Chaque minute qui s'écoule, 80 à 120 tonnes de déchets, en majorité non biodégradables, sont rejetés dans les océans. Un désastre dans lequel l'industrie de l'habillement, la deuxième plus polluante à l'échelle de la planète après celle du pétrole, pèse de tout son poids. On sait que les créateurs se voient aujourd'hui contraints par les groupes de luxe qui ont racheté leurs griffes de présenter jusqu'à seize collections annuelles, au lieu d'une par saison jusqu'il y a peu. Mais c'est surtou...

Chaque minute qui s'écoule, 80 à 120 tonnes de déchets, en majorité non biodégradables, sont rejetés dans les océans. Un désastre dans lequel l'industrie de l'habillement, la deuxième plus polluante à l'échelle de la planète après celle du pétrole, pèse de tout son poids. On sait que les créateurs se voient aujourd'hui contraints par les groupes de luxe qui ont racheté leurs griffes de présenter jusqu'à seize collections annuelles, au lieu d'une par saison jusqu'il y a peu. Mais c'est surtout le modèle de la fast fashion, basé sur une nouvelle offre en magasins toutes les trois semaines, qui est responsable du fléau. Résultat : 4 milliards de tonnes de vêtements et d'accessoires, pour la plupart à bas prix, fabriqués par an... et jetés sans états d'âme. " Quand un haut de Bikini coûte moins cher qu'un sandwich, regrettait Li Edelkoort dans le documentaire Révolte dans la mode, diffusé sur Arte le 14 septembre dernier, la mode donne l'impression qu'elle n'a plus de valeur. " Un constat que la célèbre observatrice de tendances déplorait déjà dans son Manifeste Anti-Fashion, publié en 2015, où elle expliquait en dix chapitres pourquoi, selon elle, ce fonctionnement a atteint un point de rupture. " A moins d'emprunter d'autres voies, martelait l'experte néerlandaise, la mode est morte. " Heureusement, certains labels n'ont pas attendu son ultimatum pour adopter des paradigmes de production différents. Ainsi, chez Veja, lorsqu'on parle de circuits alternatifs, c'est, au sens propre, de chemins de traverse qu'il s'agit. En l'occurrence, ceux qui sillonnent le Nordeste brésilien, où des dizaines de familles de paysans vivent de ce projet un peu fou mis en place dès 2004 par deux Français formés à la finance mais qui n'avaient " pas envie d'être la petite partie d'un système cynique qui va vers son effondrement ", se souvient Sébastien Kopp, l'un des membres du duo. Si " écologie, développement durable et justice économique " sont les leitmotivs de leur marque de baskets durables, en coton bio et caoutchouc naturel, n'allez pas croire pour autant que ces dernières n'aient rien de désirable. Au contraire, elles cartonnent chez les branchés et génèrent un chiffre d'affaires dont beaucoup rêveraient. D'ailleurs, d'autres jeunes entrepreneurs, partageant leurs convictions, leur ont entre-temps emboîté le pas, proposant à leur tour des chaussures propres.