Il suffit d'une fois. Un contact de nos doigts porteurs du virus avec les muqueuses de la bouche, des lèvres ou du nez favorise l'entrée du virus dans notre organisme et lui donne un accès direct à notre système respiratoire. Ces gestes, presque automatiques et qui d'ordinaire nous font du bien, sont particulièrement difficiles à contrôler. A défaut de complètement les endiguer, il est au moins possible d'en limiter la fréquence en comprenant ce qui nous pousse à avoir ce comportement et en mettant en place des mécanismes d'évitement, comme nous l'explique Alexandre Heeren, professeur à l'Institut de Recherches en Sciences Psychologiques de l'UCLouvain.

Pourquoi le faisons-nous?

"On se touche le visage plusieurs fois par heure... et ce déjà avant la naissance, les foetus le font dans le ventre de leur mère, rappelle le chercheur qualifié FNRS. C'est d'ailleurs pareil chez les animaux. Ces gestes d'auto-contact ont pour fonction de nous apaiser, de nous détendre. Ils ne se limitent pas au visage d'ailleurs même s'ils s'y concentrent: pour ceux qui défendent la théorie évolutionniste c'est parce qu'il s'agit de la zone que l'on souhaite protéger le plus. C'est particulièrement visible lorsque l'on observe les gens dans des situations de stress, l'entretien d'embauche ou les examens en étant le parfait exemple. Parce que c'est automatique, c'est d'autant plus difficile à changer. En particulier en période de grande angoisse. Où l'on a tendance à fonctionner en mode automatique".

Ces gestes d'auto-contact ont pour fonction de nous apaiser, de nous détendre

Faut-il vraiment s'en empêcher?

"En temps normal, c'est une fonction autorégulatrice, cathartique, totalement adaptée, assure Alexandre Heeren. C'est une manière d'exprimer ses émotions, de se détendre musculairement. C'est uniquement dans le cas d'épidémies comme nous le connaissons aujourd'hui que c'est à éviter. En se basant sur les traitements psychologiques que l'on propose aux personnes qui souffrent de TOC sévères, on peut proposer des pistes. Et ça commence par demander aux gens de prendre conscience de leurs gestes, en comptant notamment le nombre de fois que cela leur arrive".

C'est uniquement dans le cas d'épidémies comme nous le connaissons aujourd'hui que c'est à éviter

En notant aussi où et quand cela se produit le plus fréquemment. De manière à agir si possible sur cet environnement. N'hésitez pas à demander aux autres de vous le signaler de manière bienveillante. Votre téléphone aussi peut vous appeler régulièrement d'être attentif."

S'imposer des nouvelles routines

"Il est intéressant aussi d'identifier ce qui précède le geste et de modifier ce qui le suit, pointe l'enseignant. Ces comportements vont se mettre en place lorsque l'on est tendu, stressé. La stratégie qui consiste à éliminer la source de la tension est difficile dans le cas présent mais on peut en revanche mettre en place de nouvelles routines". Avoir recours à des exercices de relaxations par exemple. S'offrir une récompense si l'on a réussi à modifier le comportement, ce qui fonctionne particulièrement bien avec les enfants. Regarder un film drôle pour se changer les idées.

Se compliquer la tâche

En rendant le geste désagréable, on espère du coup en diminuer l'occurrence

Cela revient au final à mettre en place des stratégies d'empêchement qui peuvent passer par une certaine forme d'inconfort. Télétravail oblige, c'est peut-être le moment de privilégier vos lunettes à vos lentilles de contact, ce qui limite le risque de se toucher les yeux et d'attraper une conjonctivite. Placez un bandana devant votre visage. Tentez aussi de vous occuper les mains avec un autre objet - une balle antistress, un spinner... - en pensant évidemment à le désinfecter régulièrement ! Mettez des mitaines qui grattent ou collez-vous du sparadrap râpeux sur les doigts. "En rendant le geste désagréable, on espère du coup en diminuer l'occurrence", admet Alexandre Heeren.

Se laver encore plus souvent les mains

"On n'arrivera jamais à totalement supprimer le toucher, conclut Alexandre Heeren. Tout au mieux pourra-t-on espérer en diminuer la fréquence. Ça va rester et ce n'est pas grave ! En temps normal pour la plupart des gens ce n'est pas du tout critique. C'est un besoin, surtout entre proches. Notre responsabilité ici est d'augmenter le lavage de mains. Et non, on ne risque pas de développer des TOC pour autant. Ce ne sera pas pathologique du tout. Pour s'y encourager, on peut mettre en place ici aussi des mécanismes de récompense, connoter le geste positivement, avec des jeux notamment, ce qui est particulièrement important pour réussir à convaincre les enfants".

