Souvent les parents occultent le fait que leur enfant pourrait avoir un léger embonpoint. Selon Peymané Adab, professeur d'épidémiologie des maladies chroniques et de santé publique à l'Université de Birmingham interviewé par The Guardian, "l'obésité est définitivement sous-estimée. En partie parce que nous basons notre jugement sur ce qui est normal, ce qui nous entoure, et que plus il y a d'enfants obèses et en surpoids, plus on compare et plus on se dit, qu'au fond, son enfant n'est pas si gros."
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Souvent les parents occultent le fait que leur enfant pourrait avoir un léger embonpoint. Selon Peymané Adab, professeur d'épidémiologie des maladies chroniques et de santé publique à l'Université de Birmingham interviewé par The Guardian, "l'obésité est définitivement sous-estimée. En partie parce que nous basons notre jugement sur ce qui est normal, ce qui nous entoure, et que plus il y a d'enfants obèses et en surpoids, plus on compare et plus on se dit, qu'au fond, son enfant n'est pas si gros."Par ailleurs de nombreux parents pensent qu'un léger embonpoint chez l'enfant n'est pas grave, voire normal. "Ils parlent de graisse de bébé, et ils pensent que les enfants s'en sortiront. Ils ne le voient pas comme quelque chose d'établi. Or, il est prouvé que les kilos acquis enfant ont tendance à suivre jusqu'à l'âge adulte."Bien que chaque enfant se développe différemment, la graisse de bébé fond généralement à la petite enfance. Les périodes critiques pour les enfants se situent autour de l'âge de cinq et six ans et à la puberté. Deux moments de la vie où l'on a tendance à prendre du poids et auxquels il faut être particulièrement vigilants. En effet, jusqu'à ce qu'ils soient à l'école secondaire, les parents jouent un rôle primordial dans l'alimentation, car c'est eux qui choisissent ce qu'ils donnent à manger et à l'école il y a un certain contrôle sur ce qu'ils mangent. Les choses changent néanmoins à partir de l'école secondaire, car les enfants ont plus facilement accès aux friandises et autres snacks. Pour rappel, les préférences gustatives se forment au début de la vie : même les saveurs auxquelles on est exposé quand on est encore dans l'utérus de notre mère influencent nos habitudes ultérieures. Et dès ce moment le sucre conditionne notre cerveau pour qu'on ait de plus en plus envie de sucre. En Belgique, on estime que seuls 8 % des enfants et des jeunes consomment les cinq portions quotidiennes de fruits et légumes généralement préconisées (pour 12 % chez les adultes). C'est pourquoi il faut veiller à habituer les enfants à consommer moins de sucre et moins de matières grasses dès le plus jeune âge. "S'ils sont plus habitués à grignoter des fruits et des noix, ça va influencer leurs préférences", précise encore Adab. "Il est très difficile en tant que parent d'essayer de modifier les préférences gustatives une fois qu'elles sont établies, mais rien n'empêche d'avancer à petits pas. Par exemple en s'assurant qu'il dorme suffisamment en réduisant sa consommation de boissons sucrées et de sucres ajoutés et en optant pour des collations plus saines qui assurent leur apport en fibres et en micronutriments."Pour arriver à faire manger des légumes ou d'autres aliments plus difficiles à faire apprécier, des changements simples comme donner une forme ludique aux aliments et les récompenser pour avoir essayé quelque chose de nouveau font des merveilles. Double bonus, une alimentation plus saine semble aussi améliorer le comportement de certains enfants. Pour les parents qui craignent que leurs enfants ne deviennent obèses, la tentation est grande de restreindre certains aliments et d'insister sur les terribles conséquences de leur consommation. Sauf que cette approche est rarement fructueuse et distille les premières graines de complexes qui risquent de leur pourrir la vie durant de nombreuses années. Selon la nutritionniste, il ne devrait pas y avoir d'aliments tabous, car il a été démontré que virer dans l'extrême inverse, où on supprime toutes les sucreries par exemple, était également source de problèmes. Certains craignent que les enfants ainsi privés se ruent sur les aliments interdits dès qu'ils le pourront, bien qu'il n'existe pas de consensus scientifiques autour de cette idée. Du coup, précise encore Adab, "il est bien d'avoir des sucreries à l'occasion, mais cela ne devrait pas être plus d'une fois par semaine. Chaque jour, on boit de l'eau plutôt que des boissons gazeuses." Enfin on notera que tout n'est pas qu'une question de poids. Par exemple, on peut tenter d'améliorer le mode de vie d'une famille. Par exemple, plutôt que mettre tout le monde au régime, les familles pourraient décider d'acheter une table pour prendre les repas. En mangeant lentement des repas à heure régulière avec d'autres personnes et en ne grignotant pas tout le temps, on fait déjà des miracles. Tout aussi bénéfique est de moins allumer la télévision, de parler aux enfants et de ne pas oublier de les complimenter et de les récompenser régulièrement. Voilà autant d'autres façons de s'attaquer à l'embonpoint infantile.