai toujours veillé à proposer régulièrement des pop-up en Belgique. Cela fait près d'un an et demi que je n'ai plus eu l'occasion de le faire à cause de la crise sanitaire". Pour trois jours, elle s'installera donc à Lasne avec une large sélection des ces fameuses combinaisons qui ont fait et font encore la réputation de Septem mais aussi avec la nouvelle collection qui comporte également des robes, des chemises et des vestes, une édition limitée de trois pièces "anniversaire" ainsi que le premier modèle de combi pour homme qui ne sera pas le dernier. "Des pièces pour partie produites en France désormais et dans des matières écoresponsables", se réjouit Jessica Troisfontaine qui propose également sur le site de la marque des portraits - sous forme de textes et de podcasts - de femmes de tous âges aux parcours inspirants. Interview bilan.Quel regard portez-vous sur ces trois premières années d'existence?Je suis évidemment ravie de l'évolution de Septem qui s'est certes fait connaître d'abord pour ses combis et elles restent bien sûr un point fort de chacune des collections, mais les autres vêtements ont réussi à s'imposer. Cette saison par exemple, la veste en jeans que j'ai proposée est devenue l'un de mes bestsellers! Ce que je n'aurais jamais imaginé en la lançant. Cette envie de diversité, on ne le retrouve pas que dans les pièces du vestiaire que vous proposez désormais...Je dois reconnaître en effet que mes premières collections, je les ai créées en pensant à moi ou à des filles de mon âge. Mais très vite, je me suis rendue compte que des femmes plus âgées aussi achetaient mes combis. J'ai commencé du coup à réfléchir à mes pièces en faisant en sorte qu'elles puissent convenir au plus grand nombre de femmes possibles. De tous âges mais aussi de toutes tailles. J'en proposais trois au départ (1 à 3), il y en a jusque 7 maintenant (0 à 6). Et ça se reflète aussi dans le choix de mes mannequins.Pourquoi avez-vous voulu ajouter sur votre site des portraits de femmes - il y a aussi quelques hommes d'ailleurs?Je suis inspirée par des trajectoires de vie. Ce qui l'intéresse, c'est la manière dont les gens réfléchissent. Et habitent le monde. J'ai eu envie de faire un pied de nez à l'industrie de la mode en utilisant l'expression "nouveaux visages" - ce que dans le métier on appelle "new faces" pour désigner les nouveaux mannequins de 14 ans qui débarquent chaque saison sur les podiums - pour présenter justement des portraits de femmes plus mûres. Vous avez aussi développé très vite des capsules thématiques. Comment vous est venue l'idée d'une collection mariage?Presque par hasard finalement. Dès la toute première saison, j'ai imaginé une capsule de deux pièces, l'une d'elles était une combi blanche pour l'été. Et j'ai vu que des jeunes femmes décidaient de la porter pour se marier. Donc ça m'a donné l'idée de créer une capsule mariage complète l'année dernière, elle a eu un succès colossal au point de compter pour beaucoup dans mon chiffre d'affaires. J'ai réitéré l'exercice cette année, et pareil, les pièces se sont arrachées quasiment tout de suite. Donc je crois que je vais en faire une par an.Vous avez décidé aussi d'opter pour des matières premières écoresponsables dès que c'était possible. C'est donc un exercice difficile?Oui quand on est une jeune marque ce n'est pas simple d'avoir accès à ces ressources. Car beaucoup de fournisseurs de tissus n'en proposent pas. La demande du marché est là, mais l'offre ne suit pas. C'est un travail de longue halène. Dans le même esprit, je produis aussi des pièces dans un atelier parisien - c'est le cas notamment de la quasi totalité de la collection mariage - car ce sont des modèles qui demandent un savoir-faire très particulier. Comme la main-d'oeuvre coûte plus cher, je ne l'utilise que pour des modèles plus exceptionnels.Il y a de plus en plus de couleurs vives aussi dans les modèles classiques qui sont réédités. Une conséquence du confinement?Pour fêter les 3 ans de Septem, j'ai en effet misé sur trois modèles très flamboyants, avec un imprimé rose, des paillettes, je voulais que ça sente la fête. Mais d'une manière générale, il y a plus de couleurs qu'au début: j'avais commencé par des nuances de gris ou de bleu, du noir aussi, je me disais qu'avec une pièce comme la combi en "all over" il fallait quand même y aller pour oser pour porter du rouge, du rose ou de l'orange. J'ai introduit la couleur petit à petit et j'ai remarqué que ça marchait super bien. Cette année plus que jamais je vois une vraie demande pour la couleur, comme si les gens voulaient de cette manière illuminer leur quotidien. Du coup, je me bride finalement dans le sens inverse pour limiter les couleurs neutres.Vous avez recours aussi à la précommande, une manière également de limiter les stocks pour vous inscrire dans une démarche plus responsable?Oui, je veux à tout prix éviter le stock, ça ne sert à rien de produire des choses que les gens ne vont pas porter. Ces précommandes je les fais principalement sur les modèles "classiques", qui reviennent de saison en saison. Je sais qu'il y a une demande mais j'aime pouvoir prédire au plus près le réassort. Pour éviter la frustration, si c'est vendu en deux minutes parce que je n'en ai pas prévu assez, je propose donc à celles qui le souhaitent de précommander la pièce. Il y a un mois d'attente. C'est une des bonnes choses du confinement : les gens ont appris la patience. J'aime aussi l'idée que la personne qui commande a vraiment réfléchi et est prête à attendre. Ce n'est pas un achat d'impulsion sur lequel on doit se jeter sans savoir si on le veut vraiment. Il y a un attachement différent à la pièce, un engagement même. Il y a aussi une combinaison homme pour la première fois?C'était un vrai challenge personnel ! J'avais déjà des hommes qui achetaient mes surchemises. Je ne voulais pas d'un modèle qui fasse "bleu de travail". Quand on regarde le mien, il y a comme un effet en trompe-l'oeil, comme si c'était une chemise et un pantalon. Je n'étais pas sereine en le lançant. J'ai produit une petite série. Mais j'en ai profité pour proposer du coup des portraits d'hommes aux profils très variés - entrepreneur, danseur, comédien... - qui ont accepté de se glisser dans la combinaison. Et j'ai quasiment tout vendu!Rendez-vous le jeudi 6 mai (cocktail d'ouverture "champagne et combinaisons" de 17h à 19h - il sera déjà possible d'acheter les pièces) et les vendredi 7 et samedi 8 mais de 10h30 à 18h30. Dans la boutique 100% Sisters, route de Genval 32 à Lasne.