Notre responsabilité ici est d'augmenter le lavage de mains

Il suffit d'une fois. Un contact de nos doigts porteurs du virus avec les muqueuses de la bouche, des lèvres ou du nez favorise l'entrée du virus dans notre organisme et lui donne un accès direct à notre système respiratoire. Ces gestes, presque automatiques et qui d'ordinaire nous font du bien, sont particulièrement difficiles à contrôler. A défaut de complètement les endiguer, il est au moins possible d'en limiter la fréquence en comprenant ce qui nous pousse à avoir ce comportement et en mettant en place des mécanismes d'évitement, comme nous l'explique Alexandre Heeren, professeur à l'Institut de Recherches en Sciences Psychologiques de l'UCLouvain."On se touche le visage plusieurs fois par heure... et ce déjà avant la naissance, les foetus le font dans le ventre de leur mère, rappelle le chercheur qualifié FNRS. C'est d'ailleurs pareil chez les animaux. Ces gestes d'auto-contact ont pour fonction de nous apaiser, de nous détendre. Ils ne se limitent pas au visage d'ailleurs même s'ils s'y concentrent: pour ceux qui défendent la théorie évolutionniste c'est parce qu'il s'agit de la zone que l'on souhaite protéger le plus. C'est particulièrement visible lorsque l'on observe les gens dans des situations de stress, l'entretien d'embauche ou les examens en étant le parfait exemple. Parce que c'est automatique, c'est d'autant plus difficile à changer. En particulier en période de grande angoisse. Où l'on a tendance à fonctionner en mode automatique"."En temps normal, c'est une fonction autorégulatrice, cathartique, totalement adaptée, assure Alexandre Heeren. C'est une manière d'exprimer ses émotions, de se détendre musculairement. C'est uniquement dans le cas d'épidémies comme nous le connaissons aujourd'hui que c'est à éviter. En se basant sur les traitements psychologiques que l'on propose aux personnes qui souffrent de TOC sévères, on peut proposer des pistes. Et ça commence par demander aux gens de prendre conscience de leurs gestes, en comptant notamment le nombre de fois que cela leur arrive". En notant aussi où et quand cela se produit le plus fréquemment. De manière à agir si possible sur cet environnement. N'hésitez pas à demander aux autres de vous le signaler de manière bienveillante. Votre téléphone aussi peut vous appeler régulièrement d'être attentif." "Il est intéressant aussi d'identifier ce qui précède le geste et de modifier ce qui le suit, pointe l'enseignant. Ces comportements vont se mettre en place lorsque l'on est tendu, stressé. La stratégie qui consiste à éliminer la source de la tension est difficile dans le cas présent mais on peut en revanche mettre en place de nouvelles routines". Avoir recours à des exercices de relaxations par exemple. S'offrir une récompense si l'on a réussi à modifier le comportement, ce qui fonctionne particulièrement bien avec les enfants. Regarder un film drôle pour se changer les idées.Cela revient au final à mettre en place des stratégies d'empêchement qui peuvent passer par une certaine forme d'inconfort. Télétravail oblige, c'est peut-être le moment de privilégier vos lunettes à vos lentilles de contact, ce qui limite le risque de se toucher les yeux et d'attraper une conjonctivite. Placez un bandana devant votre visage. Tentez aussi de vous occuper les mains avec un autre objet - une balle antistress, un spinner... - en pensant évidemment à le désinfecter régulièrement ! Mettez des mitaines qui grattent ou collez-vous du sparadrap râpeux sur les doigts. "En rendant le geste désagréable, on espère du coup en diminuer l'occurrence", admet Alexandre Heeren."On n'arrivera jamais à totalement supprimer le toucher, conclut Alexandre Heeren. Tout au mieux pourra-t-on espérer en diminuer la fréquence. Ça va rester et ce n'est pas grave ! En temps normal pour la plupart des gens ce n'est pas du tout critique. C'est un besoin, surtout entre proches. Notre responsabilité ici est d'augmenter le lavage de mains. Et non, on ne risque pas de développer des TOC pour autant. Ce ne sera pas pathologique du tout. Pour s'y encourager, on peut mettre en place ici aussi des mécanismes de récompense, connoter le geste positivement, avec des jeux notamment, ce qui est particulièrement important pour réussir à convaincre les enfants".