Remarquée à l'orée du siècle dans Les Diables, de Christophe Ruggia, Adèle Haenel est née définitivement au cinéma un jour de 2007 sous les traits d'une naïade dans le bien nommé Naissance des pieuvres, le premier long-métrage de Céline Sciamma. Depuis, l'une et l'autre ont fait du chemin: la cinéaste, auteure de Tomboy et Bande de filles, s'est imposée comme l'une des plus douées de sa génération. Quant à l'actrice, mélange de fougue et de charisme dévastateur, réserve et défi dans un même regard, elle n'en finit plus d'illuminer le septième art français, sa filmographie valant mieux que de longs discours, qui l'a vue s'illustrer devant la caméra de Bertrand Bonello (L'Apollonide), Katell Quillévéré (Suzanne), Thomas Cailley (Les combattants) ou Robin Campillo (120 battements par minute). Et l'on ne rappelle que pour la forme qu'elle fut encore La fille inconnue des frères Dardenne.
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