L'Anthropocène, ou l'Ère de l'homme, c'est le " terme relatif à la chronologie de la géologie proposé pour caractériser l'époque de l'histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre ", selon Wikipedia. C'est aussi le nom de l'expo pluridisciplinaire qui, après un passage remarqué à la National Gallery of Canada, vient d'investir le Musée de la Technologie (MAST) de Bologne.

Le projet, porté par trois artistes canadiens, le photographe Edward Burtynsky, et les cinéastes Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier, entend exprimer via une différents canaux l'impact de la présence de l'homme sur notre planète. Pendant quatre ans, le trio a donc suivi un collectif de scientifiques, le Anthropocene Working Group, et l'a accompagné alors qu'il tentait de déterminer si, oui ou non, nous avions quitté l'Holoscène pour l'Anthropocène - et leur réponse est très claire : l'Homme est bel et bien devenu une force géologique majeure, capable d'altérer la lithosphère, l'enveloppe rigide de la surface de la Terre.

Si l'on imagine aisément que l'expo abordera des questions comme celles de l'urbanisation, de l'exploitation minière, de l'industrialisation et de l'agriculture, des barrages ou du détournement de voies navigables, elle s'attarde aussi sur d'autres phénomènes résultant de ces activités humaines, comme l'acidification des océans, l'accumulation de déchets plastiques, les extinctions d'espèce et la déforestation - dans des proportions telles que leur influence sur le temps géologique s'avère indéniable. En témoignent les films, photos, fresques en haute définition et diverses installations artistico-scientifiques, qui font d'Anthropocene une expérience visuelle extraordinaire, aux conclusions éloquentes.

Un étourdissant tour du monde, qui emmène les visiteurs à la découverte de sites spectaculaires, de la décharge à ciel ouvert de Dandora, près de Nairobi, aux tunnels ferroviaires des Alpes, en passant par les estacades flottantes de Vancouver et les mines de potasse dans l'Oural. Si les organisateurs de l'expo ont prévu d'autres escales européennes, un passage par Bruxelles n'a pas encore pu être confirmé. On vous tient au courant !

Anthropocene vient d'être prolongé jusqu'au 6 octobre au Manifattura di Arti, Sperimentazione e Tecnologia de Bologne - www.mast.org.