Est-ce le ressac qui l'a laissée là, à trois pas de la gare du Midi ? Elle avait pris le train à Luxembourg-ville, portant en elle les stigmates de Bess et, sur le crâne, une queue de cheval défaite muée en couette sauvage sur le côté. Le temps d'un week-end, Chloé Winkel ne jouera pas "la partition de fou" de Breaking the Waves, mise puissamment en scène par Myriam Muller au Grand Théâtre du Grand-Duché voisin. C'est relâche, avant une tournée qui, elle l'espère, s'annonce longue et qui passera par le Théâtre de Liège (*). Avec l'entièreté étrange et fascinante qui la caractérise, elle s'est emparée de ce personnage d'amour total, cette jeune femme sacrificielle dont la foi sauve les autres, pas elle.
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