Cela fait bien longtemps qu'il a arrêté l'équitation. Et pourtant le cheval est toute sa vie. A 51 ans, Christophe Ameeuw, carrure de rugbyman et agenda de ministre, revient de Hong Kong où se déroulera bientôt l'édition asiatique des Longines Masters, une compétition internationale de jumping que le Belge a fondée en 2015. La formule est déclinée à New York, Lausanne et Paris où l'événement se tient du 5 au 8 décembre prochain, au Parc des Expositions de Villepinte, au nord de la capitale. L'endroit n'est pas vraiment glamour reconnaît le CEO mais il sait y faire. "C'est une boîte à chaussures que l'on va transformer en carrosse de Cendrillon, promet le businessman. Je fais partie des pionniers qui ont fait bouger les lignes du jumping en introduisant de la musique, du son et de la lumière pour proposer au public un vrai spectacle. Quand vous allez à Roland-Garros, ce n'est pas seulement pour voir un match de tennis. De même, le jumping ce n'est pas qu'une course." Il a puisé son inspiration dans les shows du Cirque du Soleil et de Tomorrowland, le festival de musique électro avec ses décors en stuc et ses effets pyrotechniques.

Il ne faut jamais oublier d'où l'on vient.

Son sens de l'entertainment fait recette autant qu'il fait débat chez les puristes. Mais les résultats sont là. Ses Masters rassemblent des dizaines de milliers de spectateurs qui n'ont d'yeux que pour Baccarat, Charity41 ou Vitot du Château, ces pur-sang à la prestigieuse ascendance. Les regards se tournent parfois vers les gradins où l'on peut reconnaître Guillaume Canet ou Kate Winslet. Certains jours c'est Bill Gates, Michael Bloomberg, l'ancien maire de New York, Steven Spielberg (à l'époque ou les Longines Masters se déroulaient à Los Angeles) ou Bruce Springsteen, qui ont tous en commun d'avoir une fille championne au saut d'obstacles. Christophe Ameeuw se réjouit des peoples qui assurent le buzz. Mais le Wallon n'est pas dupe des paillettes qui miroitent sous les projecteurs. Il suffit que quelqu'un décide en haut lieu de couper le courant et tout s'arrête. Comme lorsque Gucci se désengagea du jour au lendemain de la manifestation. Battant dans l'âme, l'entrepreneur, qui a "toujours eu le sens commercial", a rapidement convaincu un nouveau mécène, Longines donc, de mettre le pied à l'étrier (et au portefeuille) pour un contrat d'une durée de dix ans.

Hyperactif, toujours entre deux avions, il assure qu'il n'est jamais aussi bien que lorsqu'il revient au bercail, à Ecaussinnes dans le Hainaut, où il a grandi et fondé, il y a 22 ans, les écuries qui portent le nom de son village. "Ce sont mes racines, il ne faut jamais oublier d'où l'on vient, dit ce père de trois enfants dont la plus jeune brille déjà dans les compétitions équestres. J'ai eu la chance d'habiter avec mes parents à côté des écuries. C'est là où j'ai appris à monter. Mais je me suis rendu compte que je n'étais pas le meilleur cavalier du monde. J'ai fait une multitude de métiers avant de revenir à ma passion." Quand les écuries d'Ecaussinnes sont en vente en 1997, il les rachète et transforme petit à petit l'établissement en un lieu d'élevage réputé qui façonne patiemment les poulains en champions. Un travail qui s'étend sur plusieurs années jusqu'à ce que les chevaux atteignent leur maturité et soient revendus à une clientèle fortunée. Un négoce qui passionne le propriétaire mais ne suffit pas à son appétit d'ogre. Le jeune quinquagénaire vient de s'associer à Artcurial, une renommée maison de vente aux enchères parisienne, pour organiser et développer l'adjudication d'étalons et de juments de course. "C'est un secteur en pleine expansion, à l'image des ventes de grands vins, de voitures de collection et des montres de prestige." Son nouveau dada.

Bio express

Mai 1968 Naissance à Schaerbeek.

1997 Rachète et développe les écuries d'Ecaussinnes.

2004 Se lance dans l'événementiel équestre.

5 décembre 2019 Début de la nouvelle édition des Longines Masters à Paris.