C'est le genre de statistiques dont on aimerait bien se passer: les filles réussissent souvent mieux à l'école que les garçons, et même encore à l'université. Pourtant, devenues adultes, elles quittent hélas le peloton de tête. Partout dans le monde et de tout temps, des femmes ont pourtant connu des destins d'exception, devenant les premières dans des domaines souvent trustés par les hommes. C'est en tout cas ce que nous démontre un livre sorti aux éditions de La Martinière à l'occasion du centenaire de la Journée internationale des droits des femmes. La journaliste Mélina Gazsi y dresse le portrait d'une centaine de femmes. Des récits de vie feel good et inspirants qui ouvrent le champ des possibles.

D'où vous est venue l'idée de ce livre?

C'est une idée qui me trotte dans la tête depuis pas mal d'années déjà. Elle m'avait été inspirée par la bibliothèque Marguerite Durand, à Paris. Un lieu dédié à la cause des femmes. Lorsque nous avons été confinés une première fois l'année dernière, j'ai décidé de m'y atteler surtout qu'en 2021, nous allions célébrer le centenaire de la Journée internationale des droits des femmes.

Ethel Leginska, première cheffe d'un orchestre symphonique, en 1925., Gomargu
Ethel Leginska, première cheffe d'un orchestre symphonique, en 1925. © Gomargu

Un mot sur cet anniversaire justement que certains datent autrement?

C'est vrai qu'il y a plusieurs manières de "calculer" si l'on veut, selon l'année où elle a été officialisée. Mais il y a bien un consensus sur la date du 8 mars, car c'est ce jour-là, en 1910, que la militante socialiste Clara Zetkin propose lors d'un congrès à Copenhague de dédier une journée aux droits des femmes. En pratique, ce n'est qu'en 1917, lors d'une grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, que celle journée va peu à peu se mettre en place. Lénine va même l'officialiser en 1921, d'où le centenaire cette année. Mais elle ne sera instituée par l'ONU qu'en 1977. Clara Zetkin est en tout cas la première à en avoir eu l'idée et à ce titre elle se retrouve donc dans le livre.

Comment se sont opérés les choix de ces "premières"?

J'ai pris le parti justement de ne pas m'attacher aux pionnières mais à celles qui ont vraiment été les premières à réaliser quelque chose d'exceptionnel. Je tenais aussi à trouver des exemples dans le monde entier. Il manque forcément des noms mais mon choix s'est d'abord porté sur des figures qui avaient une certaine universalité et qui parlent de ce faire au plus grand nombre.

Trotula de Salern, première gynécologue, en Italie au XIème siècle, Gomargu
Trotula de Salern, première gynécologue, en Italie au XIème siècle © Gomargu

Est-ce un ouvrage à lire en famille? A partager entre mère et fille?

Oui pourquoi pas, mais pas que! Bien sûr ce livre est dédié à toutes les femmes mais il n'exclut pas les hommes. Car si beaucoup ont indéniablement mis des bâtons dans les roues des femmes, certains ont en revanche joué un rôle actif dans les accomplissements de celles dont je décris le parcours.

Il y a dans votre liste beaucoup de femmes scientifiques. Parce que les filles manquent encore de rôles modèles dans ces filières?

En tout cas, sur le terrain, on constate encore trop souvent que les parents et les professeurs ont une responsabilité dans l'absence des filles dans ces filières. Car à notes équivalentes, pour un 11 ou 12 de moyenne en math par exemple, on dissuadera une fille de se lancer dans une classe préparatoire, alors que le frère sera encouragé, on ne questionnera pas son choix. Comme en tout, on met trop souvent la barre plus haut pour les femmes. Heureusement il y a des exceptions.

Il n'y a pas que des femmes connues du grand public dans votre livre...

Non et je voulais justement montrer leur culot, leur rendre hommage. Moi-même je me suis amusée à découvrir ces personnalités hors norme. Qui ont été capables d'aller jusqu'au bout de leurs idées. De ne jamais baisser les bras.

C'est le genre de statistiques dont on aimerait bien se passer: les filles réussissent souvent mieux à l'école que les garçons, et même encore à l'université. Pourtant, devenues adultes, elles quittent hélas le peloton de tête. Partout dans le monde et de tout temps, des femmes ont pourtant connu des destins d'exception, devenant les premières dans des domaines souvent trustés par les hommes. C'est en tout cas ce que nous démontre un livre sorti aux éditions de La Martinière à l'occasion du centenaire de la Journée internationale des droits des femmes. La journaliste Mélina Gazsi y dresse le portrait d'une centaine de femmes. Des récits de vie feel good et inspirants qui ouvrent le champ des possibles. D'où vous est venue l'idée de ce livre?C'est une idée qui me trotte dans la tête depuis pas mal d'années déjà. Elle m'avait été inspirée par la bibliothèque Marguerite Durand, à Paris. Un lieu dédié à la cause des femmes. Lorsque nous avons été confinés une première fois l'année dernière, j'ai décidé de m'y atteler surtout qu'en 2021, nous allions célébrer le centenaire de la Journée internationale des droits des femmes.Un mot sur cet anniversaire justement que certains datent autrement?C'est vrai qu'il y a plusieurs manières de "calculer" si l'on veut, selon l'année où elle a été officialisée. Mais il y a bien un consensus sur la date du 8 mars, car c'est ce jour-là, en 1910, que la militante socialiste Clara Zetkin propose lors d'un congrès à Copenhague de dédier une journée aux droits des femmes. En pratique, ce n'est qu'en 1917, lors d'une grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, que celle journée va peu à peu se mettre en place. Lénine va même l'officialiser en 1921, d'où le centenaire cette année. Mais elle ne sera instituée par l'ONU qu'en 1977. Clara Zetkin est en tout cas la première à en avoir eu l'idée et à ce titre elle se retrouve donc dans le livre.Comment se sont opérés les choix de ces "premières"?J'ai pris le parti justement de ne pas m'attacher aux pionnières mais à celles qui ont vraiment été les premières à réaliser quelque chose d'exceptionnel. Je tenais aussi à trouver des exemples dans le monde entier. Il manque forcément des noms mais mon choix s'est d'abord porté sur des figures qui avaient une certaine universalité et qui parlent de ce faire au plus grand nombre. Est-ce un ouvrage à lire en famille? A partager entre mère et fille?Oui pourquoi pas, mais pas que! Bien sûr ce livre est dédié à toutes les femmes mais il n'exclut pas les hommes. Car si beaucoup ont indéniablement mis des bâtons dans les roues des femmes, certains ont en revanche joué un rôle actif dans les accomplissements de celles dont je décris le parcours. Il y a dans votre liste beaucoup de femmes scientifiques. Parce que les filles manquent encore de rôles modèles dans ces filières?En tout cas, sur le terrain, on constate encore trop souvent que les parents et les professeurs ont une responsabilité dans l'absence des filles dans ces filières. Car à notes équivalentes, pour un 11 ou 12 de moyenne en math par exemple, on dissuadera une fille de se lancer dans une classe préparatoire, alors que le frère sera encouragé, on ne questionnera pas son choix. Comme en tout, on met trop souvent la barre plus haut pour les femmes. Heureusement il y a des exceptions. Il n'y a pas que des femmes connues du grand public dans votre livre...Non et je voulais justement montrer leur culot, leur rendre hommage. Moi-même je me suis amusée à découvrir ces personnalités hors norme. Qui ont été capables d'aller jusqu'au bout de leurs idées. De ne jamais baisser les bras.